MyFerryLink: le Royaume-Uni confirme l'interdiction d'opérer depuis Douvres

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C'est confirmé, du moins à titre provisoire: les ferries MyFerryLink (groupe Eurotunnel) ne pourront pas opérer depuis le principal point d'entrée du trafic transmanche en Grande-Bretagne, le port de Douvres.
Dans une décision préliminaire publiée mardi, l'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) britannique a en effet entériné "de manière provisoire une décision préalable de la Commission de la concurrence interdisant à Eurotunnel d'opérer un service de ferries depuis Douvres", lit-on dans un avis mis en ligne sur son site.
Selon la CMA, "si Eurotunnel était autorisé à continuer ses services de ferry depuis Douvres, un concurrent devrait probablement se retirer (de la ligne) Douvres-Calais". Eurotunnel risquerait ainsi de devenir l'opérateur tant de la liaison ferroviaire via le tunnel sous la Manche, tant de l'un des deux services de ferries actifs sur la principale ligne maritime transManche.
D'après Groupe Eurotunnel, toutefois, la décision préliminaire du CMA serait basée "sur une analyse erronée quant aux évolutions significatives du marché des ferrys depuis 2012". Le marché aurait progressé de 12% depuis cette date, et non de 2% comme anticipé par la CMA, et les trois opérateurs initiaux seraient toujours présents sur cette desserte, fait valoir Eurotunnel.
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L'exploitation de ces ferries au départ du port britannique de Douvres avait été interdite en juin 2013 par la Commission de la concurrence britannique. Elle estimait qu'en cumulant un tel service avec la gestion du tunnel sous la Manche, Eurotunnel pourrait s'emparer de "plus de la moitié" du marché des liaisons transmanche, et ainsi faire grimper les prix.
Cette décision avait été cassée en décembre par le tribunal d'appel de la concurrence du Royaume-Uni. Mais le 21 mars, la Commission de la concurrence avait assuré disposer de la compétence juridique pour se prononcer sur l'acquisition par Eurotunnel des bateaux de l'ex-SeaFrance, puisque "les actifs rachetés constituaient bien une entreprise" et cette acquisition relevait donc bien des règles britanniques en matière de fusion.
L'Autorité de la concurrence et des marchés a néanmoins aussi rejeté, de manière provisoire, la possibilité de laisser la coopérative de salariés opérer seule la liaison, indépendamment d'Eurotunnel. Une telle solution impliquerait en effet que la SCOP puisse avoir accès à des financements nouveaux "substantiels", une alternative qui présente "trop d'incertitudes et de délais pour représenter une solution efficace", estime la CMA.
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L'autorité britannique va maintenant prendre en compte les observations des diverses parties prenantes, avant de rendre son avis définitif "le mois prochain". Si elle confirme sa décision, MyFerryLink devra mettre un terme à sa desserte de Douvres dans les six mois, la CMA ayant rejeté la demande du concurrent DFDS de réduire cette période de transition à trois mois.
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