Sur fond de bras de fer avec l’Île-de-France, la région tente de préserver son pré-carré dans la deuxième gare parisienne. En jeu notamment, la Ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN), projet de liaison rapide promise de longue date aux Normands mais à laquelle Valérie Pécresse s'est finalement opposée, mercredi dernier.L'endroit, vaste et plutôt cosy, sent encore la peinture fraîche. Depuis le mois de juin, le voyageur à destination ou en provenance de Rouen, Caen ou Cherbourg a l'heureuse surprise d'être accueilli dans « un espace de services » flambant neuf dans le hall des grandes lignes de la Saint-Lazare. Le concept est, paraît-il, innovant avec des agents polyvalents capables, au choix, de tenir un guichet, d'aider les usagers à embarquer ou encore, de les guider devant les écrans des bornes en libre-service.
Inauguré la semaine dernière, le lieu affiche crânement les couleurs de « Nomad », la marque du réseau des transports normands. « Nous avons décidé d'installer cet espace pour optimiser la qualité de notre service aux voyageurs qui circulent de, et vers, la Normandie », vante Jean-Baptiste Gastinne, vice-président transports de la Région. Cette dernière a intégralement financé la mise en service à hauteur d'un million d'euros.
Transiliens versus Intercités
Signalétique, panneaux d'affichage, campagnes de promotion... Depuis qu'elle a repris le contrôle des liaisons vers la capitale, la Normandie regarde rarement à la dépense lorsqu'il s'agit de préserver son pré carré dans la deuxième gare parisienne (450.000 voyageurs quotidiens). Les habitués se souviennent que le Conseil régional avait dépensé 2,2 millions d'euros pour installer des portiques anti-fraude à l'entrée des voies grandes lignes dès 2017, deux ans avant leur déploiement sur les quais Transiliens.
Au passage, son président avait surtout obtenu la promesse que les voies équipées seraient réservés exclusivement aux TER. « Hervé Morin avait parlé à l'époque de normandisation, il aurait plutôt fallu parler d'une forme de privatisation défensive », relève un ex cadre de la SNCF, fin connaisseur du dossier.