Aérien : la crise va-t-elle accélérer le declin du pavillon français ou le faire rebondir?
Patrick Cappelli
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... at des compagnies autonomes (Scara) se sont penchés sur les défis à surmonter pour éviter de sombrer.
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Avec la crise du virus, la part de marché des compagnies aériennes françaises dans le transport aérien français va-t-elle continuer de chuter comme elle le faisait chaque année depuis 20 ans? En 2019, le pavillon français ne représentait plus que 41% contre 63% vingt ans plus tôt. L'an dernier, Aigle Azur et XL Airways ont déjà disparu avant même l'arrivée du Covid 19. Et la crise sanitaire a fragilisé tous les acteurs, tous sauvés de la faillite par les aides de l'Etat, soit des aides spécifiques comme en a bénéficié Air France et demain Corsair, soit par des aides générales comme la prise en charge du chômage partiel. Avec les annonces d'un vaccin et le début de la vaccination au premier trimestre, que va-t-il se passer durant les prochains mois? Pour Alain Battisti, président de la FNAM (Fédération Nationale de l'Aviation Marchande) et président de Chalair, « la prévision est une discipline plus que jamais compliquée. Le vaccin va simplifier la résolution de la crise sanitaire et réglementaire, mais personne ne connaît le tempo. Quand aurons-nous le droit de voyager ? ». Même vaccinés les voyageurs seront-ils quand même soumis à des quarantaines ? Et si c'est le cas, dans quels pays ? Sans réponse claire à leurs inquiétudes, les passagers risquent de continuer à délaisser l'avion. « La vitesse de rétablissement des flux sera différente en fonction des destinations : l'Europe et les Dom Tom en premier, puis l'Amérique du Sud, avec une interrogation forte pour l'Asie » estime Alain Battisti. Jean-François Dominiak, président du SCARA (Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes) et directeur général d'ASL Airlines France, partage ce constat : « la grande inconnue, c'est la confiance. Il faut des mesures simples et efficaces, sinon ce sera très difficile ». Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair International, est tout aussi prudent : « le vaccin est une bonne nouvelle. Mais l'immunité collective nécessite au moins 50 à 60 % de couverture vaccinale. Or, les Français y sont hostiles. Je ne vois pas de vraie reprise avant juillet 2021 ». Ce qui signifie une saison hivernale 2020 et un printemps 2021 sacrifiés.
Patrick Cappelli