Aérien : le modèle low cost marque le pas financièrement
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les compagnies low cost ont dû baisser leurs prix pour continuer à remplir leurs avions.
JON NAZCA
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les compagnies low cost ont dû baisser leurs prix pour continuer à remplir leurs avions.
JON NAZCA
La parenthèse enchantée post-Covid, avec une demande toujours plus forte malgré des hausses conséquentes de prix, semble achevée. Après une année 2023 à enchaîner les records, compagnies traditionnelles comme low cost ont marqué le pas au premier semestre 2024. Si de grands groupes traditionnels ont vu leur rentabilité reculer, parfois fortement, ce sont les résultats des opérateurs à bas coût qui se sont dégradés le plus fortement. Et cela pourrait bien se poursuivre encore un peu.
Selon les chiffres compilés par l'agence de notation financière canadienne DBRS Morningstar, les groupes Lufthansa et Air France-KLM en Europe ou American Airlines aux Etats-Unis ont vu leurs profits opérationnels (chiffres non ajustés) reculer de 30 à 40% au deuxième trimestre (avril-juin), par rapport à la même période l'année précédente, tandis que IAG est resté stable et que United Airlines a progressé.
Mais ces chiffres, plutôt négatifs dans l'ensemble, sont à relativiser, compte tenu de la dégringolade subie par Ryanair (-49%) et Wizz Air (-44%) sur le Vieux Continent, ou encore Southwest Airlines (-50%) et JetBlue (-74%) outre-Atlantique. Sans compter Spirit Airlines qui, après ses fusions avortées avec Frontier Airlines puis JetBlue, est passée dans le rouge. Seule Easyjet se distingue (+16%), mais la compagnie britannique part de plus loin avec un retour aux bénéfices atteint seulement l'an dernier.
À lire également
Les compagnies ont été rattrapées par l'explosion des coûts opérationnels. Malgré la baisse non-négligeable des coûts carburant, grâce à une forte réduction des marges de raffinage sur le kérosène, les dépenses se sont envolées. Cela tient au besoin de mettre en ligne d'importantes capacités pour répondre à la demande croissante. Cette tâche a été rendue particulièrement complexe et onéreuse par les retards de livraisons d'Airbus et de Boeing d'une part, et surtout par la difficulté à embaucher massivement du personnel qualifié après les coupes drastiques opérées pendant la crise sanitaire.