La reprise est là, les perspectives aussi... Pourtant les sujets d'inquiétudes sont encore nombreux pour les aéroports mis au tapis par deux ans de crise sanitaire. Aux préoccupations déjà présentes sur la soutenabilité de la reprise, le financement de la sûreté, l'accélération de la transition écologique est venue s'ajouter celle de la guerre en Ukraine qui fait flamber les cours du pétrole.Après avoir traversé l'une des pires crises de leur histoire, les aéroports français commencent à entrevoir des signes d'amélioration depuis l'été 2021. Le retour de la demande se fait sentir et les programmes de vol des compagnies aériennes pour cet été son ambitieux. Pourtant, lors de la présentation de ses résultats annuels le 10 mars, l'Union des aéroports français (UAF) fait état d'inquiétudes importantes sur plusieurs sujets pouvant impacter la reprise.
L'année 2021 est meilleure que la précédente, mais ce fut loin d'être une bonne année. Avec 91 millions de passagers, le trafic a augmenté de 30% par rapport à 2020 mais il est encore de 58% inférieur à celui de 2019, l'année de référence pour le transport aérien. C'est même un résultat catastrophique pour Nicolas Paulissen, délégué général de l'UAF, qui rappelle que les résultats des aéroports sont directement liés au niveau de trafic. En termes de mouvements, la baisse est de 43%.
Un trafic domestique résilient
La France fait tout de même mieux que la moyenne de l'Union européenne, qui encore près de deux tiers inférieur à son niveau de 2019. Elle le doit notamment à la force de son trafic domestique. Les passagers nationaux n'ont chuté que de 41% par rapport à 2019, contre 64% pour les passagers internationaux. Bien qu'encore très majoritaire, la part de ces derniers dans le trafic total recule fortement par rapport à 2019 et passe de 74 à 63%.
C'est donc logiquement que les aéroports parisiens, plus exposé au trafic international, ont davantage souffert que leurs homologues provinciaux. Ils n'ont ainsi retrouvé que 39% de leur trafic de 2019, contre 42% pour les grands aéroports régionaux (plus de 5 millions de passagers) et 59% pour aéroports régionaux (entre 1 et 5 millions de passagers). La performance des aéroports corses illustrent bien ce dynamisme domestique avec plus d'un million à Ajaccio et Bastia, tandis que Figari est le seul aéroport à faire mieux qu'en 2019.