Air France : ce qu'il faut savoir sur les milliers de suppressions de postes à venir
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Charles Platiau
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... un atout puisqu'Air France avait identifié en février près de 4.000 départs naturels d'ici à fin 2022. Mais ils seront insuffisants. Analyse.
Lors de la publication des résultats trimestriels d'Air France-KLM, jeudi 7 mai, le directeur général du groupe, Ben Smith a rendu public ce que lui et la directrice générale d'Air France, Anne Rigail, avaient déjà dit en interne. Avec la crise sans précédent qui frappe le transport aérien, il y aura inévitablement des suppressions de postes à Air France. Et ce, à un niveau largement plus élevé que les 1.500 prévus d'ici à fin 2022 dans la gestion prévisionnelle pour l'emploi et les compétences (GPEC) présentée fin février.
Faisant état de l'évolution des ressources et des besoins dans un contexte de croissance, ce document est désormais obsolète avec la crise sans précédent qui frappe le transport aérien. Face à une demande en chute libre qui va mettre plusieurs années à retrouver son niveau d'avant-crise, l'activité d'Air France est appelée à diminuer fortement, créant de facto un sureffectif important.
Les besoins en personnel vont fondre d'autant plus drastiquement que le sureffectif sera gonflé par les gains de compétitivité du plan de transformation, qui sera focalisé sur trois axes forts : réduire les coûts fixes d'une manière générale, optimiser les fonctions support, et restructurer le réseau intérieur déficitaire à hauteur de 200 millions d'euros par an. Des négociations avec les syndicats pour identifier et traiter le sureffectif ont déjà débuté dans certaines catégories de personnel. Elles vont s'étendre aux autres à partir de cette semaine. Une nouvelle GPEC et le plan de transformation seront présentés en juin et juillet.
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Quelle sera l'ampleur des suppressions de postes ? 5.000, 7.000, 10.000 suppressions de postes, ou plus encore ? Chacun y va de son évaluation. Une chose est sûre. Le plan de départs sera massif. Un simple regard sur ce qui se passe ailleurs en Europe donne déjà une idée. SAS va réduire ses effectifs de 50%, Icelandair de 43%, British Airways de près de 30%, soit 12.000 postes. Même si son profil est différent de celui d'Air France, le cas de la compagnie britannique est le plus parlant.