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Air France dénonce la "concurrence inéquitable" du TGV sur Paris-Bordeaux

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 29 novembre 2016 à 06:43 - Mis à jour le 29 novembre 2016 à 13:11

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Ce lundi, à Bordeaux, le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, a dénoncé la différence entre les charges d'infrastructures payées par le transport ferroviaire et le transport aérien. Malgré la réduction du temps de parcours du TGV entre Paris et Bordeaux en juillet 2017, Air France entend maintenir sa navette.

Alors que le débat sur les distorsions de concurrence se focalisait ces dernières années sur les compagnies du Golfe et certaines compagnies low-cost, Air France n'oublie pas néanmoins la SNCF.

Paris-Bordeaux en 2h05

A sept mois de l'ouverture de la ligne à grande vitesse (LGV) LGV SEA (Sud-Est Atlantique) qui permettra de réduire de plus d'une heure le temps de parcours en train entre Paris et Bordeaux pour le ramener à 2h10, une conférence de presse à l'aéroport de Bordeaux pour fêter les 20 ans de la Navette a été l'occasion pour Jean-Marc Janaillac, le PDG d'Air France et Président d'Air France, de dénoncer les subventions dont bénéficie le mode ferroviaire, comme l'avait fait il y a une dizaine d'années le PDG de l'époque Jean-Cyril Spinetta. Jean-Marc Janaillac n'a pas eu à se forcer. Il dénonçait déjà les avantages dont bénéficie la société ferroviaire publique quand il était à la tête du groupe de transports publics Transdev.

« Le coût de cette LGV s'élève à 7,8 milliards d'euros, dont la  moitié est subventionnée par l'Etat et les collectivités locales, sans parler de la contribution de SNCF Réseau. Cette subvention représente, selon nous, une aide de 20 euros par voyageur pour les 25 prochaines années. Il y a donc une grande différence avec Air France et l'ensemble du transport aérien qui financent l'intégralité de ses charges d'infrastructures », a déclaré le président d'Air France.

La SNCF a de son côté maintes fois indiqué que cette ligne serait structurellement déficitaire en raison du niveau élevé des péages.

Pertes de trafic

La réduction du temps de parcours entre Paris et Bordeaux en juillet 2017 risque de faire très mal à Air France qui, avec 20 vols par jour (16 à Orly, 4 à Roissy) détient aujourd'hui, selon certaines sources, un tiers du marché sur cet axe avec près d'un million de passagers. Pour rappel, le passage sous les deux heures du TGV entre Paris et Strasbourg a contraint Air France à fermer ses vols.

« Sur toutes les destinations sur lesquelles le TGV a été lancé, il y a eu un impact défavorable pour le trafic aérien. Nous adapterons l'offre en fonction de l'évolution de la demande mais nous mettrons tout en œuvre pour cet effet soit le plus limité possible. A Roissy, nous ne prévoyons pas d'impact qui nous pousserait à modifier notre offre », a expliqué Jean-Marc Janaillac.

Des exemples rassurants

Mais, si la SNCF fanfaronnait il y a un an en disant qu'elle raflerait la totalité du marché aérien une fois que la LGV serait opérationnelle, Air France entend donc bien maintenir son service de navette, lequel repose au minimum sur dix vols par jour. Pour Pascal Personne, le président du directoire et directeur de l'aéroport de Bordeaux Mérignac, le choix de Bordeaux pour fêter l'anniversaire de la Navette constitue un « signal très fort » de la volonté d'Air France de résister.

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"Malgré ces difficultés liées à des différences de conditions de concurrence, nous sommes disposés à nous battre car nous avons des atouts », a ajouté Jean-Marc Janaillac, en mettant en avant non seulement la fréquence des vols (toutes les demi-heures ou heures en heures de pointe), mais aussi « l'accessibilité » des tarifs, la flexibilité des horaires, ou encore la « fluidité » du parcours aéroportuaire...  « Il n'y a pas de fatalité », a-t-il ajouté en citant les exemples des lignes Orly-Nantes, Orly-Lyon ou Orly-Montpellier.

La prochaine étape de la bataille bordelaise se jouera l'an prochain avec la publication des tarifs TGV.

Fabrice Gliszczynski

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