Alors que le débat sur les distorsions de concurrence se focalisait ces dernières années sur les compagnies du Golfe et certaines compagnies low-cost, Air France n'oublie pas néanmoins la SNCF.
A sept mois de l'ouverture de la ligne à grande vitesse (LGV) LGV SEA (Sud-Est Atlantique) qui permettra de réduire de plus d'une heure le temps de parcours en train entre Paris et Bordeaux pour le ramener à 2h10, une conférence de presse à l'aéroport de Bordeaux pour fêter les 20 ans de la Navette a été l'occasion pour Jean-Marc Janaillac, le PDG d'Air France et Président d'Air France, de dénoncer les subventions dont bénéficie le mode ferroviaire, comme l'avait fait il y a une dizaine d'années le PDG de l'époque Jean-Cyril Spinetta. Jean-Marc Janaillac n'a pas eu à se forcer. Il dénonçait déjà les avantages dont bénéficie la société ferroviaire publique quand il était à la tête du groupe de transports publics Transdev.
La SNCF a de son côté maintes fois indiqué que cette ligne serait structurellement déficitaire en raison du niveau élevé des péages.
La réduction du temps de parcours entre Paris et Bordeaux en juillet 2017 risque de faire très mal à Air France qui, avec 20 vols par jour (16 à Orly, 4 à Roissy) détient aujourd'hui, selon certaines sources, un tiers du marché sur cet axe avec près d'un million de passagers. Pour rappel, le passage sous les deux heures du TGV entre Paris et Strasbourg a contraint Air France à fermer ses vols.
Mais, si la SNCF fanfaronnait il y a un an en disant qu'elle raflerait la totalité du marché aérien une fois que la LGV serait opérationnelle, Air France entend donc bien maintenir son service de navette, lequel repose au minimum sur dix vols par jour. Pour Pascal Personne, le président du directoire et directeur de l'aéroport de Bordeaux Mérignac, le choix de Bordeaux pour fêter l'anniversaire de la Navette constitue un « signal très fort » de la volonté d'Air France de résister.
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"Malgré ces difficultés liées à des différences de conditions de concurrence, nous sommes disposés à nous battre car nous avons des atouts », a ajouté Jean-Marc Janaillac, en mettant en avant non seulement la fréquence des vols (toutes les demi-heures ou heures en heures de pointe), mais aussi « l'accessibilité » des tarifs, la flexibilité des horaires, ou encore la « fluidité » du parcours aéroportuaire... « Il n'y a pas de fatalité », a-t-il ajouté en citant les exemples des lignes Orly-Nantes, Orly-Lyon ou Orly-Montpellier.
La prochaine étape de la bataille bordelaise se jouera l'an prochain avec la publication des tarifs TGV.
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