Air France : l'incroyable descente aux enfers de HOP (2017-2021)
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... d'Air France-KLM en septembre 2018, HOP n'est plus que l'ombre d'elle-même. Très vite, le Canadien a la conviction qu'il faut désormais miser sur la filiale low-cost Transavia. La crise du Covid-19 lui permettra de justifier une réorganisation radicale du réseau intérieur du groupe Air France aux dépens de HOP.
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En décembre 2016, Lionel Guérin est remplacé à la tête de HOP Air France par Alain Malka, 55 ans, un pur produit Air France qui dirigeait depuis trois ans l'activité cargo de la compagnie. Son expérience de DRH d'Air France entre 2004 et 2010 ne peut que lui être utile. Bien qu'effective depuis avril, la fusion entre les trois compagnies régionales n'est pas faite sur le plan social. Des nouveaux accords d'entreprise restent à négocier. Ils doivent remplacer ceux en vigueur dans chacune des trois entreprises aujourd'hui fusionnées. Harmoniser les grilles et les conditions de travail n'est pas une mince affaire au regard des disparités existantes entre les trois anciens transporteurs. Réaliser la fusion est d'autant plus compliqué que les personnels s'identifient fortement, voire exclusivement, à leur compagnie d'origine. Malgré la volonté de la direction de faire émerger dès le début du projet une culture d'entreprise commune, on retrouve les "Brit Air" d'un côté, les "Regio" de l'autre, les "Airlinair" au milieu. Et les relations entre chacun, déjà très tendues entre Brit Air et Regional notamment, vont se raidir davantage au moment des premières élections syndicales et des représentants du personnel chez HOP, où la taille des effectifs de chaque compagnie sera déterminante dans le résultat. Chez les pilotes par exemple, le poids du nombre donnera les clés du SNPL HOP aux pilotes de Regional.
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Quand Alain Malka arrive, les négociations traînent en longueur et sont émaillées de tensions, notamment avec les pilotes. Surtout, elles ont lieu au moment où la compagnie commence à être frappée par un accident industriel sans précédent : HOP n'a plus assez de pilotes pour assurer toute son activité et doit annuler une multitude de vols à chaud et recourir à de coûteux affrètements d'avions et d'équipages pour limiter la casse. Cet accident ne fut pas qu'une parenthèse de quelques mois, mais un dysfonctionnement structurel à grande échelle qui s'étala sur plus de deux ans, de fin 2016 à fin 2018 (voire même au-delà), et frappa, au plus fort de la crise, un million de passagers par mois. Un bazar sans nom qui provoqua à l'été 2018 l'ire de la ministre des transports, Elisabeth Borne.
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