HOP, une saga au coeur d'Air France : une genèse tourmentée (1/3)
Fabrice Gliszczynski
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... 023 qu'un peu plus de 1.400 salariés et une trentaine d'avions. Comment en est-on arrivé là ? Pour tenter de comprendre les raisons de cet échec, La Tribune a décidé de retracer en trois volets l'histoire complexe et méconnue de HOP. Premier volet, les racines.
Ce 3 juillet 2020 restera une journée noire pour les 2.400 personnels de HOP, la filiale régionale d'Air France. Certains étaient à Nantes devant le siège de la compagnie régionale d'Air France, d'autres à Morlaix, Clermont-Ferrand, Lille, Brest... ou ailleurs sur l'un des nombreux sites de la compagnie. Tous ont pris ce jour-là un grand coup derrière la tête, en apprenant officiellement de la direction la suppression de plus de 1.000 postes d'ici à l'été 2023, soit 41,5% des effectifs. Une saignée qui s'accompagne de la fermeture d'une multitude de liaisons aériennes, de sites ou de bases d'exploitation pour les navigants, et de la diminution de 47% de la flotte, à seulement une trentaine d'avions. Sans conteste, proportionnellement à sa taille, la filiale régionale d'Air France paie le plus lourd tribut de la restructuration du groupe aérien français. Et de loin même, puisque la compagnie Air France ne va supprimer dans le même temps "que 16%" des ses effectifs (6.500 postes, 7.500 en comptant les intérimaires). Et que Transavia, la filiale low-cost du groupe, va au contraire accélérer les embauches pour répondre au fort développement prévu au cours des prochaines années.
Grande gagnante de la réorganisation du réseau intérieur d'Air France, Transavia est la seule compagnie du groupe autorisée à croître sur le réseau court et moyen-courrier. Plus compétitive, la filiale low-cost devient la pièce maîtresse d'Air France sur l'échiquier domestique. Au détriment d'Air France et de HOP, qui voit leur réseau fondre comme neige au soleil.
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La trentaine d'avions conservée servira désormais à desservir uniquement les hubs de Paris-Charles de Gaulle et de Lyon-Saint-Exupéry. Le reste du réseau de destinations passe à la trappe. Exit donc toutes les lignes au départ de l'aéroport parisien d'Orly vers des villes régionales comme Toulon, Clermont-Ferrand, Brest, Perpignan... Exit aussi toutes les liaisons transversales (entre villes régionales), à l'exception de celles vers Lyon. Si certaines routes comme Toulon ou Brest par exemple sont transférées à Transavia, d'autres, comme Clermont-Ferrand, sont reprises par des compagnies extérieures au groupe avec qui Air France a signé un partenariat commercial. Un crève-cœur pour les personnels de HOP.
Fabrice Gliszczynski
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