Avec "Boost", Air France veut créer une compagnie pour les "Millennials"

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Avec ce projet, la direction veut réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier.
Avec ce projet, la direction veut réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Avec son projet Boost de créer une nouvelle compagnie à coûts réduits par rapport à Air France, la direction cible la génération des 18-35 ans. La compagnie travaille sur un produit spécifique pour cette clientèle qui représente 38% des voyageurs mais seulement 22% à Air France. Cette compagnie ne sera lancée que si les négociations avec les pilotes aboutissent. Avec cette compagnie, la direction vise 130 millions d'euros d’économies chaque année d’ici à 2020.

Les "Millennials", cette génération de 18-35 ans environ : ils sont le cœur de cible de la nouvelle compagnie aérienne d'Air France (projet Boost) qui verra le jour fin octobre si les négociations sur les conditions de sa création avec les syndicats de pilotes aboutissent. Comme HOP a su le faire sur le segment de clientèle des « visit friends and relatives » (VFR), ces voyageurs qui prennent l'avion pour rendre visite à des amis ou des membres de leur famille, Boost entend se positionner sur celui des jeunes actifs technophiles, nés entre le début des années 80 et l'an 2000 au moment de l'avènement du numérique, du low-cost ou encore de l'économie du partage.

Air France en retard sur les "Millennials"

Une clientèle qu'Air France a du mal à capter. Selon une présentation du projet lors du dernier comité central d'entreprise le 30 mars, ces "Millennials" représenteraient en effet 38% des voyageurs aériens, mais seulement 22% des voyageurs d'Air France. 44% d'entre eux seraient contrariés si Easyjet disparaissait, contre 33% pour Air France ! Avec son slogan publicitaire "Génération Easyjet" il y a deux ans pour fêter ses 20 ans, la compagnie britannique rappelait à bien des égards le lien qu'elle a su tisser avec cette clientèle.

Pour créer un lien similaire avec Boost, Air France travaille sur un produit spécifique avec une offre de divertissement "différente", "connectée" et "innovante", selon les termes utilisées en interne, qui "ne doit pas paraître moins-disante" par rapport à Air France, tout en donnant "la perception de tarifs plus avantageux". La marque, qui sera dévoilée en mai, devra par ailleurs incarner les valeurs de cette clientèle.

Wifi gratuit pour tous

Si le contenu de cette offre n'est pas totalement arrêté, le wifi devrait être gratuit pour tous (il serait financé par la publicité) avec dans un premier temps une "boucle wifi interne" puis, dans un second temps, une connexion avec le sol. La direction a l'intention de développer les options payantes en classe économique ("buy on board"). Pour les repas, par exemple, Air France compte monter en gamme et proposer une restauration à la carte et payante en classe économique sur tous les vols moyen-courriers.

Pour autant, en interne, certains s'interrogent sur l'opportunité d'aller chercher cette clientèle sur une partie du réseau seulement avec une autre marque.

Baisser les coûts

Plus que d'attirer "les Millennials", le projet Boost cherche avant tout à baisser les coûts par rapport à Air France dans le but d'exploiter de manière rentable des lignes sur lesquelles Air France perd de l'argent et d'en rouvrir d'autres qui ont été récemment abandonnées faute de rentabilité : 35% des lignes long-courriers d'Air France sont en effet dans le rouge. Sur le moyen-courrier, le taux de lignes déficitaires atteint même 80%. Le projet Boost ne fait que traduire l'incapacité d'Air France à se transformer.

Avec ce projet, la direction veut réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. Les sources d'économies reposent en grande partie sur le poste des hôtesses et stewards (PNC pour personnels navigants commerciaux). Recrutés sur le marché avec des conditions de travail et de rémunération spécifiques, et non à Air France, leur coût sera 40% moins élevé que dans la maison-mère. Les pilotes seront en revanche ceux d'Air France, lesquels voleront indifféremment d'une compagnie à l'autre.

130 millions d'économies annuelles

Au final, Air France table sur des économies nettes de 130 millions d'euros par an à l'horizon 2020 (dont près de 60 millions sur le poste PNC), sur environ 10% de l'offre en siège d'Air France, par rapport à la base de coûts d'Air France en 2016. En 2020 en effet, cette nouvelle compagnie comptera 28 appareils, 18 de la famille A320 pour assurer l'alimentation du hub de Paris-Charles de Gaulle, et 10 gros-porteurs composés d'A340 et d'A350. Au total, Boost devrait permettre d'augmenter l'offre en sièges d'Air France sur le long-courrier de 10% entre 2017 et 2020.

Deux ou trois lignes long-courrier en 2018

Si les négociations avec les pilotes aboutissent, cette compagnie débutera son activité en octobre, d'abord sur le réseau moyen-courrier avec 6 A320, positionnés sur des lignes concurrencées par les low-cost, puis sur le long-courrier au printemps 2018 avec trois ou quatre A340 qui permettront d'exploiter trois lignes, deux assurées jusque-là par Air France et une ouverture (réouverture ?) de ligne.

Pour autant, le calendrier est très tendu. Pour pouvoir le respecter, les négociations avec les pilotes doivent aboutir rapidement. Cette compagnie doit en effet faire une demande de certificat de transport aérien (CTA), recruter des hôtesses et stewards et lancer la commercialisation des vols. La direction entend soumettre le projet à la consultation du CCE fin avril.

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Commentaires
a écrit le 11/04/2017 à 14:09 :
Pour sauver AIRFRANCE, il suffirait d'appliquer la page 12 de la note n°6 du conseil d'analyse économique. On sauverait aussi la SNCF et toute l'industrie encore en activité en France. C'est urgent!
a écrit le 11/04/2017 à 12:30 :
Comme l'indique bien cet article si les pilotes et équipages de cabine acceptaient de faire des efforts il n'y aurait pas besoin de créer boost . Mais non ceux ci sont campes sur leurs billets gratuits ( et ceux de leur famille parents enfants etc.) sur des exigences de nombre d'hôtesses et steward à bord supérieur à la moyenne des autres compagnies. Par ailleurs il restent encore de nombreux équipages pour qui sourire et servir les passagers payant semble être un effort surhumain. Ceux la doivent se remettre en question et à la place du passager ou changer de métier !
Réponse de le 12/04/2017 à 8:23 :
Il me semble que vous ne maîtrisez pas le sujet. Les hôtesses et stewards ont déjà accepté d'effectuer 20% d'effort il y a 4 ans sans faire de grève. De plus les billets gratuits n'existent plus depuis 20 ans, ils ont 30% de réduction. Quant à la composition des équipages, ils sont au minimum réglementaire sur court et moyen courrier (comme easyjet et ryanair) et sont moins nombreux sur long courrier par rapport aux compagnies asiatiques et du Golfe.
Réponse de le 16/04/2017 à 0:08 :
@Alexandre : pour avoir l'occasion de voyager en GP (billets compagnons), je crois que vous sous-estimez l'avantage des GP : ceci dit, surtout en R2, je ne vois pas en quoi ce serait indus : je suis sur que ceux qui critiquent sont les premiers à circuler en voiture de société sans trouver à redire !!!
Par contre, si la direction se propose de recruter des PNC payé 40% de moins que les PNC AF, et pense pouvoir avoir assez de concurrent, cela implique que le marché (c'est à dire les concurrents) ne propose pas mieux !!!
Vu votre conclusion, je constate que vous ne seriez donc pas défavorable à ce que la direction d'AF reprenne une grille de rémunération de compagnie concurrente européenne et l'applique à son personnel navigant ??!! Que pensez-vous des conditions de Iberia du groupe IAG ??!
@Timothy : il est vrai qu'il y a des brebis galeuses, et j'ai vu des PNC que je qualifierait de faineants ! (ex: retard au décollage, et tandis que 2 PNC couraient pour distribuer de l'eau, la 3e tournait ostensiblement le dos aux passagers, accoudée à un dossier !!) Mais l'action des 2 autres relativise la critique !!!
a écrit le 10/04/2017 à 22:50 :
On rigole... 1er Avril ?
a écrit le 10/04/2017 à 20:32 :
Toujours le meme blablabla de la direction d'AF et les memes prières incantatoires ( en plus en semaine sainte ) .. et toujours les memes échecs .
a écrit le 10/04/2017 à 18:42 :
Si Air France désire créer une nouvelle compagnie et être performant, ce n'est pas en se plombant avec les pilotes et personnel naviguant qu'elle y arrivera.

Personnellement et même au niveau professionnel, on évite au maximum Air France. Pas assez fiable et du coup, une qualité prix pas assez optimisée.

Finalement, Air France trace encore et toujours de beaux jours pour la concurrence.

Dommage !
a écrit le 10/04/2017 à 13:24 :
Les mandarins d'AF sont les pilotes ... seul rabattre leur suffisance permettrait une sortie du bourbier . Bon vent
a écrit le 10/04/2017 à 12:41 :
Pourquoi créer cette nouvelle marque ? il semble que ce soit UNIQUEMENT parce que certaines lignes ne peuvent être maintenu QUE en améliorant la productivité sur les lignes Boost !
Mais dans ce cas, ne serait-il pas plus simple de mettre en place une nouvelle grille de salaires, applicable à toutes les nouvelles recrues, ainsi qu'à tous les promus. Une grille inférieure à celle du personnel actuel, mais qui n'affecterait que les nouveaux ! Ainsi, les PNC en place pourraient continuer à voler sur ces lignes Boost, qui semble-t-il seraient les plus "désidératées" par les PNC. Comme AF-KLM envisage de recruter des PNC pour ces lignes Boost, AF pourrait recruter l'équivalent, mais qui serait réparti sur l'ensemble des lignes AF . Si un PNC coute à l'entreprise 40% de moins, peu importe s'il vole sur telle ou telle ligne.... non ?
Par ailleurs, cela donnerait au personnel actuel des possibilités d'évolution, puisque qui dit nouvelles lignes, dit nouveaux poste de chef de cabine, de chef de cabine principal, etc ! Simplement, le nouveau promu sera rémunéré moins que son prédécesseur : si ça ne lui plait pas, le PNC peut toujours refuser une promotion !
Tel que je le propose, PERSONNE ne verrait son salaire baisser, des EMBAUCHES seraient réalisées, et les coûts moyens de personnel baisseraient progressivement avec l'évolution des carrières... Mais si cela permettrait de répartir dans le temps la baisse progressive des coûts pour la compagnie, il faut, pour que ce soit économiquement supportable pour l'entreprise, que cela soit négocié AU PLUS VITE !
Que les syndicats fassent une proposition :
- maintien de l'ensemble des effectifs dans une seule compagnie.
- nouvelle grille de productivité (salaires et conditions de travail) pour les entrants et les promus, négociée contre une prime de maintien de rémunération pour l'ensemble des salariés actuels : pas de promotion égale pas de changement !
- à terme, fusion des équipes PNC de AF, Hop et Transavia (chouette, des économies de structure!) sur la base : maintien pour les anciens et grille de salaires "la mieux disante pour l'entreprise" applicable pour les nouveaux et les promus ! cela permettra de voler indifféremment sur n'importe quelle couleur... après tout, il suffit d'un costume ou d'un tailleur Bleu, et un foulard rouge, bleu ou vert !
Réponse de le 11/04/2017 à 0:07 :
Et la notion de: " à travail égal salaire égal ", ça ne vous dit rien?
On appelle ça une B-scale et ça ne tient pas juridiquement.
Ils ont essayé, ils ont eu des problèmes
Réponse de le 16/04/2017 à 0:13 :
revoir une grille à la baisse pour tous, c'est faisable... et une prime (qui n'est pas reproduite pour les nouveaux recrus), c'est faisable... sous réserve que les syndicats ne bloque pas au départ pour la création de cette nouvelle grille !!!
mais comme c'est pour permettre des recrutements et des évolutions de carrière, à eux de voir où est l'intérêt des salariés ...!!
Réponse de le 16/04/2017 à 0:21 :
AF-KLM pourrait, pour contourner le problème juridique, regrouper les RH de Hop, Transavia et AF en s'alignant sur le moins-disant salariale. Pour respecter la règle des avantages acquis, une prime de maintien de salaires serait garanti au personnel en place, la nouvelle grille étant appliqué uniquement aux recrus et promus ! la B-scale deviendrait la A-squale !
Pour faire cela, il faut par contre que les syndicats acceptent de reconnaitre que si la direction se propose de recruter (avec succès) des PNC payés 40% en moins, c'est que le personnel actuel est payé 40% de plus que le marché (donc chez les concurrents)... si on travaille tous intelligemment et en privilégiant l'intérêt des créations d'emplois tout en protégeant les avantages acquis des personnels en place, c'est réalisable... par contre, si certains s'obstinent à refuser de regarder la réalité et préfère sacrifier les possibilités de recrutements et de promotions sur l'autel de principes, la compagnie court à sa perte !
a écrit le 10/04/2017 à 12:00 :
SN AF avec son Boost Boost prend de jeune de 18 à 35 ans pour les demeurés plus qu' ils sont. C est vraiment Millénaire Millenials. Il suffit et nécessaire de fermer toutes les lignes de SN AF l économie pour la France sera énorme plus de 350 petits millions oh beaucoup plus des dizaines de milliards d économie au bas mot
a écrit le 10/04/2017 à 11:52 :
C'est quoi les millenials ?? Il faudrait parler français, ras le bol de tous ces anglicismes
a écrit le 10/04/2017 à 10:24 :
Je comprends mal comment on peut avoir une compagnie Low cost avec les coûts AF, c'est délirant, en plus les A340 sont très gourmands en kérozène. Comment concilier l'inconciliable. AF est un pachyderme ingouvernable.
a écrit le 10/04/2017 à 9:07 :
Il faut une seule compagnie aérienne low cost en France concurrente d'air France !
Réponse de le 11/04/2017 à 0:09 :
Oui et pourquoi pas financée par le Quatar?!?!?!

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