Le lancement il y a deux mois de Joon semblait traduire que le choix du low-cost long-courrier était enterré à Air France. Sceptique jusqu'ici sur ce concept développé en Europe par Norwegian, tout en se déclarant « ouvert à tout », la direction du groupe n'a cessé de marteler que si Joon avait des coûts inférieurs à ceux d'Air France, elle n'était pas pour autant une low-cost. Et pourtant, deux mois plus tard, un tel projet n'est pas exclu. Selon nos informations, dans les orientations stratégiques du groupe qui seront présentées ce mardi au comité central d'entreprise (CCE), Air France évoquera la piste du low-cost long-courrier.
Comme il était en effet à craindre, le lancement du projet Boost fin 2016 (qui a donné naissance à Joon) dans le but de lutter contre les compagnies du Golfe, ne semble pas adapté pour contrer la menace des compagnies low-cost long-courriers, lesquelles n'ont cessé de se développer depuis, notamment à Paris.
Si le poids des low-cost long-courriers est aujourd'hui marginal à l'échelle de la planète, il atteindra prochainement les 2% des capacités mondiales exprimées en sièges-kilomètres-offerts, fait valoir Air France, en précisant que l'été dernier déjà, il représentait 5% de l'offre intra-Asie et 3% entre l'Europe et les Etats-Unis. Selon John Leahy, le directeur commercial d'Airbus, le low-cost long-courrier pourrait rafler plus de 50% du marché long-courrier à terme.
Sur le marché transatlantique, la menace de Norwegian et de Level est clairement identifiée.
Lancer une low-cost long-courrier comporte des risques sur le plan social. Pour atteindre une structure de coûts 20% à 30% plus faible que celle des compagnies classiques, comme parviennent à le faire les low-cost long-courriers aujourd'hui selon Air France, il faudrait en effet prendre des mesures qui aillent bien au-delà de celles arrachées par la direction aux syndicats pour la mise en œuvre de Joon, laquelle, grâce essentiellement à la baisse des coûts sur le poste des hôtesses et stewards, présenterait des coûts inférieurs de 10% à ceux d'Air France sur le long-courrier. Autrement dit, pour aller plus loin, il faudrait probablement remettre en cause l'assistance en escale et la maintenance réalisées par Air France, ainsi que l'utilisation de pilotes d'Air France, aussi productifs soient-ils sur le long-courrier.
Reste à savoir, si la direction décidait un jour de se lancer dans le low-cost long-courrier, de quelle manière elle le ferait. Faudrait-il créer une nouvelle filiale (au risque de troubler davantage la stratégie de marque composée d'Air France, de Transavia, HOP et Joon)? Racheter une compagnie disposant déjà d'une structure à bas coûts (l'ancienne direction avait jeté un coup d'oeil à XL Airways)? Ou pousser Transavia sur le long-courrier ? Autre question, que deviendrait Joon en cas de lancement d'une low-cost long-courrier ?
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Concernant Transavia, la réflexion stratégique concerne pour l'heure le passage à plus de 40 avions dans la flotte de Transavia France, le seuil à partir Air France ne peut aller au-delà sans accord avec les pilotes d'Air France.
Après ne pas avoir fait de commentaire, Air France a confirmé travailler sur le sujet du low-cost long-courrier.
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