Air France veut étudier le lancement d'une low-cost long-courrier

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Si le poids des low-cost long-courriers est aujourd'hui marginal à l'échelle de la planète, il atteindra prochainement les 2% des capacités mondiales exprimées en sièges-kilomètres-offerts, fait valoir Air France, en précisant que l'été dernier déjà, il représentait 5% de l'offre intra-Asie et 3% entre l'Europe et les Etats-Unis.
Si le poids des low-cost long-courriers est aujourd'hui marginal à l'échelle de la planète, il atteindra prochainement les 2% des capacités mondiales exprimées en sièges-kilomètres-offerts, fait valoir Air France, en précisant que l'été dernier déjà, il représentait 5% de l'offre intra-Asie et 3% entre l'Europe et les Etats-Unis. (Crédits : Stephane Mahe)
Face au développement rapide des low-cost long-courriers, la direction d'Air France entend prendre position sur ce segment de marché. Ce point fait partie des orientations stratégiques présentées ce mardi au comité central d'entreprise.

Le lancement il y a deux mois de Joon semblait traduire que le choix du low-cost long-courrier était enterré à Air France. Sceptique jusqu'ici sur ce concept développé en Europe par Norwegian, tout en se déclarant « ouvert à tout », la direction du groupe n'a cessé de marteler que si Joon avait des coûts inférieurs à ceux d'Air France, elle n'était pas pour autant une low-cost. Et pourtant, deux mois plus tard, un tel projet n'est pas exclu. Selon nos informations, dans les orientations stratégiques du groupe qui seront présentées ce mardi au comité central d'entreprise (CCE), Air France évoquera la piste du low-cost long-courrier.

«L'environnement concurrentiel sur le long-courrier évolue rapidement et appelle à la vigilance avec l'émergence du modèle low-cost long-courrier (Norwegian en particulier) et les réponses rapides de l'industrie Level/IAG, Eurowings/Lufthansa). Nous devons observer et prendre position sur le low-cost long-courrier. Tout en conduisant le travail engagé pour définir la stratégie à moyen terme du groupe d'ici juin 2018, il est indispensable d'être réactif face au rythme accéléré de ces évolutions et de pouvoir agir », explique la direction dans sa présentation, dont La Tribune a eu connaissance.

Comme il était en effet à craindre, le lancement du projet Boost fin 2016 (qui a donné naissance à Joon) dans le but de lutter contre les compagnies du Golfe, ne semble pas adapté pour contrer la menace des compagnies low-cost long-courriers, lesquelles n'ont cessé de se développer depuis, notamment à Paris.

Croissance très rapide des low-cost long-courriers

Si le poids des low-cost long-courriers est aujourd'hui marginal à l'échelle de la planète, il atteindra prochainement les 2% des capacités mondiales exprimées en sièges-kilomètres-offerts, fait valoir Air France, en précisant que l'été dernier déjà, il représentait 5% de l'offre intra-Asie et 3% entre l'Europe et les Etats-Unis. Selon John Leahy, le directeur commercial d'Airbus, le low-cost long-courrier pourrait rafler plus de 50% du marché long-courrier à terme.

Sur le marché transatlantique, la menace de Norwegian et de Level est clairement identifiée.

«A l'été 2017, Norwegian offrait un peu plus de sièges que KLM, en 9e position sur le marché entre l'Europe et les Etats-Unis. Dès l'année prochaine, ils seront plus gros qu'Air France, en 6e position (3e européenne après British Airways et Lufthansa). Le plan de flotte de Norwegian laisse entrevoir une croissance forte avec un doublement de la flotte entre 2016 et 2020 avec de plus en plus de modules long-courrier ou moyen-courrier long range pouvant concurrencer notre réseau long-courrier », explique Air France dans sa présentation.

Un risque social à Air France

Lancer une low-cost long-courrier comporte des risques sur le plan social. Pour atteindre une structure de coûts 20% à 30% plus faible que celle des compagnies classiques, comme parviennent à le faire les low-cost long-courriers aujourd'hui selon Air France, il faudrait en effet prendre des mesures qui aillent bien au-delà de celles arrachées par la direction aux syndicats pour la mise en œuvre de Joon, laquelle, grâce essentiellement à la baisse des coûts sur le poste des hôtesses et stewards, présenterait des coûts inférieurs de 10% à ceux d'Air France sur le long-courrier. Autrement dit, pour aller plus loin, il faudrait probablement remettre en cause l'assistance en escale et la maintenance réalisées par Air France, ainsi que l'utilisation de pilotes d'Air France, aussi productifs soient-ils sur le long-courrier.

Création ex-nihilo ? Rachat ? Extension de Transavia ?...

Reste à savoir, si la direction décidait un jour de se lancer dans le low-cost long-courrier, de quelle manière elle le ferait. Faudrait-il créer une nouvelle filiale (au risque de troubler davantage la stratégie de marque composée d'Air France, de Transavia, HOP et Joon)? Racheter une compagnie disposant déjà d'une structure à bas coûts (l'ancienne direction avait jeté un coup d'oeil à XL Airways)? Ou pousser Transavia sur le long-courrier ? Autre question, que deviendrait Joon en cas de lancement d'une low-cost long-courrier ?

Concernant Transavia, la réflexion stratégique concerne pour l'heure le passage à plus de 40 avions dans la flotte de Transavia France, le seuil à partir Air France ne peut aller au-delà sans accord avec les pilotes d'Air France.

Après ne pas avoir fait de commentaire, Air France a confirmé travailler sur le sujet du low-cost long-courrier.

"Face à l'évolution rapide du modèle low-cost long-courriers notamment la future implantation de 5 nouvelles compagnies low-cost long-courrier à Paris et Amsterdam dès l'été 2018, mais aussi face au développement des avions mono-couloirs sur le long-courrier et des solutions de self connect, Air France-KLM doit étudier avec le plus grand sérieux cette nouvelle forme de concurrence afin de réagir (...). Aucune décision n'a été prise", a indiqué le groupe.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2018 à 15:20 :
Expliquez vous Fabrice : il y a quelques mois vous prédisiez le pire pour l'action AIRBUS qui était autour de 85 euros .
Aujourd'hui , elle dépasse les 90 .
Alors expliquez vous ou reconnaissez votre parti pris .
a écrit le 31/01/2018 à 7:07 :
Ahahah, la France encore en retard d'un vol ou deux!
low cost, my butt! Au final on paie cher et on voyage souvent mal.
a écrit le 30/01/2018 à 15:31 :
low cost cela me fait bondir
un ex mais il y en a des milliers: AR lisbonne départ vendredi retour dimanche 650 euros si si vous avez bien lu
jusqu'à quand va t on accepter tout, absolument toutes les contraintes pour payer moins cher et le moins cher l'est vraiment à quel niveau de prix ? là une valise en cabine au poids ou/et dimensions ridicules, boissons et alimentations payantes au prix fort (personnel naviguant recevant d'ailleurs des incentives sur les ventes), sièges chaque fois plus petits et rapprochés,...
Réponse de le 30/01/2018 à 20:45 :
J'ai vécu une expérience très très similaire à la vôtre... et je jure, devant Dieu, en fait tous les Dieux qui existent et qui existeront, que jamais de mon vivant je ne franchirai une guérite Air France... Je préfère mourir dans les pires douleurs, avec un cancer généralisé, et en crachant mon sang !

Je voyage par avion depuis plus de 40 ans... jamais, mais jamais, mais au très grand jamais je n'ai vu une compagnie aussi médiocre... et le prix est une honte nationale! La version 2016 est encore une honte... imaginons l'avenir dans cet autobus des airs... le tiers-monde il y 50 ans ?
a écrit le 30/01/2018 à 13:27 :
le problème de Air France c'est son retard sur les nouvelles conception internationale de transport, c'est comme Renault avec l'hybridation !
a écrit le 29/01/2018 à 20:45 :
Bonsoir, j'ai beaucoup de mal à comprendre la stratégie de AF-KLM.
Sur les USA, la compagnie propose déjà des sièges sans bagages enregistrés au prix souvent supérieurs aux autres compagnies avec bagage de 23 kilo inclus. Quand on ajoute 2 bagages AR + la réservation anticipée de son siège, AF-KLM est très souvent plus cher rarement moins cher. Je rappelle que American ou les autres compagnies majors telles Swiss, Lufthansa, SAS continuent a proposer siège + bagage sans supplément de coût. Il suffit de faire une simulation sur les sites de voyage pour avoir un prix instantané très parlant. Je ne cours pas après le prix le plus bas mais je vise un juste milieu entre les tarifs souvent délirants de la compagnie et les low cost. entre les deux, il y a pléthore de compagnies. Dernier point. Pour celui qui voyage peu, deux ou trois longs courriers par an, les programme de fidélité ne veulent plus rien dire. Il vaut mieux acheter un billet que de changer ses miles.Allez courage AF-KLM, je suis de tout coeur dernière vous mais il va falloir bosser dur pour regagner les clients perdus.
a écrit le 29/01/2018 à 19:56 :
....avec sièges et chauffage sur option, toilettes payantes,....verre d'eau à 15 €......😁
a écrit le 29/01/2018 à 18:35 :
AF (et ses semblables) est bien placé pour connaître les différences entre une low cost et une "legacy". Le vrai avantage des low costs, (hormis la piraterie style Ryanair), c'est l'utilisation des machines. Dès lors le positionnement des low costs LC sera très limité (géographiquement). Un exemple: la clientèle sur l'axe Europe/ Afrique du Sud ne veut que du vol de nuit; dès lors l'alternative est simple; soit votre machine remonte quasi vide; soit elle patiente la journée à ne rien faire...La croissance que vous évoquez de Norwegian s'explique par le fait que vous intégrez l'ensemble des plate formes européennes où ils opèrent. Pour KLM, c'est Amsterdam; point barre...
Quant à Air France, comme légèrement évoqué, c'est surtout "histoire de mettre la pression" qu'un projet mûrement réfléchi.
Réponse de le 30/01/2018 à 23:35 :
Vous prenez l'exemple de l'Afrique du Sud : mais une fois arrivé à JNB, pourquoi l'appareil ne se rendrait-il pas sur la Réunion ou Maurice par exemple, pour finir sa boucle vers la Metropole ? Avec un appareil qui ferait la boucle inverse, Les Aller et retour JNB-CDG se feraient tous de nuit !
Et des réunionnais en visite en Afrique du Sud, il y en a plein !
a écrit le 29/01/2018 à 17:53 :
Chez Air France, c'est la multiplication des marques. Une compagnie par destination... Il y a des consultants qui doivent bien facturer.
a écrit le 29/01/2018 à 17:49 :
AF, KLM , HOP, TRANSAVIA France ,TRANSAVIA Hollande , JOON :
ça fait beaucoup d'autant qu'un Low cost est irréalisable en FRANCE vu les salaires , les charges sociales , la faiblesse du nombre d'heures travaillées .les taxes et les impots ....
Un chiffre circulait il y a quelques années : Si AF transférait son siège en HOLLANDE , ça ferait 800 millions d'euros annuels et récurrents d'économies . ALORS pourquoi n'est ce pas encore fait ?
Réponse de le 29/01/2018 à 19:35 :
L’Etat Français s’y opposerait parce que Air France est un joyau stratégique nationale et que la France perdrait de son lustre, de son prestige et de son image... Qu’aurait l’air Macron en se promenant dans un Air Force Nul qui plus est.... low cost et Hollandais. La France qui aime les symboles d’une monarchie républicaine... se verrait ridiculiser à l’étranger. :-)
a écrit le 29/01/2018 à 17:38 :
Joon semble morte née
AF ne savait pas comment lutter avec les compagnies du golfe , alors rivaliser avec les low cost relève du rêve.
Le seul critère sur lequel AF fait jeu égal avec les cies low cost c'est celui du service qui est plus que médiocre.
Pour AF le compte à rebours a débuté pour un rachat sinon pour une disparition à l'image d'Alitalia et dans le passé Swissair et Sabéna.
La disparition d'AF ne sera pas une grosse perte au regard de sa qualité de service sans parler des grèves à répétition.
Réponse de le 29/01/2018 à 20:44 :
Vous avez vu juste. Que ça soit Alitalia, Sabena ou Swissair, ces entreprises sont toutes des souvenirs et des vestiges que l'on aperçoit (encore) dans quelques films qui nous aimons bien... mais ces compagnies étaient de qualité mais qui n'ont pas su s'adapter suffisamment rapidement. Air France est du lot... mais je n'ai aucune empathie particulière... trop arrogante pour évoluer et changer... trop archaïque mais sans le charme.
Réponse de le 29/01/2018 à 20:46 :
Vous avez vu juste. Que ça soit Alitalia, Sabena ou Swissair, ces entreprises sont toutes des souvenirs et des vestiges que l'on aperçoit (encore) dans quelques films que nous aimons bien... mais ces compagnies là étaient de qualité mais n'ont pas su s'adapter suffisamment rapidement. Air France est du lot... mais je n'ai aucune empathie particulière... trop arrogante pour évoluer et changer... trop archaïque mais sans le charme.
a écrit le 29/01/2018 à 17:19 :
Pour moi, seul le rachat d'une compagnie existante peut permettre de passer outre le SNPL !! On a déjà vu leur capacité d'inertie lors des projets Transavia europe ...!
AF-KLM avait un temps jeté un oeil sur WizzAir ... pourquoi pas, en étendant son activité sur le long courrier, mais à partir des structures internes ...
Pour ceux qui s'interrogent sur l'avenir de Joon, voire de Transavia : Transavia se fondera dans la compagnie rachetée, avec un structure de filiale française de la compagnie en question; Pour Joon, les PNC seront amenés à rejoindre cette filiale low-cost tandis que les PNT retourneront chez AF (puisqu'ils fonctionnent au tarif AF !)
Une autre hypothèse serait ALITALIA : en orientant la compagnie italienne vers une activité lowcost pour l'essentiel, et en transférant l'activité 'haut de gamme' à AF, sous une marque ou sous une autre... pour cela, il faudrait obtenir un sacré degraissage dans la masse salariale !
a écrit le 29/01/2018 à 16:50 :
C'était pas la mission de Joon???? Il vont en créer combien des doublons dans ce groupe?
Réponse de le 29/01/2018 à 22:15 :
De grâce ne nous parler pas de mission... quelle qu'elle quel soit !

Nous sommes déjà à Mission Impossible 9... et Tom Cruise a 73 ans.

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