Transport aérien : l'arrivée de Level va provoquer un choc tarifaire sur les Antilles (Air France, Corsair, Air Caraïbes, XL Airways)

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la seule présence de Level est suffisante pour déstabiliser le marché. Toutes les compagnies vont être fragilisées à une intensité différente en fonction de leur santé financière, de leur taille, de leur exposition à cette nouvelle concurrence...
la seule présence de Level est suffisante pour déstabiliser le marché. Toutes les compagnies vont être fragilisées à une intensité différente en fonction de leur santé financière, de leur taille, de leur exposition à cette nouvelle concurrence... (Crédits : DR/IAG)
La filiale low-cost long-courrier de IAG va ouvrir à partir de juillet prochain des vols entre Orly et la Guadeloupe et la Martinique avec des prix d'appel de 99 euros l'aller simple. Avec cinq opérateurs sur ces lignes, la guerre des prix va faire rage.

L'annonce ce mardi du lancement l'été prochain à Orly de la compagnie low-cost long-courrier Level en dit long sur les ambitions en France de son propriétaire, le groupe IAG, qui détient également British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling. Venu pour l'occasion à Paris, son directeur général, Willie Walsh, a frappé fort. En positionnant à Orly deux Airbus A330-200 pour desservir Montréal et Pointe-à-Pitre à partir de juillet puis Fort-de-France et New York à partir de septembre, Level va en effet chambouler le marché sur ces lignes déjà très concurrentielles, en provoquant une nouvelle guerre des prix. En plus d'ajouter de la capacité déjà synonyme de baisse de la recette unitaire, la filiale du groupe IAG va tirer les prix vers le bas en proposant des tarifs d'appel à 99 euros l'aller simple sur les Antilles (comme l'avait fait Air Lib quelques mois avant d'être liquidé début 2003) et 129 euros sur les deux destinations nord-américaines.

Cinq compagnies

La guerre des prix s'annonce particulièrement intense sur les Antilles, un axe sur lequel croisent déjà le fer quatre compagnies françaises, Air France, Air Caraïbes, Corsair et XL Airways. Comme sur La Réunion, il y aura donc 5 opérateurs sur des routes à plus de 1 million de passagers. Il pourrait même y en avoir un sixième, si Norwegian, la plus grosse low-cost long-courrier européenne, devait se lancer à son tour sur les Antilles au départ de Roissy au début de l'hiver 2018-2019, comme la direction avait indiqué l'étudier. L'arrivée de Level qui, selon Willie Walsh a des coûts inférieurs, risque de lui couper l'herbe sous le pied. A voir donc si le transporteur norvégien privilégiera les logiques de rentabilité ou de prise de parts de marché.

| Lire aussi : Norwegian sur les Antilles en 2018, ça chauffe vraiment

Quoi qu'il en soit, la seule présence de Level est suffisante pour déstabiliser le marché. Toutes vont être fragilisées à une intensité différente en fonction de leur santé financière, de leur taille, de leur exposition à cette nouvelle concurrence...  Avec French Blue sur La Réunion et Level sur les Antilles, Corsair est attaquée par des low-cost sur deux zones contribuant à une grosse partie de son chiffre d'affaires. Le défi à relever s'annonce rude, même si la montée en gamme peut amener un élément différenciant.

Avec les trois low-cost long-courriers, Norwegian, Level et French Blue, XL Airways l'est également sur une très grande partie de son réseau long-courrier, même si le fait de desservir La Réunion essentiellement au départ de province et les Antilles uniquement en haute saison (quand il y a à manger pour tout le monde), limitera l'impact sur ces axes.

Air Caraïbes est évidemment attaquée sur son cœur de métier et son actionnaire ne pourra pas contre-attaquer avec French Blue, en raison d'un accord de périmètre avec ses pilotes réservant la desserte des Antilles françaises à Air Caraïbes. Néanmoins, la compagnie peut compter sur sa solidité financière et sur la fidélité de la clientèle antillaise. Pour beaucoup d'Antillais en effet, Air Caraïbes est considérée comme la « compagnie nationale ».

Air France ne sera touchée que sur une partie de son réseau et a l'avantage de compter sur l'Amérique du Nord sur une alliance avec Delta extrêmement efficace. Mais sur chaque ligne desservie par un concurrent low-cost, elle va également souffrir, notamment sur les Antilles où sa structure de coûts est loin d'être la plus faible parmi tous les opérateurs.

La Réunion, le laboratoire

Avec l'arrivée en juin dernier, d'une low-cost long-courrier, French Blue, La Réunion est un bon laboratoire d'une concurrence à 5 compagnies. French Blue s'est taillée une part de marché de 20% environ, en ligne peu ou prou avec le nombre de sièges commercialisés. Le tout sur un marché en croissance. Si French Blue a su créer un nouveau marché, elle a également chipé des passagers aux autres compagnies. Evidemment, chaque compagnie estime que son concurrent souffre plus que lui.  Air France a constaté une hausse de trafic, mais une baisse de la recette unitaire.

L'avenir s'assombrit donc pour un certain nombre de compagnies françaises. D'autant que cette nouvelle concurrence ne fait que commencer. Norwegian et Level ont en effet vocation à grossir au départ de Paris. De quoi provoquer très rapidement des regroupements au sein des compagnies françaises.

| Lire aussi : Les compagnies aériennes françaises à l'aube d'un bing bang

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Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 6:39 :
Ils nous ont dit la même chose à propos des forfaits portables
De 32 euros pour 2heures free l'a passé à 2 euros et déclare qu'il gagne beaucoup d'argent. Il n aura donc aucune compagnie en difficultés
a écrit le 30/11/2017 à 0:07 :
Pour info Norwegian est déjà sur les Antilles mais pas toute l'année comme XL airways
a écrit le 29/11/2017 à 14:51 :
Quand la GB quittera l'Union en 2019, que se passera t-il avec IAG???? seules des compagnies EUROPÉENNES peuvent desservir des aéroports intra- européens...aussi BA ne pourra plus proposer de vols depuis l'EU vers un autre point de l'EU sauf à faire passer les vols par un aéroport britannique....
a écrit le 29/11/2017 à 8:36 :
Vaste blague. La guerre des prix! Cela avait été prononcé lorsque Xl allait s'installer actuellement les prix sont les mêmes à 30€ près.
Faut savoir en fonction du lieu de résidence les voyageurs vont au plus près. En ce qui me concerne la boucle est bouclée le gouvernement Sarkozy à fait passer une pseudo loi du 15 juin au 15 septembre le tarif des billets vers les DOM sera de 800€ , on l'attend encore ce tarifs. Ma conclusion sera la suivante une nouvelle compagnie qui vient se remplir les poches sur le dos des antillais et vacanciers qui voyagent pendant les vacances scolaires.

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