L'année 2017 s'annonce comme un millésime exceptionnel pour Air France-KLM sur le plan des résultats financiers. Après avoir publié ce vendredi un bénéfice d'exploitation de 1,022 milliard d'euros au troisième trimestre et de 1,375 milliard d'euros au cours des neufs premiers mois de l'année, le groupe est parti pour dépasser le record de 1,4 milliard d'euros de bénéfice d'exploitation qu'il avait réalisé à l'issue de l'exercice 2007-2008. Si la direction ne fournit pas de prévision, les analystes tablent sur un bénéfice d'exploitation de 1,519 milliard d'euros en 2017, selon le consensus Inquiry Financial. Ce qui correspond à une hausse de 45% par rapport à 2016.
La fin de l'année s'annonce en effet positive. Le groupe table sur une nouvelle hausse de la recette unitaire au cours des trois prochains mois de l'année après celle de 4,1% réalisée au troisième trimestre, en raison notamment du redressement constaté sur les lignes asiatiques et sud-américaines.
Comme les autres compagnies aériennes, Air France-KLM bénéfice d'un environnement exceptionnel. Le marché du transport aérien est extrêmement porteur avec une demande très dynamique, tandis que le prix du carburant reste clément autour de 60 dollars le baril. L'appréciation de l'euro par rapport au dollar depuis quelques mois (1 euro = 1,16 dollar) est même favorable dans la mesure où Air France-KLM a davantage de coûts en dollars que de recettes.
Air France-KLM n'est pas la seule à afficher de bons résultats. Les deux groupes concurrents présentant le même profil en Europe, Lufthansa (qui compte aussi Swiss, Austrian Arlines, Brussels Airlines et Eurowings) et IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus), dégagent eux aussi de très beaux bénéfices. Ils sont même largement supérieurs à ceux du groupe français, traduisant ainsi l'écart persistant de compétitivité qui les sépare.
Au troisième trimestre 2017, les deux rivaux d'Air France-KLM ont en effet chacun dégagé un bénéfice d'exploitation supérieur de 400 millions d'euros à celui du groupe français. Il s'est en effet élevé à 1,455 milliard d'euros pour IAG et à 1,5 milliard d'euros pour Lufthansa. Sur neuf mois, la différence de performance est d'environ 1,5 milliard d'euros. Au cours de cette période, IAG et Lufthansa ont respectivement dégagé un bénéfice d'exploitation de 2,43 milliards et de 2,6 milliards d'euros.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Selon les analystes, Lufthansa devrait dégager un bénéfice d'exploitation de 2,6 milliards d'euros. IAG table de son côté sur un bénéfice annuel de l'ordre de 3 milliards d'euros.
Ces différences s'expliquent essentiellement par les différences de structures de coûts. Si Air France-KLM est pénalisé par le poids de la taxation spécifique qui touche sa plus grosse filiale, Air France, la faiblesse des mesures internes à la compagnie française pèse toujours sur le groupe.
La direction a d'ailleurs envoyé un mauvais signe aux investisseurs en reformulant son objectif de baisse des coûts unitaires pour l'année. L'objectif antérieur de baisse de 1% à 1,5% exclut désormais les effets de la hausse du coefficient d'occupation des avions et du partage des bénéfices avec les salariés ("profit sharing"). Les investisseurs n'ont pas apprécié et le cours de Bourse d'Air France-KLM chutait de 7,47% ce vendredi.
À lire également
"Malgré les progrès sur le bilan et une perspective toujours encourageante en termes de recette unitaire, les marges du groupe restent à la traîne par rapport à celles de ses pairs et ce n'est pas reflété dans la valorisation", ajoute l'intermédiaire.
Air France a amélioré sa marge de 3,6 points au troisième trimestre à 11,%, encore en-deçà de KLM (18,5%), Lufthansa (18,1%) et British Airways (21,5%).
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer