Cars Macron : mais qui se soucie des gares routières ?

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Les attentes des usagers portent, comme on peut s'en douter, sur des services de base: s'abriter, s'asseoir, utiliser les commodités. Plus de deux tiers des clients interrogés déclarent ainsi souhaiter un abri, en priorité.
Les attentes des usagers portent, comme on peut s'en douter, sur des services de base: s'abriter, s'asseoir, utiliser les commodités. Plus de deux tiers des clients interrogés déclarent ainsi souhaiter un abri, en priorité. (Crédits : Flixbus)
Le leader du marché, l'autocariste Flixbus, a réalisé une enquête auprès de ses clients afin de recueillir leur avis sur la qualité des arrêts. Ceux des grandes villes comme Paris sont moins bien notés.

Les cars Macron sont un succès - même si un certain plafond semble se dessiner - à en croire les 6.2 millions de voyageurs transportés en France, d'après le dernier bilan de l'Arafer, le régulateur du rail et de la route. Et ce marché semble s'être ancré dans le paysage de la mobilité territoriale. Cependant, pour prendre le car, encore faut-il se rendre sur le lieu de prise en charge. Or les gares routières semblent être les grandes oubliées de la loi Macron pour la croissance ayant libéralisé le transport par autocar. Du moins, cela paraît-il être le cadet des soucis des autorités compétentes en la matière.

Alors pour remédier au manque d'intérêt que semblent susciter ces arrêts, l'opérateur Flixbus, numéro un en France devant Ouibus, la filiale de la SNCF et Isilines, celle de Transdev, a décidé d'étudier la perception qualitative qu'en ont les principaux concernés: les usagers. Des questionnaires ont ainsi été envoyés en fin d'année auprès de 40.000 clients en Europe, dont près de 10.000 en France.

Une satisfaction globale mais un peu plus de mécontents

Premier constat : il ressort de cette enquête une plus forte insatisfaction de la part des usagers par rapport aux résultats de la première étude, réalisée au printemps 2016. Ainsi, en France, si les 116 arrêts référencés sont globalement jugés convenablement par 67% des sondés, 33% se déclarent insatisfaits, alors qu'ils étaient "seulement" 28% auparavant. Selon Yvan Lefranc-Morin, Directeur général de FlixBus, cela peut s'expliquer par un effet saisonnier, d'une part "l'hiver est une saison plus propice aux plaintes des usagers, à cause de la pluie et du froid, par rapport à un beau soleil" et par un effet volume d'autre part. Quand il y a plus de monde, il y a plus de mécontents.

Dans le détail, les arrêts des villes de taille moyenne sont mieux notés que ceux des grandes villes. Et ce sont les Franciliens qui s'avèrent les moins épargnés. Ceux de Grenoble et de Toulon arrivent ainsi en tête de classement avec une note de 3.7/5, tandis que celui de Massy-Palaiseau, lanterne rouge, écope d'un 2.1/5 derrière l'arrêt de la gare de Bercy, à Paris, qui recueille tout juste la moyenne.

Flixbus classement gares routieres

Les attentes des usagers portent, comme on peut s'en douter, sur des services de base: s'abriter, s'asseoir, utiliser les commodités. Plus de deux tiers des clients interrogés déclarent ainsi souhaiter un abri en priorité. Viennent ensuite la présence de sièges (pour 50%) et de toilettes (44%), devant un service de restauration ou encore la présence d'un panneau d'informations. Plus curieusement, le critère de l'accessibilité arrive en dernier lieu, pour 14% des sondés.

Flixbus etude attente usagers gares routieres

Cela dit, cela peut s'expliquer par le fait que les trois quarts des usagers utilisent les transports en commun pour se rendre aux gares routières - c'est donc qu'elles sont déjà relativement accessibles. D'autant que les deux tiers des clients mettent moins d'une demi-heure pour s'y rendre. Seuls 16% mettent plus de trois quarts d'heure, dont 9% plus d'une heure.

Flixbus etude gares routiers modes transport

Reste que c'est là l'un des multiples objectifs d'une telle enquête, explique Yvan Lefranc-Morin:

 "Il y a plusieurs objectifs, dont celui de faire prendre conscience aux personnes décisionnaires (les agglomérations, les mairies) que mettre des équipements de base à disposition des usagers n'est pas forcément idiot. Surtout que ce marché est en train de grossir, et qu'au passage, cela permet de rendre les villes attractives et de dynamiser une région".

Ce qui ne s'avère pas forcément inutile dans un contexte où le tourisme est en berne. Alors à bon entendeur...

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Commentaires
a écrit le 26/03/2017 à 1:51 :
"les gares routières semblent être les grandes oubliées de la loi Macron". Très français comme réaction ! Non, mais tu voudrais pas aussi que Macron te cire les pompes ? Macron a permis la mise en place de services de transport, maintenant, c'est aux acteurs du secteur de développer ce créneau, pas au gouvernement !
Réponse de le 28/03/2017 à 13:30 :
c'est sur avec un marché de 60 millions d'euros je ne vois pas qu on puisse financer la modernisation des gares routières alors que les billets de cars sont en général vendus à perte. Il faut savoir ce que l on veut du low cost ou du confort qui a un coût et qui se paye.
a écrit le 25/03/2017 à 9:34 :
Mounia Van de Casteele, pourquoi parler uniquement de Flixbus et de leur enquête ?
Quand on vois Paris Bercy en dernière position, peut-être est-ce le cas chez Flixbus mais pas chez Ouibus par exemple non ?
Et la dernière phrase est honteuse, la DG de Flixbus France qui dis "on veux des arrêts avec un abris, un poteau et une poubelle (en gros) mais on veux rien payé par-contre" ben oui, c'est nos impôts locaux qui vont prendre pour faire vos arrêts... évidemment !
Vous avez des actions, chez Flixbus, Madame Mounia Van de Casteele ??
a écrit le 25/03/2017 à 7:31 :
Depuis des années, tout est fait pour décourager les clients de prendre des bus concurrent des transports public subventionnés utilisés par les usagers qui payent qu' une partie du billet (chercher la logique autre le dogme politique).
A Paris par exemple place maillot (flexbus, ouibus), Mme Hidalgo n'a même pas prévu de toilettes ni il et d' abri pour les clients.
De toute façon ces voyageurs ne comptent pas par rapport aux syndicalistes de la CGT.
a écrit le 24/03/2017 à 23:34 :
Et pourquoi les compagnies n'investiraient elles pas dans les gares routières ? La sncf demande t'elle aux collectivités pour ses gares ? Non. Ou alors, les compagnies de bus devraient aussi demander le remboursement de leurs pneus, de l'entretien des bus, que sais je ? après tout, c'est bon pour les collectivités...
Réponse de le 25/03/2017 à 17:15 :
Vous etes serieux la ? la SNCF est super subventionnee !
On peut en effet discuter du fait de savoir qui doit payer pour les gares routieres mais la sncf ne peut pas etre le modele...
il faudrait probablement faire un systeme comme les aeroport: une gare routiere dont le prix est ajoute au biller (comme vous payez une taxe chaque fois que vous vous posez sur un aeroport)

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