CDG Express : la SNCF pousse à un report de 18 mois

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Des divergences apparaissent entre SNCF Réseau et ADP sur le calendrier de CDG Express. Pour éviter un impact trop fort sur les trains du quotidien pendant les travaux du CDG Express, SNCF Réseau pousse à un report d'au moins 18 mois de la ligne ferroviaire rapide entre l'aéroport de Roissy et Paris. Il planche sur l'utilisation des RER dans les conditions prévues pour CDG Express pendant la période des Jeux Olympiques de Paris en 2024.

Y-aura-t-il un CDG Express pour le Jeux Olympiques de Paris de 2024 comme la France s'y est engagée devant le Comité Olympique? Réponse en avril avec les conclusions de l'étude du Préfet d'Île-de-France Michel Cadot sur l'organisation des lourds travaux programmés d'ici à 2030 sur le réseau ferroviaire du nord de Paris. Au total, il y a une quinzaine de projets ferroviaires : la construction de la ligne ferroviaire rapide entre l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et Paris (CDG Express), le franchissement de Pleyel -un pont qui permettra d'enjamber les voies ferrées de Saint-Denis-, l'interconnexions du réseau existant avec les nouvelles gares du Grand Paris Express, la mise en place de nouvelles caténaires (ensemble des câbles permettant l'alimentation électrique des trains...

Des conclusions rendues en avril

Attendues au cours de la première quinzaine du mois d'avril, ce rapport demandé par le Premier ministre doit préciser le calendrier de tous ces travaux combinés. Est-il tenable ou convient-il de reporter tout ou partie de certains projets ? CDG Express fait débat. Ses opposants jugent que les trains du quotidien sont la priorité. Le gouvernement tranchera après la remise du rapport.

Début mars, dans une interview au Journal du Dimanche, Michel Cadot s'était déclaré « optimiste » pour maintenir l'échéance de 2024. Longue de 32 kilomètres, dont les trois-quarts sont communs avec le RER B, la liaison doit être construite par la société commune détenue par ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens, SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires et la Caisse des Dépôts.

Divergences entre ADP et SNCF Réseau

Si les trois partenaires étaient jusqu'ici sur la même longueur d'ondes sur la capacité et la volonté de tenir le calendrier, des divergences apparaissent désormais entre ADP et SNCF Réseau. Fer de lance de ce projet, ADP défend bec et ongles le calendrier initial et rappelle que le contrat de concessions des travaux signé le 12 février avec l'Etat précise que les travaux doivent être achevés pour les JO 2024. De son côté, inquiet par l'impact de tous ces travaux sur les trains du quotidien, SNCF Réseau pousse désormais à un report de CDG Express d'au moins 18 mois pour se focaliser sur les chantiers de rénovation, selon trois proches du dossier. Objectif : alléger la charge de travail d'ici à 2024 pour rendre acceptables l'impact des travaux aux usagers.

« SNCF Réseau a mesuré l'impact des travaux de CDG Express pour 2021, 2022 et 2023. Il est plus important sur les trains du quotidien que celui des travaux actuellement en cours, que nous n'arrivons déjà pas à faire dans leur globalité », explique à La Tribune une source interne à SNCF Réseau qui a requis l'anonymat.

Selon cette source, le maintien du calendrier de CDG Express provoquerait des perturbations majeures sur le RER B, notamment en heure de pointe le matin en raison d'un démarrage tardif de l'activité à cause de la concentration trop importante des travaux durant la nuit, mais aussi un arrêt du dernier RER B à 23 heures à partir de La Plaine (en direction du Nord) pendant une centaine de jours par an, ou encore un grand nombre de jours durant lesquels l'activité serait suspendue pendant la journée (hors heures de pointe)....

Pour SNCF Réseau, les autres projets ne peuvent être décalés. « Le renouvellement des catenaire est retardé depuis dix ans, nous ne pouvons plus attendre. Nous ne pouvons pas décaler non plus la connexion du Grand Paris Express au réseau existant, ni le franchissement Pleyel... », assure-t-on à La Tribune.

Un RER B spécial pour les Jeux Olympiques

Parmi les différents scenarios alternatifs sur lesquels planche SNCF Réseau, un sort du lot. Celui d'organiser pendant la période des JO un système de navette en RER B (avec la fréquence d'un train tous les quarts d'heures prévue pour CDG Express mais un temps légèrement plus long que les 20 minutes prévues) entre l'aéroport de Roissy et la gare du Nord, en combinant des liaisons directes et des liaisons avec un arrêt à La Plaine-Saint-Denis pour desservir le village Olympique. « Pendant une quinzaine de jours l'été, c'est possible », indique-t-on. Certes. Mais un tel service sera aux antipodes de celui prévu pour le CDG Express. Pour rappel, mais la qualité du service sera aux antipodes de celui attendu dans les trains Coradia d'Alstom neufs prévus par les exploitants de CDG Express, Keolis et la RATP Dev.

Le contrat de concession parle d'un CDG Express en 2024

Interrogé par La Tribune, SNCF Réseau n'a pas souhaité faire de commentaire. Le groupe ADP quant à lui réaffirme les échéances contractuelles du contrat de concession des travaux signé le 12 février entre l'Etat et la société commune détenue par ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, en charge de la construction de la ligne, qui précise que la ligne sera opérationnelle pour les JO 2024.
Reste à voir ce que décidera l'Etat. Pour l'heure, au nom du respect de la parole de la France, Matignon est favorable au respect du calendrier.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2019 à 7:33 :
La SNCF alerte car elle a une expertise du terrain. L’état pousse car derrière CDG Express l’enjeu majeur n’est pas celui des Jo mais la privatisation d’Adp. C’est méprisant à l’égard de ceux qui défendent un projet alternatif, moins coûteux et profitable à tous ! Le CDG Express est inutile tandis que le rer b est indigne d’un transport francilien d’aujourd’hui !
a écrit le 27/03/2019 à 17:35 :
La SNCF reste encore un quasi-monopole avec ce nouveau chantier pour augmenter ses effectifs et peser encore plus sur les pouvoirs publics pour les faire plier !
a écrit le 27/03/2019 à 2:55 :
Depuis le debut, ces projets de grand paris( quelle titre pretentieux) ne sont pas realistes.
Le contribuable paiera. Il a l'habitude.
Suggestion: pour les prochains jeux du cirque, pourquoi ne pas utiliser les bus micron ?
a écrit le 26/03/2019 à 17:26 :
Était si urgent de réformer la SNCF en plusieurs Sa et filiales (qui vont pas vouloir travailler ensemble +déstabiliser les équipes et compétences - sans compter les dem
dans secteurs clef ex Sncf car concurrentes dans les marchés attribués et foutre un beau bordel) dans un timing de rénovation en Idf et de jo 2024 tendus ?
a écrit le 26/03/2019 à 15:30 :
Le gag de la décennie !!!!
Cela fait combien de dizaines d'années que l'on jacasse sur CDG Expres ???
Après des années et des années d'évaluations et de simulations, après avoir signé on ne sait combien d'accords et de protocoles la SNCF découvre qu'ils ne peuvent pas réaliser la ligne, du moins pas avant la St Glin Glin !
C'est du niveau de la promesse de Chirac : aller prendre un bain dans la Seine. Bien sûr, Haïe Dalgo a repris l'engagement : les épreuves de natation des J.O. se feront dans la Seine nettoyée, dépolluée, etc. De l'eau de source !!
Est-ce que, par hasard, ils ne nous prendraient pas, tous, pour des imbéciles ?
Réponse de le 26/03/2019 à 18:22 :
+1000
On nous prend pour des anes depuis des annees. Vous oubliez juste la region ile de france dans ce tableau dont l ancien président a brillé par son incompétence vu le délabrement de la region sur bien des points dont le transport est un exemple parfaitement illustratif du manque d ambition de ce qui fut la region la plus riche et plus dynamique d europe....un jour...lointain...

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