Easyjet croit en ses perspectives malgré les perturbations

Florissante avant crise, la low cost Easyjet peine à repasser dans le vert malgré des chiffres de trafic qui retrouvent de l'ampleur. La hausse des coûts opérationnels et les perturbations ne lui ont pas permis de retrouver la rentabilité. Pourtant, les perspectives pour le reste de l'été et même l'automne - malgré un fort niveau d'incertitude - confèrent un certain optimisme pour la suite.
Malgré une reprise forte, Easyjet n'est pas encore repassé dans le vert.
Malgré une reprise forte, Easyjet n'est pas encore repassé dans le vert. (Crédits : Hannibal Hanschke)

Au troisième trimestre de son exercice 2021-2022, Easyjet n'est toujours pas repassé dans le vert. Malgré une hausse d'activité plus que conséquente, la compagnie à bas coût britannique a souffert des perturbations et des annulations de vols inhérentes à l'intensité de la reprise. Elle reste pourtant confiante dans ses perspectives avec un été bien rempli et, surtout, des projections encourageantes à l'automne, où cependant des incertitudes persistent quant à la tenue de la demande dans un contexte économique de plus en plus tendu.

Avec 22 millions de passagers pour son troisième trimestre (avril à juin 2022), Easyjet a transporté sept fois plus de personnes qu'à la même période en 2021. C'est même davantage que pour toute l'année 2021, où la low cost a à peine dépassé les 20 millions de voyageurs. Elle a ainsi généré 1,76 milliard de livres (2,07 milliards d'euros), soit huit fois plus qu'il y a un an.

Un bilan marqué par les perturbations

Pourtant, la compagnie est restée déficitaire à hauteur de 114 millions de livres avant impôts (135 millions d'euros), avec des coûts opérationnels multipliés par 3,5 atteignant 1,87 milliard de livres. Outre la hausse liée directement à la remontée de l'activité (carburant, taxes, salaires...), le bilan a été plombé par les différentes perturbations du service. Cela s'est traduit par des charges supplémentaires de l'ordre de 133 millions de livres auxquelles s'ajoutent 36 millions de pertes de change.

« L'accélération sans précédent de l'activité dans le secteur de l'aviation, associée à un marché du travail tendu, a entraîné des difficultés opérationnelles généralisées qui se sont traduites par un nombre d'annulations supérieur à la normale », a indiqué Easyjet dans son communiqué, mentionnant aussi la difficulté à recruter pour l'assistance en escale et les aéroports, mais aussi en interne, y compris des équipages.

Les retards dans le contrôle du trafic aérien sont aussi visés, tout comme l'augmentation des temps de contrôle d'identité et l'abaissement du nombre de mouvements à Amsterdam-Schiphol et Londres-Gatwick. La compagnie a ainsi dû annuler pas moins de 5% de son programme.

« La livraison aux clients cet été reste notre priorité absolue. Au cours du trimestre, nous avons transporté sept fois plus de clients que l'année dernière à la même époque et avons respecté 95% de notre programme. Nous avons pris des mesures pour atteindre la résilience accrue nécessaire cet été et l'exploitation s'est maintenant normalisée », affirme Johan Lundgren, directeur général d'Easyjet.

Pour autant, en dépit des mesures prises par la compagnie, ces perturbations vont continuer à se faire sentir cet été. Alors qu'elle prévoyait d'atteindre 97% de sa capacité de 2019 au cours du quatrième trimestre (juillet - septembre), Easyjet a dû restreindre son offre à 90% du niveau d'avant-crise. Des coûts supplémentaires sont également attendus au cours de l'été pour limiter les disruptions dans le programme.

Un niveau de réservations supérieur, mais une capacité réduite

Malgré tout, Easyjet peut compter sur un faisceau de signes encourageants, même si certains sont à contraster. Tout d'abord, la compagnie a déjà vendu 71% de ses sièges pour le trimestre en cours, ce qui fait un point de plus qu'en 2019 à la même date. Néanmoins, comme indiqué, l'offre est encore sensiblement inférieure. Surtout, lors de l'annonce des résultats semestriels en mai, elle indiquait des tendances de réservation pour ce quatrième trimestre largement supérieures à celles de 2019 (+13% pour les réservations prises entre mars et mi-mai).

La crise a largement modifié la temporalité des décisions d'achat, avec des réservations plus tardives, ce qui peut expliquer des variations importantes d'une période à l'autre, mais la tendance semble tout de même à un tassement.

Les ventes sur l'automne et l'hiver donneront sûrement plus d'indications sur l'état réel du transport aérien, jusqu'ici dopé par la très forte envie de voyager après trois ans de restrictions et contraintes sanitaires. Pour l'instant, la tendance semble bonne pour Easyjet. Pour le semestre qui débute en octobre, elle indique avoir un taux de réservation identique à celui de 2019 pour une capacité de l'ordre de 95%.

La tendance aux réservations tardives - même si elle se réduit - laisse penser que ce taux peut s'améliorer, mais il dépendra certainement de l'évolution des conditions économiques après l'été et du niveau d'inflation. De même, la santé d'Easyjet après l'été dépendra de son trafic affaires. La compagnie en compte une part importante - de l'ordre du quart de son trafic avant crise - et des incertitudes pèsent quant à la reprise de ce marché. Celle-ci s'avère plus tardive que pour les voyages loisirs, même si la compagnie a déjà indiqué des améliorations depuis la fin de l'hiver.

Les yields s'envolent

En attendant d'y voir plus clair, Easyjet peut compter sur une tendance assez lourde : l'amélioration de ses yields. Lors du troisième trimestre, ils étaient déjà supérieurs de 11,5% à ceux de 2019. Alors que le rendement sur les billets était en légère baisse, celui des revenus auxiliaires a explosé (+55%). Pour le quatrième trimestre, cette amélioration va s'accentuer. Elle va porter à la fois sur les billets (+13% à date) et les revenus auxiliaires (tendance toujours supérieure à 50%). Et la compagnie parle d'une « dynamique positive » pour le premier semestre 2022-2023 qui débute en octobre.

« Malgré la perte enregistrée ce trimestre en raison des problèmes de perturbations à court terme, le retour au vol à grande échelle a démontré que les initiatives stratégiques lancées pendant la pandémie portent leurs fruits maintenant et avec plus à venir. Cela inclut un changement radical des rendements auxiliaires, qui ont augmenté de 55% par rapport à la même période en 2019 », a déclaré Johan Lundgren, directeur général d'Easyjet.

À la Bourse de Londres, ce mardi, les investisseurs appréciaient le tableau global, et le titre d'Easyjet prenait +2,94% à 384,80 pence  vers 10H25 GMT.

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Commentaire 1
à écrit le 26/07/2022 à 15:07
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Ceux qui voyagent avec des compagnies «bas-coûts/bas-prix» sont les mêmes qui font des croisières sur des monstres de paquebots emportant 5000 voyageurs et 2000 employés ; tous issus de pays pauvres et sous-payés à bord. Les mêmes qui sont indifféren...

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