Faute de conteneurs : les prix du fret maritime s'envolent

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(Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
Après avoir fortement secoué le transport de marchandises l'an dernier, la pandémie de Covid-19 continue de peser sur ce segment du fret maritime qui voit maintenant ses prix au départ d'Asie décoller, faute de conteneurs disponibles. Les mesures sanitaires plus strictes à l'intérieur des ports, des centres logistiques ou encore des dépôts de stockage de conteneurs vides, à l'œuvre dès les débuts de la pandémie, ajoutent toujours leurs grains de sable à chaque étape de la chaîne logistique pour créer in fine de véritables goulets d'étranglement. Le stock de conteneurs étant limité, la chaîne d'approvisionnement se retrouve parfois rompue.

Après avoir fortement secoué le transport de marchandises l'an dernier, la pandémie de Covid-19 continue de peser sur ce segment du fret maritime qui voit maintenant ses prix au départ d'Asie décoller, faute de conteneurs disponibles.

"Le coût du transport maritime des marchandises de la Chine vers l'Europe a atteint récemment des sommets sans précédent", constate Andreas Rees, analyste d'Unicredit.

Le Freightos Baltic Index, un indice qui mesure le prix du transport par conteneurs a presque quadruplé en trois mois pour la route de la Chine vers l'Europe, passant de 2.119 dollars le 1er novembre à 7.827 dollars vendredi.

Celui de la Chine vers la côte ouest des États-Unis est quant à lui passé de 1.638 dollars le 31 mai dernier à 4.286 dollars vendredi.

L'essor de la demande de produits manufacturés en provenance d'Asie est le principal responsable de la flambée des coûts, explique Andreas Ress, en matériel médical d'abord et en biens de consommation ensuite, encouragés par le pouvoir d'achat des ménages qui "réoriente" fortement ses dépenses vers "des équipements électroniques, des meubles, etc.", faute de voyages ou de sorties au restaurant.

En conséquence, "la demande en conteneurs a augmenté de façon exponentielle", constate Jonathan Roach, du courtier spécialisé Braemar ACM, interrogé par l'AFP.

Cette situation prend d'autant plus de court l'industrie qu'elle a été fortement perturbée l'an dernier avec une baisse du commerce maritime mondial de 4,1%, selon une estimation faite en novembre par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Goulet d'étranglement

Les mesures sanitaires plus strictes à l'intérieur des ports, des centres logistiques ou encore des dépôts de stockage de conteneurs vides, à l'œuvre dès les débuts de la pandémie de Covid-19, ajoutent toujours leurs grains de sable à chaque étape de la chaîne logistique pour créer in fine de véritables goulets d'étranglement.

"Un retard dans l'expédition des conteneurs vides vers les centres de chargement combiné à une augmentation des demandes de cargaison" et ce sont les prix qui flambent, avance Jonathan Roach.

Le stock de conteneurs étant limité, la chaîne d'approvisionnement se retrouve parfois "rompue", pointent les analystes de Deutsche Bank. De plus, les conteneurs n'ayant pas été déplacés comme à l'habitude l'an dernier ajoutent à la désorganisation puisque nombre d'entre eux se retrouvent désormais "aux mauvais endroits", resserrant davantage l'offre.

Le Brexit est lui aussi venu accélérer ce déséquilibre entre offre et demande, complète un porte-parole de Bimco, la principale association mondiale de transporteurs maritimes contactée par l'AFP, "les détaillants britanniques ayant été contraints d'anticiper fortement leurs besoins car l'incertitude était énorme".

Plus largement, "les ports du monde entier s'engorgent car ils ne peuvent pas retourner les conteneurs et les navires assez vite, surtout dans des périodes comme celle-ci où les dockers travaillent sous l'impact du Covid-19 et des restrictions qui en découlent", poursuit-il.

Inflation ?

 La hausse des coûts de transport pèse avant tout sur les entreprises, "reste ensuite à savoir si et dans quelle mesure elles peuvent les répercuter sur les consommateurs", se demande Andreas Ress.

S'il est surveillé de près par les banques centrales à travers le monde, certains économistes alertent sur le risque d'inflation, pour le moment contenue, qui croît à mesure de l'injection massive de liquidité pour maintenir à flot l'économie mondiale.

"À l'heure actuelle, seule une augmentation modérée des coûts de transports sur les prix à la consommation semble probable" poursuit-il, "mais il faut surveiller de près ce phénomène".

D'ici là, le coût du transport maritime depuis l'Asie aura peut-être diminué. C'est ce à quoi s'attend Jonathan Roach, qui voit "la situation se normaliser à mesure que le déploiement des vaccins s'accélère, probablement vers le milieu de l'année 2021."

La demande actuelle "supplémentaire" ne traduit pas une "augmentation structurelle" de la demande, conclut-il.

    

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Commentaires
a écrit le 08/02/2021 à 12:49 :
En médecine, on appel cela un infarctus. La mondialisation sauvage qui consiste à concentrer la fabrication des produits dans un pays en faisant fi de la pollution, des droits humains élémentaires, de l'indépendance stratégique et de l'intérêt général, est dénoncée tant et plus par les opposants à ce système absurde. Regardez les zones de pollutions maximales, elles recoupent principalement les lignes maritimes internationales. "Deux choses sont infinies, l'Univers et la bêtise de l'homme, pour l'Univers, je n'en suis pas certain" Einstein.
a écrit le 08/02/2021 à 12:33 :
c'est marrant comment des sujets ou des infos, peuvent venir en dehors d'un article traité !

C'est une chose a savoir pour comprendre la hausse des prix a venir ! perso je suis content de voir que le réseau permet d'avoir l'info bien en amont !!!

Après il faut du coup s'organiser, mais je constate qu'avoir des bonnes infos avant, permet de le constater dans les journaux après !
a écrit le 08/02/2021 à 10:48 :
Finalement..une bonne nouvelle.
a écrit le 08/02/2021 à 10:05 :
c'est plutôt une bonne nouvelle , tout cela renchérit le coût des importations depuis l'Asie et devrait aider a relocaliser une partie de la production en Europe .
a écrit le 08/02/2021 à 5:06 :
La faute a la BCE qui a imprime du papier a tout va creant la consequence inevitable. L'inflation, la monnaie euro ne valant plus que le prix d'une monnaie devalorisee. Les consommateurs malgre le fait qu'il vont payer un max continuent de consommer. Plus contumeurs.
a écrit le 07/02/2021 à 12:22 :
Ben oui ça va commencer à être compliqué d'acheter des m... 1 euro à 2 euros hein.

Et encore ils ne payent pas le carburant le prix que nous on le paye.

L'aberration mécanique en plus d'écologique.
Réponse de le 07/02/2021 à 22:19 :
Dans le prix du carburant que l'on paye, il y a 70 à 80% de taxes françaises... vous ne voudriez pas que les chinois payent des taxes au trésor public français, sur l'ensemble de leurs exportations, quand même ...
Réponse de le 08/02/2021 à 9:00 :
"vous ne voudriez pas que les chinois payent des taxes au trésor public français, sur l'ensemble de leurs exportations, quand même ... "

Ben étant les principaux responsables d'une pollution massiv,e ben si j'aimerais bien. Mine de rien les états unis prennent plus de 100 milliards de dollars chaque année aux chinois du fait de leur protectionisme pourquoi nous n'en aurions pas le droit ?

Bizarre votre raisonnement, vous avez une bien triste image de nos pays vous hein... Pourquoi ceux qui font la FRance devraient payer sans cesse et jamais ceux qui la dtéruisent ? BEn parce que vous êtes du camp aliénant de ceux uqi la détruisent.

EVitez moi, moi ceux qui jouent contre notre pays je les méprise, merci.

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