Trouver 3,5 milliards d'euros chaque année pour le rail et la route. C'est le défi que doivent relever les élus locaux et les professionnels du transport réunis lundi prochain à Marseille pour une conférence de financement des mobilités. Prévue par la loi Zulesi relative au déploiement des systèmes express régionaux métropolitains (SERM), elle vise à trouver des solutions qui permettent d'assurer ces ressources. Sans attendre, le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Alain Grizaud, alerte sur la « dégradation énorme de la route » et plaide pour un « investissement fort ».
Et pour cause : « Après nous être collectivement reposés sur les investissements des années précédentes, nous nous rendons compte aujourd'hui que le pays a largement sous-investi dans les infrastructures routières et ferroviaires », déclarait, mi-avril à La Tribune, le ministre des Transports Philippe Tabarot. Selon une étude commandée à Toluna Harris Interactive, réalisée auprès de 1 033 Français entre le 9 et le 11 avril, 88 % des sondés affirment utiliser leur voiture - et donc la route - au moins une fois par semaine pour se déplacer.
Et si l'ex-président des Départements de France Dominique Bussereau a été missionné sur Ambition France Transport par le Premier ministre François Bayrou, le président (LR) des Maires de France, David Lisnard, fait, lui, monter la pression sur le gouvernement. L'édile de Cannes demande une meilleure répartition du financement des infrastructures de transport. Aujourd'hui, 65,5 % des routes sont à la charge des communes ; les maires touchent environ 1 milliard sur les 45 milliards d'euros de recettes annuelles.