Fret ferroviaire : le port du Havre à la recherche du temps perdu
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Dans le port du Havre, la part modale du train plafonne péniblement à 5%
IStock
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Dans le port du Havre, la part modale du train plafonne péniblement à 5%
IStock
Sur les quais du Havre, le souvenir est encore frais. Il remonte au 8 juillet dernier. Ce jour-là sous un soleil de plomb, le patron de la firme Terminal Investment Limited (alias TIL), filiale terrestre du premier armateur mondial MSC, apporte un cadeau en or massif au port normand. Cornaqué par Edouard Philippe et Christophe Béchu, ministre de la transition écologique, Ammar Kanaan annonce que son groupe va investir 700 millions d'euros pour tripler la capacité de ses terminaux à conteneurs. A la clef, la promesse de 1,5 million de « boîtes » supplémentaires et le recrutement de 900 dockers. Champagne !
À lire également
Mais Ammar Kanaan n'en fait mystère. Il compte bien obtenir quelques contreparties de la part de la puissance publique pour prix de cet effort sans précédent. Devant les journalistes, il insiste sur l'urgence de développer « de nouvelles liaisons ferrées » pour faciliter l'acheminement des marchandises arrivées par la mer. Un message reçu 5 sur 5 par Hervé Morin, président de la Région Normandie.« TIL a clairement fait comprendre que nous avions de grandes marges de progrès sur le fret par le rail ». Un euphémisme tant le déclin du fret ferroviaire français est patent depuis la libéralisation du secteur. Le ministre des Transports est bien obligé de l'admettre. « Nous n'avons pas assez de transports verts pour évacuer les marchandises de nos ports », concède Clément Beaune entendu au siège de Régions de France.
Nathalie Jourdan