Avec à son bord du cognac, des chariots de manutention, des sacs à main, des navires de plaisance, des cosmétiques... en quelque sorte, la quintessence du savoir-faire français, le cargo à voile Neoline devrait quitter le port de Saint-Nazaire dès le mois de septembre 2025 pour rallier Saint-Pierre et Miquelon, Halifax (Canada) et Baltimore, aux Etats-Unis avec près de 5.000 tonnes de marchandises, l'équivalent de deux cent-soixante-cinq conteneurs de 20'. A défaut d'avoir trouvé une « solution adaptée » auprès du réseau d'entreprises locales Neopolia, la construction du navire de 136 mètres est confiée au chantier RMK Marine, à Tuzkla, en Turquie où sera assemblé le gréement (mâts et voiles) Solid Sail, conçu par le chantier de l'Atlantique de Saint-Nazaire et un pool de partenaires bretons.
A l'issue de la livraison visée pour la mi-2025, la traversée transatlantique sera, autant que possible, opérée à la voile, en une quinzaine de jours (aller-retour) à une vitesse de croisière de 11 nœuds. Pour garantir sa ponctualité, le cargo disposera d'une motorisation au gaz lui permettant d'atteindre 14 nœuds.
L'ambition de ce nouveau mode de transport est de réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à un navire de taille comparable et de quasiment supprimer les émissions de SOx (oxydes de soufre), NOx (oxydes d'azote) et de particules fines. Un chalenge auquel ont adhéré les chargeurs Manitou, Renault, Bénéteau, Michelin, James Henessy & Co, Clarins, Longchamp, Remy Cointreau et la Fournée Dorée, tous engagés dans une réduction de leurs émissions carbone. « Nous nous sommes engagés à réduire de 46% nos émissions de carbone à l'horizon 2030. Le transport maritime compte pour un tiers de nos enjeux liés au transport », indique Michel Denis dont les cinq sites présents dans l'Ouest de la France produisent 70% des machines d'un groupe, qui exporte 82% de sa production, notamment vers les Etats-Unis. D'ores et déjà, le patron de Manitou estime qu'il pourrait doubler sa part de fret transporté par le futur Neoliner. « Pour nous, c'est un flux majeur, alors si vous pouvez faire plus... », dit-il à l'attention des armateurs.