Après avoir largement redressé la barre dans la deuxième moitié de 2021, le groupe ADP a poursuivi sur sa lancée au premier semestre 2022. Il signe une importante amélioration de ses résultats, au point de réviser ses objectifs annuels à la hausse et d'afficher de nouvelles ambitions en dépit d'un niveau d'incertitudes encore très important.
Comme d'autres acteurs du transport, le groupe ADP (Aéroports de Paris) bénéficie d'un réel regain d'activité au premier semestre. Dopées par une reprise plus forte que prévu à partir du printemps, les différentes métriques sont multipliées par deux, trois, voire davantage par rapport à la même période l'an dernier. De quoi générer un surcroît de confiance et amener le groupe à revoir à la hausse ses prévisions sur l'année, même si le niveau de 2019 reste encore loin.
Le groupe ADP se montre donc optimiste avec de nouveaux objectifs annuels plus ambitieux. Il augmente de quatre points ses hypothèses de trafic. Elles passent d'une fourchette initiale comprise entre 70 et 80 % du niveau de 2019 à une fourchette de 74 à 84 %. Cela doit se traduire par une amélioration de la rentabilité de deux points pour le groupe, qui vise désormais une marge d'Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) comprise en 32 et 37 % du chiffre d'affaires. De même, le ratio d'endettement est désormais attendu entre 5,5 et 6,5 fois l'Ebitda, contre 6 à 7 fois prévu précédemment.
Cette amélioration tient notamment à la performance de Paris Aéroports (marque qui regroupe les aéroports parisiens uniquement). Portés par leurs résultats de ces derniers mois, Roissy et Orly visent à retrouver entre 72 et 82 % de leur niveau de trafic de 2019, contre une fourchette initiale comprise entre 65 à 75 %. Ce qui fait sept points supplémentaires.
Si le renforcement des objectifs est significatif, l'écart entre les hypothèses hautes et les hypothèses basses reste très important. Preuve que les facteurs de risques restent nombreux : le contexte sanitaire instable, la situation géopolitique, la pression environnementale, l'inflation (voire l'hyperinflation en Turquie, la faiblesse du trafic affaires. Toutes les précautions ont d'ailleurs été prises dans la formulation pour les nouveaux objectifs, afin de préciser que ces chiffres peuvent varier en cas de nouvelles restrictions sanitaires, de volatilité anormale des taux de change ou d'inflation, ou encore de déstabilisation du modèle économique à Paris.
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