Le patron d'Air France-KLM vent debout contre la taxe sur les billets d'avion
latribune.fr
« Si une hausse de la taxe devait se confirmer, ce que je ne souhaite surtout pas, nous demandons qu'elle soit, au moins, fléchée vers la décarbonation du secteur aérien », a précisé Benjamin Smith.
Dans une interview au Parisien, ce lundi, Benjamin Smith a affirmé qu'il serait « irresponsable » d'alourdir la fiscalité du transport aérien. Une réponse au gouvernement qui envisage cette possibilité dans son budget 2025.
Air France-KLM a décidé d'envoyer un message au gouvernement de François Bayrou. Alors que ce dernier réfléchit à augmenter la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) pour trouver de nouvelles recettes dans son projet de loi de finances pour 2025, Benjamin Smith, le patron de la compagnie aérienne a déclaré au Parisien que « c'est irresponsable ».
« Une nouvelle taxe a déjà été introduite l'année dernière. La France deviendrait le pays où le transport aérien est le plus taxé en Europe », a-t-il dit dans l'édition du journal datée de lundi. « Si une hausse de la taxe devait se confirmer, ce que je ne souhaite surtout pas, nous demandons qu'elle soit, au moins, fléchée vers la décarbonation du secteur aérien », a-t-il ajouté.
Benjamin Smith a aussi mis en garde contre une hausse qui pèsera sur l'activité aérienne de l'Hexagone. « Depuis 20 ans, nous perdons 1 à 2% de parts de marché par an au profit de compagnies étrangères. Le risque c'est de déplacer la valeur que notre trafic génère dans d'autres pays », a-t-il dit, évoquant une « taxe d'accès à la France ».
Le gouvernement entre deux eaux
La mise en garde du patron de la compagnie française ne devrait cependant pas faire reculer le gouvernement. Début janvier, la nouvelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait affirmé être favorable à une augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) pour contribuer à la réduction du déficit public.
Le gouvernement de Michel Barnier avait déjà proposé dans son projet de budget pour 2025 un triplement de cette taxe et une augmentation de la taxation des passagers de jets privés, pour un total d'un milliard d'euros. Une annonce qui avait déjà provoqué l'ire du secteur qui avait enjoint le nouveau gouvernement à repartir du projet « plus équilibré » adopté en novembre par le Sénat. Mais Amélie de Montchalin a décidé de maintenir la hausse de la TSBA à l'ordre du jour, arguant qu'il s'agissait d'une « mesure de justice fiscale et écologique ».
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Une taxe allégée
Selon des informations de La Tribune, basées sur plusieurs sources concordantes, c'est la version allégée - telle que votée par le Sénat avant la censure -, qui est en passe d'être confirmée.
Dans cette version allégée, élaborée par le sénateur Vincent Capo-Canellas (Union centriste), la TSBA passerait de 2,6 euros actuellement à 5,3 euros pour les passagers en classe économique pour un vol vers une destination européenne ou assimilée (c'est-à-dire les destinations en Outre-mer). Et ce, au lieu des 9,5 euros voulu par le gouvernement. Un doublement au lieu d'un quadruplement.
Une telle hausse ne devrait cependant pas permettre de générer le milliard d'euros supplémentaire (850 millions d'euros pour l'aviation commerciale et 150 millions pour l'aviation d'affaires) attendu par le précédent gouvernement lors du lancement du projet - un objectif jugé irréaliste par nombre d'observateurs. Selon Vincent Capo-Canelas, la cible de ce barème réduit serait de 610 millions d'euros pour l'aviation commerciale.