Le secteur maritime retient son souffle face à Donald Trump
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Les navires chinois sont dans le collimateur de Washington.
Wolfgang Rattay
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Les navires chinois sont dans le collimateur de Washington.
Wolfgang Rattay
Va-t-on passer d'une drôle de guerre à une guerre commerciale ouverte ? Cette perspective, avec le « Liberation Day » promis par Donald Trump le 2 avril, fait frémir l'ensemble du secteur maritime, jusque dans les rangs des armateurs américains. Outre l'entrée en vigueur de nouveaux tarifs douaniers, tous craignent le déclenchement de mesures portuaires spécifiques, promises par l'administration Trump dans les prochains jours.
Les Etats-Unis envisagent ainsi l'instauration de taxes portuaires directes à l'encontre des navires des opérateurs chinois, mais aussi des navires construits en Chine et des opérateurs dont une partie de la flotte a été construite en Chine. Les navires de construction américaine pourraient à l'inverse bénéficier de remises. Ces taxes, a priori cumulatives, pourraient revenir à imposer aux navires marchands (vraquiers, porte-conteneurs, tankers...) des frais d'escale pouvant aller jusqu'à 3,5 millions de dollars. Et ce, à chaque fois qu'ils accostent dans un port américain. Le surcoût pourrait ainsi rapidement atteindre plusieurs millions de dollars par voyage.
Les armateurs du monde entier - dont la Chambre de la marine marchande d'Amérique (CSA) - ont exprimé leur opposition à ces mesures lors des auditions organisées par le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR), les 24 et 26 mars dernier. Tous craignent des conséquences sévères pour le commerce mondial.
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Dans des documents que La Tribune a pu consulter, la Chambre internationale de la marine marchande (ICS) estime que les propositions de taxes risquent de causer « des dommages importants aux importations-exportations et aux consommateurs américains, ainsi qu'aux économies des partenaires commerciaux des États-Unis ». Édouard Louis-Dreyfus, président d'Armateurs de France et de Louis Dreyfus Armateurs, estime pour sa part que ces mesures vont affecter la fluidité des échanges internationaux, et ralentir la consommation du fait de l'inflation engendrée. Ces conséquences risquent de s'aggraver avec les probables ripostes à venir de la part des pays touchés, à commencer par la Chine.