Autoroute Roissy-Paris : la voie réservée aux taxis, c'est fini !

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Un arrêté préfectoral de fin avril prévoyait qu'un tronçon de l'autoroute A1 soit réservé aux taxis et aux bus en matinée dans le sens Roissy-Paris. Une mesure qui désavantageait les VTC par rapport à leurs concurrents.
Un arrêté préfectoral de fin avril prévoyait qu'un tronçon de l'autoroute A1 soit réservé aux taxis et aux bus en matinée dans le sens Roissy-Paris. Une mesure qui désavantageait les VTC par rapport à leurs concurrents. (Crédits : Décideurs en région)
Le tribunal administratif de Montreuil a suspendu l'arrêté préfectoral qui réservait depuis avril une partie de l'autoroute A1 aux bus et aux taxis entre Roissy et Paris dans un souci de concurrence équitable avec les véhicules de transport avec chauffeur (VTC).

Les voitures de transport avec chauffeur (VTC) viennent de remporter une nouvelle manche face aux taxis. Du moins la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR), qui regroupe des VTCistes comme SnapCar, Chauffeur-Privé, Allocab ou encore LeCab, vient d'obtenir gain de cause dans sa requête auprès du tribunal administratif de Montreuil. Celui-ci a en effet décidé lundi de suspendre l'arrêté préfectoral qui réservait l'usage d'une voie de l'autoroute A1 aux taxis et aux autobus entre Roissy et Paris.

Cet arrêté, qui était entré en vigueur depuis fin avril, prévoyait qu'un segment de cinq kilomètres dans le sens Roissy-Paris, la voie de gauche, soit exclusivement dédié aux taxis et aux bus entre 6h30 et 10h00 en semaine, hors période estivale, pour leur faire gagner de précieuses minutes en période de pointe.

Rétablir une concurrence équitable

Or la FFTPR estimait qu'une telle mesure désavantageait les VTC par rapport aux taxis et par conséquent, que cette voie devait aussi leur être ouverte dans un souci de concurrence équitable. C'est également l'avis du tribunal puisque "le juge a considéré que l'arrêté portait atteinte aux droits des VTC qui n'ont pas le droit de l'emprunter", nous confie Yves Weisselberger, co-fondateur de SnapCar, l'une des entreprises membres de la FFTPR. Et de préciser :

"Cet avantage concurrentiel conféré aux taxis n'était pas justifié par un objectif d'intérêt général ou d'ordre publicEn l'état, la voie réservée n'existe donc plus."

Une voie réservée aux taxis et VTC ?

Si les taxis n'ont pour l'instant plus cet avantage, ce n'est que provisoire. Concernant l'usage de cette voie à l'avenir, selon la FFTPR, il faudra qu'elle soit interdite à tous ou qu'elle soit ouverte aussi bien aux VTC qu'aux bus et taxis:

Pour remettre en service cette voie réservée sans risquer une nouvelle suspension, le Préfet de Seine-Saint-Denis devra autoriser les VTC à y circuler, avec les taxis et autobus. L'ouverture de cette voie aux VTC participera à l'objectif de favoriser les modes de circulations alternatifs à la voiture individuelle et permettra de garantir une concurrence normale entre taxis et VTC.

 Une seule et même règle pour tous

En attendant, cette décision semble aller dans le sens d'une réglementation commune aux taxis et VTC. Le gouvernement vient en effet de décider d'une part de laisser aux VTC le libre choix de leur mode de facturation, horokilométrique (comme les taxis), ou au forfait, pour les réservations à l'avance. D'autre part, bien que cela soit contraire au souhait d'une majorité de taxis - préférant l'instauration d'un "plafond" -, il a également décidé d'imposer à ces derniers une tarification forfaitaire pour les courses depuis et vers les aéroports à compter du 1er mars 2016.

Cela dit, tout en se déclarant "tout à fait favorable" à un tel principe, l'Autorité de la Concurrence recommande "de n'appliquer cette mesure sous la forme d'une obligation accompagnée d'un montant maximum qu'au marché de la maraude et de laisser les taxis libres d'appliquer des forfaits de leur choix ou une tarification horokilométrique sur le marché de la réservation préalable", indique l'AFP. Ce qui semble logique pour éviter dorénavant qu'il y ait deux poids, deux mesures.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2015 à 9:10 :
Cette voie est facturée a tout le monde par l’impôt, et doit servir a tout le monde.
Et après, il faudrait la réserver a une catégorie de gens qui ne veulent pas subir les affres des bouchons ?
Ne nous y trompons pas, les catégories autorisées sont multiples, pour masquer le simple besoin des politiques qui utilisent un tako ou leur voiture avec cocarde disposent d'une voie libre pour filer a l'aéroport en vitesse... Les chauffeurs livreurs de produits frais, on s'en fout, les gens qui vont au boulot, on s'en fout, c'est des gueux, dans les bouchons, comme tout le monde.
Ils veulent pas non plus qu'on leur mette deux motards et les giros pour se déplacer sans problèmes dans Paris ? A pardon, ils l'ont déjà...
La monarchisation de la nation progresse.
Le système ne progressera que lorsque ceux qui disposent (temporairement) d'une parcelle de pouvoir accordée (en principe) par le peuple l'utiliseront pour résoudre les problèmes des gueux, et non pas pour s'affranchir de la pesanteur du quotidien.
On n'élit pas des gens pour leur permettre de ne plus subir le quotidien, mais bien pour améliorer ce dernier... mais la nature humaine étant ce qu'elle est, on oublie bien vite ce vilain quotidien dès qu'on a l'occasion d'utiliser les privilèges du système...
a écrit le 08/06/2015 à 23:16 :
Faudra qu'on m'explique en quoi c'est légitime de m'interdire d'utiliser ma voiture dans cette voie "réservée", et de m'y autoriser si je suis dans un taxi ? Si c'est pas du deux poids deux mesures, ça ?

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