Loi climat : 4 questions pour comprendre la baisse de TVA sur les billets de train votée au Sénat
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ERIC GAILLARD
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Le train va-t-il devenir un "produit de première nécessité" ? C'est en tout cas l'ambition du rapporteur de la loi climat, Philippe Tabarot (LR), après le vote mardi 22 juin, au Sénat, de la diminution du taux de TVA des billets de train à 5,5%. La taxe sur la valeur ajoutée appliquée à ce mode transport est aujourd'hui de 10%.
L'objectif de cette mesure est de "faire en sorte que le train, peu émetteur de gaz à effet de serre, ne soit pas plus coûteux pour les Français que d'autres moyens de transport plus émetteurs, et qu'il soit plus utilisé", expliquent les élus de la Convention citoyenne, avec en ligne de mire, le transport aérien.
Face à l'intransigeance du gouvernement et à la ténacité des oppositions, cet amendement va-t-il devenir un marronnier ? Issue des 149 propositions de la Convention citoyenne - une assemblée citoyenne lancée par Emmanuel Macron à suite du mouvement des gilets jaunes - cette disposition a déjà été proposée l'an dernier par les sénateurs du groupe écologiste, sous l'impulsion de Jacques Fernique. Dans le cadre du Projet de loi des finances 2021, les élus de la Chambre haute, dont la majorité est à droite, avaient adopté la disposition, qui a ensuite été retoquée à l'Assemblée nationale.
Le montant de la TVA sur les billets de train avait déjà été débattu en 2013. Le législateur avait décidé d'augmenter l'impôt de 7 à 10%. Par la voix de son ancien dirigeant Guillaume Pepy, la SNCF avait alors dénoncé un nouvel 'impôt sur les billets de train".
Cette disposition à 5,5%, votée pour la deuxième fois au Sénat, risque fort toutefois d'être à nouveau supprimée par les députés dans la suite de la navette parlementaire. Le gouvernement actuel n'y est pas favorable. "Baisser la TVA ce sont des dépenses fiscales qui sont très lourdes pour l'État", avait expliqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Il s'est ensuite questionné : "Est-ce qu'on préfère baisser la TVA pour inciter les gens à prendre le train ou est-ce qu'on emploie cet argent pour développer les lignes ferroviaires ?" Quant au ministre chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari a insisté sur les efforts réalisés en matière de tarification dans ce secteur.
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Pourtant, le membre du gouvernement se montrait initialement plutôt favorable à la proposition de la Convention citoyenne. Du moins dans le principe, car en juillet 2020, sur le plateau de BFM TV, le ministre laissait transparaître un certain scepticisme sur l'efficacité de cette mesure pour les usagers :
"L'histoire nous enseigne, notamment à l'époque où on a baissé la TVA sur la restauration, que les baisses de TVA, qui coûte cher à l'État, en général ne sont pas répercutées dans la poche du consommateur. Donc si on fait la baisse de la TVA, il faut s'assurer que la baisse est répercutée au bénéfice des usagers et des voyageurs", avait-il détaillé.
Pour la convention citoyenne, la mise en place d'une telle mesure est atteignable :
Pour le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, le coût de la mesure oscillerait "entre 500 millions d'euros et 2 milliards d'euros par an", selon le périmètre d'application, estimait-t-il lors du premier examen de cette disposition, en 2020.
Une baisse de TVA sur les billets de train ne devrait pas laisser insensible la SNCF, au contraire. Le voyagiste veut casser l'image d'un "TGV cher" pour reconquérir son public. Il mise de plus en plus sur une stratégie tarifaire accessible pour miser sur "le volume de passagers", en instaurant récemment des prix planchers maximum sur certains billets TGV et intercités, et en poursuivant sa politique de petits prix incarnée par son offre Ouigo, au détriment de la flexibilité des prix.
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Si l'entreprise répercute bien la baisse de TVA sur le prix de ses billets, nul doute qu'elle gagnerait en compétitivité tarifaire alors que la concurrence internationale arrive sur le marché français avec des prix bas attendus.
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