Pour Rodolphe Saadé (CMA CGM), la mondialisation passera par le « China +1 »
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De nouveaux centres de production commencent à émerger en parallèle de la Chine.
AMR ABDALLAH DALSH
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De nouveaux centres de production commencent à émerger en parallèle de la Chine.
AMR ABDALLAH DALSH
S'il y a des mutations dans la mondialisation, CMA CGM est assurément aux premières loges pour y assister. Lors de son audition au Sénat cette semaine, Rodolphe Saadé, PDG du géant français du fret maritime, a livré aux sénateurs sa vision des phénomènes qui agitent aujourd'hui le transport de marchandises dans la lignée directe de la crise sanitaire, mais aussi son analyse de la transformation des flux commerciaux mondiaux.
Comme d'autres avant lui, Rodolphe Saadé identifie la crise du Covid et ses conséquences comme les principaux mécanismes à l'œuvre actuellement, davantage que la guerre en Ukraine. « Notre secteur a connu des tensions inédites au cours des deux dernières années sous l'effet de la crise sanitaire, de la forte reprise économique qui a suivi les confinements et dans une certaine mesure de la guerre en Ukraine, a-t-il déclaré pendant son audition. Elles sont traduites par une disruption des chaînes logistiques et des difficultés d'approvisionnement pour les entreprises. »
Si les navires de CMA CGM ne font plus escale en Russie et en Ukraine depuis le début du conflit et que des investissements locaux ont dû être stoppés, les volumes perdus sont relativement faibles pour les deux pays. D'autant que le groupe ne transporte ni gaz, ni pétrole, ni blé. A l'inverse, il en a profité pour réaliser « en un temps record » le rachat du transporteur routier Gefco, jusque-là détenu par la société des chemins de fer russes RZD (75 %) et par Stellantis (25 %).
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Pour Rodolphe Saadé, la crise a montré l'importance du transport et de la logistique et les tensions qui frappent actuellement les chaînes logistiques mondiales sont une source d'enseignements pour l'avenir, « qui concernent les échanges mondiaux mais qui engagent aussi la décision politique. » Devant les sénateurs, il a appelé à des réformes pour renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement. Il souhaite même un plan d'investissement ambitieux porté par les pouvoirs publics pour développer, adapter et rendre plus performantes les infrastructures terrestres, et plus particulièrement portuaires, afin qu'elles soient à même de gérer les pics de demande.