Que le coronavirus déborde sur la saison été : la grosse crainte des compagnies aériennes

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Le le 7 février 2020, à l'aéroport international de Wuhan Tianhe (Chine), des passagers font la queue pour monter à bord d'un avion-cargo affrété par le Département d'État américain pour évacuer de Chine les ressortissants américains et canadiens à cause du nouveau coronavirus.
Le le 7 février 2020, à l'aéroport international de Wuhan Tianhe (Chine), des passagers font la queue pour monter à bord d'un avion-cargo affrété par le Département d'État américain pour évacuer de Chine les ressortissants américains et canadiens à cause du nouveau coronavirus. (Crédits : Edward Wang via Reuters (Handout))
Si, heureusement pour les compagnies aériennes, la crise du coronavirus intervient en hiver, période de basse saison, les craintes qu'elle viennent perturber la saison estivale sont fortes. Les réservations pour cette période - la plus profitable - ont déjà débuté. Sans visibilité, les arbitrages en termes de redéploiement des capacités et de maintien des recettes seront compliqués.

Sueurs froides au sein des compagnies aériennes. Si l'impact du coronavirus sur le trafic aérien reste pour l'heure relativement modéré, à l'exception des compagnies chinoises, et que les craintes qu'il fait peser sur l'économie mondiale font baisser le prix du pétrole, la menace est néanmoins réelle pour le transport aérien.

Le poids de l'Asie de manière générale, et de la Chine en particulier, est en effet beaucoup plus important qu'il ne l'était en 2003, à l'époque du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), lequel, combiné à l'intervention des États-Unis en Irak, avait eu un effet dévastateur sur le trafic aérien déjà fragilisé par la crise post 11-Septembre.

Sans remonter jusqu'en 2003, l'association internationale du transport aérien (IATA) explique que depuis dix ans, "450 millions de passagers supplémentaires par an se déplacent de et vers la Chine ainsi que dans le pays". Pour Air France-KLM, par exemple, l'Asie représente 7,5% du chiffre d'affaires. Pour l'heure, les compagnies aériennes naviguent à vue. En Europe, la plupart des transporteurs ont suspendu leurs vols vers la Chine jusqu'a mi-mars, mais les ont maintenus ailleurs en Asie. Chez Air France, les avions qui desservaient la Chine n'ont pas été redéployés sur d'autres zones du réseau. La compagnie tricolore a préféré anticiper des opérations de maintenance.

Si, heureusement pour les compagnies aériennes, cette crise sanitaire intervient en hiver, traditionnellement une période de basse saison dans le transport aérien, les craintes qu'elle viennent perturber la saison été sont fortes.

Quel impact sur la saison été ? La période des réservations a déjà débuté

"Si le nombre de cas continue d'augmenter et que la suspension des vols déborde sur la saison estivale, cela va devenir très compliqué pour les compagnies aériennes", explique Yan Derocles, analyste chez Oddo-BHF. La saison estivale, dans le secteur, s'étend de fin mars à fin octobre et les compagnies de l'hémisphère nord réalisent l'essentiel de leur profits au cour de cette période, en particulier entre juin et août. Or, les billets long-courriers se vendent très longtemps à l'avance et la période de réservation pour l'été a déjà débuté. Aujourd'hui, certains experts tablent sur une fin de l'épidémie en avril.

Si la crise devait grignoter la saison été, période où les compagnies mettent traditionnellement plus de capacités aériennes sur le marché, deux options s'offriront à elles, selon Yan Derocles. "Soit clouer au sol les avions qui desservaient jusque-là la Chine, ce qu'elles font rarement compte tenu des coûts que cela engendre. Soit les redéployer vers d'autres zones géographiques."

Même la sortie de crise sera complexe

Mais, entre les destinations limitées par les droits de trafic, celles où les hausses de capacité doivent être concertées avec des partenaires, et le risque de créer une surcapacité qui ferait baisser les prix, un redéploiement n'est pas non plus évident. Surtout que les autres marchés tirent un peu la langue depuis quelques mois.

Quand elle arrivera, la fin de la crise ne sera pas non plus une partie de plaisir. Les compagnies devront également trancher entre une baisse des prix pour faire repartir le trafic, comme elles l'avaient fait après le SRAS, ou la mise en ligne de capacités limitées afin de maintenir un niveau élevé de recettes unitaires.

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Commentaires
a écrit le 12/02/2020 à 15:56 :
Il suffit juste de changer les destinations, Amérique du nord, Amérique du sud, et Pacifique sud.


Mais les plus belles choses à voir se trouvent en Europe de L'Ouest et Centrale!

Des vols moins chers, donc, plus de vols!

Et magnifique, la concurrence asiatique et moyen-orientale va se ramasser, finir de les ruiner avec les destinations transatlantiques, avec un gros conseil, retirez-vous très vite d'Afrique où la propagation va être XXL!
a écrit le 12/02/2020 à 8:46 :
C'est le moment de négocier les prix !

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