L'attaque d'ampleur perpétrée contre notre réseau ferré dans la nuit de jeudi à vendredi, et dans quatre départements de façon simultanée, a temporairement paralysé une partie du pays le jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris. La résilience de la SNCF a permis au trafic de reprendre progressivement mais rapidement : hier, sept TGV sur dix circulaient sur les axes Nord, Bretagne et Sud-Ouest. Directeur général de la Police nationale de 2007 à 2012, Frédéric Péchenard a eu à gérer l'affaire de Tarnac, fin 2008, à la suite du sabotage de plusieurs caténaires. À l'époque, comme c'est le cas aujourd'hui, la gauche radicale avait été pointée du doigt.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le sabotage subi par le réseau SNCF a entraîné de fortes perturbations à un moment crucial pour la sécurité de la France. N'est-ce pas alarmant ?
FRÉDÉRIC PÉCHENARD - C'est très difficile de sécuriser la totalité d'un réseau ferroviaire. Il est plus aisé de le faire pour l'aviation commerciale. Les trains sont vulnérables en gare, mais aussi sur nos dizaines de milliers de kilomètres de rails. J'en tire deux conclusions. La première est que les responsables ont bénéficié d'une complicité intérieure, car il y a eu plusieurs attaques et de manière simultanée. Même si une des quatre a échoué, cela nécessite d'être bien renseigné. La seconde est qu'on a affaire à des gens déterminés, bien que la finalité de leur sabotage paraisse curieuse. On peut penser, au vu de la sécurisation massive de la cérémonie d'ouverture des Jeux à Paris, qu'ils ont voulu s'attaquer à des endroits moins surveillés. Cet effet d'aubaine est d'ailleurs le risque pour les semaines à venir.