SNCF : face-à-face lundi entre les syndicats et le ministre

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Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF avaient exigé à la mi-avril de rencontrer le chef du gouvernement, excédés après que Matignon eut annoncé d'abord à la presse le projet de filialisation de l'activité fret et la date de fin du recrutement au statut de cheminot (le 1er janvier 2020).
Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF avaient exigé à la mi-avril de rencontrer le chef du gouvernement, excédés après que Matignon eut annoncé d'abord à la presse le projet de filialisation de l'activité fret et la date de fin du recrutement au statut de cheminot (le 1er janvier 2020). (Crédits : Christian Hartmann)
A la veille d'un huitième épisode de deux jours de grève à la SNCF, les syndicats de cheminots hostiles à la réforme ferroviaire seront reçus lundi par un Premier ministre "très ferme" car certains points ne sont "pas négociables".

A la veille d'un huitième épisode de deux jours de grève à la SNCF, les syndicats de cheminots hostiles à la réforme ferroviaire seront reçus lundi par un Premier ministre "très ferme" car certains points ne sont "pas négociables". "Nous ne reviendrons pas sur l'ouverture à la concurrence, nous ne reviendrons pas sur la réorganisation de l'entreprise et sur la fin du recrutement au statut", a réaffirmé Edouard Philippe vendredi sur France Bleu Berry. "Nous l'avons dit, je le répète", a-t-il insisté.

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF avaient exigé à la mi-avril de rencontrer le chef du gouvernement, excédés après que Matignon eut annoncé d'abord à la presse le projet de filialisation de l'activité fret et la date de fin du recrutement au statut de cheminot (le 1er janvier 2020). CGT Cheminots, Unsa ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots avaient alors claqué la porte de la concertation menée depuis début mars par la ministre des Transports Elisabeth Borne, réclamant une réunion avec "celui qui décide". Après avoir refusé dans un premier temps de les recevoir, Edouard Philippe leur avait finalement donné rendez-vous le 7 mai.

Un revirement mis au crédit de la grève par les syndicats. "Le rapport de force a gagné", se félicitait Laurent Brun (CGT Cheminots, 1er syndicat à la SNCF), jeudi, en marge d'un rassemblement à Paris pour mettre le gouvernement "sous pression". M. Philippe recevra les syndicats à tour de rôle dans "un état d'esprit très ouvert et en même temps très ferme", car "cette réforme est nécessaire pour améliorer la qualité de service ferroviaire", a-t-il averti. "Il y a encore des sujets à discuter comme les modalités de reprise de la dette" du groupe par l'Etat, une "question extrêmement importante" à voir "pas simplement avec les organisations syndicales", mais aussi "avec la direction de la SNCF", les associations d'usagers, députés et sénateurs. Adoptée mi-avril en première lecture à l'Assemblée, la réforme sera examinée au Sénat à partir du 23 mai.

Des questions "dans le flou"

"On voit bien qu'on n'est pas dans la conclusion du conflit", qui est entré dans son deuxième mois, puisque M. Philippe "reste sur des positions extrêmement dures", mais les cheminots sont "déterminés à aller au bout", a prévenu M. Brun. Les syndicats "demandent l'organisation de tables rondes de négociations tripartites avec la présence du patronat" pour "clarifier le projet du gouvernement de manière réelle", qu'"on règle les questions en direct" au lieu de rester "dans le flou" et de renvoyer des dossiers à "plus tard", a expliqué le secrétaire général de la puissante CGT Cheminots.

"Toutes les questions de financement sont dans le flou." Et pour le transfert d'agents SNCF dans d'autres entreprises après l'ouverture à la concurrence, "on nous annonce des règles vagues et tout est renvoyé à un futur décret d'application", a-t-il dénoncé. L'Unsa ferroviaire (2e syndicat) dira "avec véhémence" au Premier ministre qu'il sera "impossible" de "négocier une convention collective du secteur ferroviaire digne de ce nom" avant le 1er janvier 2020, une date "vraiment prématurée", a critiqué son secrétaire général, Roger Dillenseger.

"Dix-huit mois, c'est juste insuffisant" et l'UTP (Union des transports publics et ferroviaires, organisation patronale) juge aussi ce délai trop court, a-t-il assuré à l'AFP. SUD-Rail (3e) refusera de négocier "des accompagnements" au projet gouvernemental, dont il réclame "le retrait", et organise une manifestation lundi matin à Paris, devant les Invalides. "En cas d'échec" à Matignon, les syndicats lanceront une "journée sans cheminots, sans train" le 14 mai, a rappelé la CFDT Cheminots (4e), qui veut "une profonde et sincère négociation" pour "sortir de l'impasse". Avec Mme Borne, M. Philippe recevra aussi FO (5e syndicat), l'UTP et des associations d'usagers. Les responsables confédéraux accompagneront les délégations syndicales cheminotes lors de ce round de discussions. "S'il nous invite, j'espère que c'est pour nous dire quelque chose", a relevé Philippe Martinez, le leader de la CGT.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 07/05/2018 à 8:36 :
Comme à la SNCF, tout se passe comme si l’élite technocratique à la tête des entreprises publiques gâchait toute possibilité d’évolution collective faute de savoir négocier avec le petit personnel. Comme si jouer le jeu de la négociation avec les syndicats exposait à un ridicule indigne des codes aristocratiques.

À la SNCF, l’attitude d’Elisabeth Borne a conduit les syndicats à demander une négociation directe avec Matignon. Chez Air France, les maladresses de la direction ont conduit au résultat qu’on connaît. Pendant ce temps, les comptes des entreprises se dégradent et l’économie du pays souffre.

Une autre voie serait possible. Si, au lieu de jouer aux Machiavel, les dirigeants publics pariaient sur une négociation sans concession, mais saine et franche, ils obtiendraient probablement beaucoup plus de résultats et pourraient mener des stratégies beaucoup plus ambitieuses.

Mais cela supposerait que tous ceux qui donnent des leçons de démocratie sociale, de dialogue social et autres balivernes, aux entreprises privées ordinaires appliquent leurs grands principes lorsqu’ils sont en position de le faire. Cette exemplarité-là n’est malheureusement pas le fort de notre haute fonction publique.
a écrit le 07/05/2018 à 0:12 :
Les syndicats disent que la SNCF, c'est la France...voilà pourquoi ils ont un super-statut. Mais ils veulent que l'Etat français reprenne la dette de la SNCF. On passe la dette de la poche gauche dans la poche droite. Mais c'est toujours la dette des Français. Pas un euro en moins en changeant de poche. De toute façon, c'est pas demain qu'ils pourront rembourser la part de dette qu'on va leur laisser car la SNCF va encore devoir s'endetter pour se relancer.
a écrit le 06/05/2018 à 21:24 :
les rentiers de la republique vont exiber leurs muscles!!!! un ebonne revolution et des tetes coupees comme du bon vieux temps, ca les remettrait en place!!!!!! ah ben non j'avais oublie, a gauche on ne coupe que les tetes des autres
a écrit le 06/05/2018 à 8:04 :
le premier sinistre a annoncé clairement son intention de discuter mais sans rien changer : le mème dialogue que "le loup et l'agneau" de La Fontaine !
a écrit le 05/05/2018 à 13:11 :
Il n'y a qu'une solution, c'est d'appliquer la note n°6 du CAE. Mais qui est capable de le comprendre?

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