SNCF Voyageurs vise près de 20.000 recrutements en quatre ans
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Conducteurs et opérateurs font partie des métiers en tension dans les recrutements.
PASCAL ROSSIGNOL
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Conducteurs et opérateurs font partie des métiers en tension dans les recrutements.
PASCAL ROSSIGNOL
SNCF Voyageurs sort d'une période assez « plate » en termes de recrutements, de l'aveu même de Lucile Quessart, directrice des ressources humaines. Entre 2018 et 2021, l'opérateur ferroviaire historique n'a embauché que 1 500 à 1 700 nouveaux salariés par an. Confronté à une reprise plus rapide que prévu, il a dû changer rapidement de braquet et multiplier ses embauches par deux en 2022. Un nouveau cran a été passé en 2023 et 2024 pour accompagner des chiffres de trafic record, avec près de 5 000 recrutements par an. Et Lucie Quessart annonce que ce rythme va se poursuivre encore cette année et la suivante. Sur quatre ans, c'est ainsi près de 20 000 nouveaux salariés qui vont intégrer l'entreprise, qui en compte 65 000 aujourd'hui.
Confiante en sa politique RH, elle assure que SNCF Voyageurs dispose d'un bon niveau d'attractivité, avec près de 250 000 candidatures reçues l'an dernier. Et ce, malgré deux tiers d'emplois dits « à pénibilité », et surtout la fin des embauches au statut de cheminots (depuis 2020, tous les nouveaux salariés sont contractuels et ne bénéficient plus du statut des anciens cheminots avec l'emploi à vie ou la retraite spécifique). Ainsi, un quart des effectifs sont désormais des contractuels, contre 5 % il y a cinq ans. En 2030, ils représenteront la moitié des personnels de SNCF Voyageurs. Face à ce changement majeur, la DRH assure que la SNCF « a fait des choix stratégiques pour soutenir les salariés », mettant ainsi les augmentations de rémunérations au-dessus de l'inflation depuis 2022.
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Ce qui est loin de convaincre Fabien Villedieu, délégué syndical Sud-Rail, qui estime que la société a clairement perdu un puissant levier sans réellement le compenser. Il en veut pour preuve les difficultés à recruter des conducteurs, parlant même de pénurie en Île-de-France. « Il y a encore aujourd'hui des plans de transports adaptés en raison du manque de conducteurs, sur la ligne C du RER par exemple », assure-t-il. Et il ajoute que les contrôleurs sont également concernés par ces difficultés de recrutement.