Soulagement pour La Compagnie : le prêt garanti par l'État est obtenu

Selon nos informations, la compagnie aérienne spécialisée 100% classe affaires entre Paris et New York, a obtenu un prêt bancaire garanti par l'État de 10 millions d'euros. La Compagnie est le premier transporteur français à capitaux entièrement privés à obtenir un PGE.
Fabrice Gliszczynski

4 mn

Ce PGE est un pied de nez à tous les observateurs qui avaient déjà condamné cette jeune compagnie en raison des doutes qu'ils avaient sur la volonté des actionnaires de maintenir leur soutien après avoir refusé l'an dernier de recapitaliser XL, une autre compagnie qu'ils détenaient.
Ce "PGE" est un pied de nez à tous les observateurs qui avaient déjà condamné cette jeune compagnie en raison des doutes qu'ils avaient sur la volonté des actionnaires de maintenir leur soutien après avoir refusé l'an dernier de recapitaliser XL, une autre compagnie qu'ils détenaient. (Crédits : DR)

Article mis à jour à 13h10

Excellente nouvelle pour La Compagnie. Selon des sources concordantes, le transporteur aérien français spécialisé dans les vols 100% classe affaires entre Paris et New York a obtenu un prêt bancaire garanti par l'État (PGE) à hauteur de 90% d'un montant de 10 millions d'euros. Hors Air France, détenu à 14,3% par l'État français, et la compagnie réunionnaise Air Austral, détenue majoritairement par la région, La Compagnie est le premier transporteur aérien entièrement privé à avoir obtenu un PGE. Les compagnies du groupe Dubreuil, Air Caraïbes et French Bee, devraient suivre prochainement.

Pas de besoins supplémentaires

Un ouf de soulagement pour cette compagnie et ses salariés, dont les vols (deux vols par jour entre Orly et Newark) sont arrêtés depuis trois mois. Même si elle a été mise à rude épreuve par la prise en charge tardive du chômage partiel par l'État, la compagnie a su tenir le choc.

"Ce prêt va permettre à La Compagnie d'avancer sereinement", fait valoir un connaisseur du dossier. Selon cette source, "il ne nécessite pas d'être accompagné par des besoins supplémentaires".

Ce "PGE" est un pied de nez à tous les observateurs qui avaient déjà condamné cette jeune compagnie en raison des doutes qu'ils avaient sur la volonté des actionnaires de maintenir leur soutien après avoir refusé l'an dernier de recapitaliser XL, une autre compagnie qu'ils détenaient. D'autant plus que ces actionnaires, qui ont déjà injecté près de 100 millions d'euros depuis le lancement de La Compagnie en 2014 (avec la reprise de XL en 2016), sont également fortement impactés par la crise dans leurs activités respectives. Ces actionnaires sont au nombre d'une quarantaine, des hommes d'affaires, des familles, quelques entreprises ou acteurs institutionnels... On y trouve notamment Charles Beigbeder, Cogepa, Michel Cicurel, le groupe belge SPDG et, le plus important d'entre eux, Motier, la holding de la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette (20%).

"Personne ne sait quelle aurait été leur attitude en cas de refus du prêt", confie à La Tribune un très bon connaisseur de l'entreprise. "En tout cas, ils sont convaincus que le redressement observé l'an dernier avec le changement de modèle de La Compagnie va se poursuivre quand l'activité reprendra."

Un modèle pour la crise, selon les actionnaires

Depuis l'arrivée l'an dernier d'un A321neo neuf, La Compagnie exploite aujourd'hui deux exemplaires de ce type qui lui ont permis de monter en gamme par rapport aux Boeing 757 utilisés jusque-là. Le haut niveau de confort proposé lui a permis de remonter le prix moyen des billets, qui restent néanmoins très attractifs par rapport aux concurrents.

Pour La Compagnie, le rapport qualité-prix sera un atout pour répondre à la baisse des budgets voyage des entreprises. Mais pas seulement. Le transporteur est convaincu que le produit proposé peut également répondre aux attentes des voyageurs sur le plan sanitaire dans le contexte actuel. La faible capacité des avions (76 sièges seulement) entraîne en effet une grande séparation des passagers dans la cabine avec des embarquements et débarquements fluides, sans cohue.

Reste néanmoins une grande inconnue. Quand les vols reprendront-ils et quel sera le rythme de la reprise ? Un point qui dépendra d'abord des levées des contraintes d'entrée aux Etats-Unis et en France, mais aussi du comportement et des capacités financières des passagers et des entreprises. Pour l'heure, le marché corporate est en berne.

Plusieurs scénarios sont à l'étude pour une reprise cet été, à partir de mi-juillet ou début août avec quelques vols par semaine, explique à La Tribune Christian Vernet, le PDG de La Compagnie. Ce dernier prévoit une augmentation des capacités à partir de septembre, avec "une normalisation de l'offre dans les trois mois" qui suivront. Côté du trafic, un retour au niveau d'avant-crise n'est pas attendu avant fin 2021-début 2022.

Si l'offre entre la France et New York s'est limitée à quelques vols d'Air France ces trois derniers mois, elle commence à redevenir plus conséquente. Delta et United ont repris leurs vols à raison de trois par semaine. Delta a d'ores et déjà prévu un service quotidien le 3 juillet. Air France également, à partir du 6 juillet.

Si La Compagnie reçoit un grand bol d'air avec ce PGE, les défis de la reprise restent immenses. Comme pour tous les transporteurs, le redémarrage de l'activité entraîne une hausse des coûts qui sera problématique si la demande n'est pas au rendez-vous.

Fabrice Gliszczynski

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