Politiquement porteuse et écologiquement vertueuse, la gratuité totale ou partielle des bus, tramways et métros gagne du terrain, jusqu’à concerner une petite cinquantaine de réseaux. Derniers convertis en date, ceux de Rouen et Marseille.
Malgré les incertitudes budgétaires et l'hostilité des opérateurs, l'approche des municipales en mars 2026 ranime le débat sur la gratuité des transports publics. A Lyon, Jean-Michel Aulas, candidat pressent, n'a pas tardé à le relancer. En dépit des réserves émises par la majorité écologiste, le président d'honneur de l'OL jure, s'il est élu de supprimer le ticket payant « pour tous les Lyonnais gagnant moins de 2.500 euros mensuels ».
A Rouen et Marseille, la question a été débattue et tranchée durant l'été. Gouvernés respectivement par la gauche et par la droite, les conseils métropolitains ont voté pour une mise en œuvre partielle de la gratuité, à compter de ce 1er septembre.
Pour les moins de 18 ans à Rouen
Dans la capitale administrative de la Normandie, ce sont les moins de 18 ans -y compris les non-résident, qui sont concernés. Dès ce lundi, les quelque 30.000 jeunes qui empruntaient quotidiennement ou occasionnellement le réseau récemment réattribué à Transdev pourront monter dans les bus et les tramways sans s'acquitter du paiement.
La Métropole avait déjà instauré une mesure comparable le samedi pour tous les passagers, lors des pics de pollution et des grands événements ainsi que pour les sorties scolaires. Elle va donc plus loin au nom de l'approche « sociale et écologique » défendue par son président Nicolas Mayer Rossignol (PS).
Objectifs affichés : « soulager le budget des familles », monoparentales en particulier, et « inciter les jeunes à des comportements écologiquement vertueux » dans l'espoir que ceux-ci perdurent ultérieurement. Adoptée à une large majorité, le dispositif n'en pas moins suscité des critiques dans les rangs de l'opposition. Certains élus ont pointé le risque d'engorgement des liaisons déjà saturées tandis que le groupe Horizons a regretté qu'il s'applique à « toutes les familles indistinctement ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Le coût de l'opération est estimé à 4,3 millions d'euros. C'est plus de dix fois moins que ce que coûterait une tarification solidaire (en fonction du revenu et de la taille du foyer) présentée par l'exécutif sortant comme l'horizon du prochain mandat.