À l'approche des élections municipales et/ou régionales, c'est une question à plusieurs milliards d'euros qui revient sans cesse sur la table : la gratuité des transports publics. Dernier à se positionner sur ce sujet : le président d'honneur de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas. Mercredi dernier, celui qui reste pressenti pour être candidat à la mairie de la capitale des Gaules a dévoilé, sur les réseaux sociaux, sa proposition choc : les transports en commun gratuits pour « tous les Lyonnais qui gagnent moins de 2 500 euros par mois ». Une mesure qu'il a chiffrée à 30 millions d'euros et qui pourrait concerner 100 000 habitants.
Sauf que dès décembre dernier, le président écologiste de la Métropole de Lyon, également à la tête de l'autorité organisatrice des transports, Sytral Mobilités, Bruno Bernard, avait rejeté l'idée d'une gratuité totale, « une fausse bonne idée », synonyme selon lui de « baisse de recours à la marche pour les trajets courts », de « saturation accrue du réseau » ou encore de « frein au développement des infrastructures ».
Et pour cause : ce dernier, qui est aussi premier vice-président du Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart), défend un budget d'investissement sans précédent de 2,5 milliards d'euros sur la période 2021-2026 pour financer plusieurs projets d'automatisation, de modernisation et d'extension du réseau lyonnais. Sauf que fin mai, la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes (CRC) s'est émue des investissements annoncés d'ici à 2033, les qualifiant d'« effort d'investissement 2,5 fois plus important que pendant la période précédente ».
César Armand avec Cécile Chaigneau (Montpellier), Florence Falvy (Nantes), Guillaume Fischer (Tours) et Marie Lyan (Lyon)