Violences à Air France : les sanctions tombent, l'adrénaline monte chez les syndicats

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(Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Après le licenciement de quatre salariés suspectés d'être impliqués dans les débordements du 5 octobre, l'intersyndicale était à deux doigts de décider une grève pour le 19 novembre. Trois syndicats de navigants, dont le SNPL, étaient contre.

L'ambiance était très chaude ce jeudi au sein de l'intersyndicale d'Air France. Un appel à la grève pour le 19 novembre, le jour de la prochaine réunion du comité central d'entreprise (CCE), a failli être voté. La quasi-totalité des 13 syndicats de l'intersyndicale était prête à aller à appeler les salariés à la grève, à l'exception du SNPL, le syndicat majoritaire des pilotes, et de deux des trois syndicats de personnels navigants commerciaux représentatifs, le SNPNC et l'UNAC. Le troisième, l'Unsa PNC, était quant à lui favorable à un débrayage.

Le SNPL chahuté

Le SNPL aurait été fortement chahuté, selon un membre d'un syndicat de l'intersyndicale. Selon un autre syndicaliste, «le SNPL ne pouvait appeler à la grève dans la mesure où il n'a pas reçu de mandat en ce sens de son conseil, et les deux syndicats PNC ne souhaitaient pas y aller sans le SNPL».

Au final, la grève n'a pas été décidée, mais l'appel à la mobilisation, déjà annoncé fin octobre, a été maintenu pour le 19 novembre.

Quatre salariés licenciés

Cette montée d'adrénaline trouve son origine dans la notification de licenciement pour fauter lourde envoyée par la direction à quatre des six salariés soupçonnés d'être impliqués dans les agressions de deux directeurs de la compagnie le 5 octobre en marge du CCE. Ce dernier précisait le plan d'attrition de la compagnie annoncé quelques jours auparavant, lequel prévoit 2.900 suppressions de postes si aucun accord de productivité n'est trouvé d'ici à «janvier-février» entre la direction et les syndicats.

Ces quatre salariés ont été licenciés "pour faute lourde" et un cinquième, représentant du personnel, fait l'objet d'une procédure de licenciement spécifique en raison de son statut, a annoncé un porte-parole de la compagnie.

Pour le délégué syndical CGT, une "procédure légale spécifique et plus longue" est engagée, indique la compagnie. Compte-tenu de son statut de salarié protégé, son licenciement doit être autorisé par l'inspection du travail et les instances du personnel consultées.

"Juste et équitable" pour la direction

Ces cinq employés, principalement issus de la branche cargo, sont licenciés "sans indemnité ni préavis", a précisé à l'AFP Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France.

Pour un sixième salarié, les faits "d'accusation d'agressions physiques n'ont pas été retenus", a indiqué le groupe aérien. Selon plusieurs sources syndicales, il fera l'objet d'une mise à pied, mais la direction va "retirer sa plainte pour violence", ne retenant que des "dégradations" à son encontre.

Cinq d'entre eux seront jugés le 2 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny.

Par ailleurs, 11 salariés, tous salariés au sol également, ont également écopé d'une mise à pied sans solde de 15 jours pour avoir participé, selon la compagnie, à l'"effraction" d'une grille d'accès.

La direction a assuré agir "de façon juste, équitable, proportionnée et rigoureuse", ce qui n'a pas convaincu les syndicats interrogés.

Pour les sanctions, elle s'appuie sur des vidéos tournées par des médias.

"C'est juste une farce", "on ne voit personne qui met un coup", mais "juste du chahut", a réagi un délégué FO.

Le représentant CGT "ne tape sur personne", selon Mehdi Kemoune, numéro deux du syndicat.

Il serait "plus intelligent de lever les sanctions", "que la direction laisse son ego de côté". "C'est inadmissible et on se laissera pas faire", a-t-il ajouté.

Pour rappel, officiellement, les syndicats de l'intersyndicale ont indiqué qu'ils ne commenceraient pas les négociations avec la direction tant que les mesures disciplinaires n'auront pas été levées.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2015 à 14:57 :
L'alliance purement opportuniste du 05 octobre entre les volants et les rampants est un échec. La volonté manifeste des protagonistes de politiser le conflit avec l'espoir commun d'une intervention de l'Etat pour debarquer le Pdg de AF KLM a fait pschitt
Une fois de plus le snpl est en échec juste apres une condamnation et les volants se sont remis de facto dans une strategie purement egoistes contraints de négocier en secret pour éviter le plan B qui se traduirait par une attrition de leur carrière et rémunération pendant de nombreuses années...avec une rébellion de la base des pilotes....
Les volants n'ont donc aucun intérêt a faire une nouvelle grève et laissent leurs "camarades" rampants se debrouiller seuls.
Réponse de le 14/11/2015 à 20:55 :
Je partage votre analyse. Le Conseil du snpl et le bureau actuel élu en décembre dernier ont un bilan négatif sur toute la ligne.
En plus d'une image durablement dégradée de manière générale, ils/elles n'ont pas reussit a défendre les intérêts des pilotes comme ils/elles avaient promis pour être élus.
C'est l'échec de la ligne dure avec la menace du plan B que ce bureau se doit d'éviter a tout prix pour rester légitime et ne pas être renversée...
a écrit le 13/11/2015 à 21:27 :
La CGT se croyait à l'abri sur un nuage, elle tombe de haut, la loi s'applique aussi aux syndicalistes en France et heureusement!
a écrit le 13/11/2015 à 18:50 :
Céder au chantage de la C.G.T Communiste aurait définitivement pourrie et tué Air France. A présent, ils comprendront que tout n'est pas permis. Qu'il y a de vraies limites.
a écrit le 13/11/2015 à 16:06 :
De quoi, on ne peut plus casser du patron, mais c'est la grande force du syndicalisme Français, ça et une bonne grève, de celles qui résout tous les problèmes dans la boite
a écrit le 13/11/2015 à 15:03 :
La société a sanctionné les employés comme il se doit et poursuit ses actions pour d'autres sanctions. Le Tribunal viendra alourdir ces mesures et il serait souhaitable qu'il sanctionne durement la CGT ou toute organisation ayant permis ces débordements. On attend une fermeté encore plus grande pour la réorganisation de la société. Comme en beaucoup de points il convient de réformer les grands abus du passé ici comme ailleurs.
a écrit le 13/11/2015 à 13:41 :
Cinéma : après avoir perdu sa chemise la direction baissera son pantalon !
Réponse de le 14/11/2015 à 1:45 :
Bien évidemment : les élections dans 16 mois obsèdent " Moi Président Je "( 17 fois ) ils seront réintégrés sur ordre du vrai Patron du P.S de l'Elysée
a écrit le 13/11/2015 à 13:02 :
L'avantage, c'est qu'on ne parle plus du tout de tous les gens qui font être foutus à la porte pendant ce temps là :-( !
Réponse de le 13/11/2015 à 16:09 :
Ca c'est le problème du syndicat des pilotes, faillite or not faillite ? ?
a écrit le 13/11/2015 à 11:48 :
Assez amusant de ne pas parler des 2 pilotes qui ont utilisés leurs cartes professionnelles pour faire entrer les gens au siège… Que deviennent ils ??? Seront ils sanctionnés pour " abus de confiance " ????
a écrit le 13/11/2015 à 11:47 :
Assez amusant de ne pas parler des 2 pilotes qui ont utilisés leurs cartes professionnelles pour faire entrer les gens au siège… Que deviennent ils ??? Seront ils sanctionnés pour " abus de confiance " ????
Réponse de le 13/11/2015 à 12:06 :
excellente remarque, je pensais a eux justement... c'est beau l'alliance des pilotes avec la Cgt et FO...



Réponse de le 13/11/2015 à 15:07 :
Pour les 2 pilotes, si les journalistes n'en parlent pas, la procédure - un peu plus longue - suit son cours.
Comme quoi, ce n'est pas parce que les journalistes ne parlent pas d'un sujet que ce sujet n'existe plus... et, de manière plus fâcheuse, inversement, ce n'est pas parce que des journalistes évoquent un sujet que ce sujet est exhaustivement explicité.
Réponse de le 13/11/2015 à 15:39 :
ce fut une belle manipulation des volants sur les rampants.
Réponse de le 13/11/2015 à 20:46 :
A Angkor : N ai jamais mis en doute le travail du journaliste, j émettais une supposition de futur article ;-)

A Gloops : l avantage du rampant, il est plus terre à terre ;-)
Réponse de le 13/11/2015 à 20:47 :
A Angkor : N ai jamais mis en doute le travail du journaliste, j émettais une supposition de futur article ;-)

A Gloops : l avantage du rampant, il est plus terre à terre ;-)
a écrit le 13/11/2015 à 11:46 :
Belle occasion que des grèves qui permettent de découvrir qu' il existe d'autres compagnies que la ringarde Air France...
Réponse de le 13/11/2015 à 15:00 :
C'est vrai ça...moi je vole sur Lufthansa !!!! la très allemande, sérieuse et travailleuse.....Hahahahahaha !!!
Réponse de le 13/11/2015 à 15:03 :
Comme Lufthansa, par exemple... :-)
Réponse de le 13/11/2015 à 20:16 :
Lufthansa, ce n'est pas celle qui fait casser les grèves?
a écrit le 13/11/2015 à 11:12 :
J'espère qu'ils ont des preuves plus solides que les images sur lesquelles on ne voit rien
à part un homme aux abois à poil....

De toute façon dans cette histoire la direction et les RH d'Air France sont lamentables...
Réponse de le 13/11/2015 à 20:18 :
La seule chose pitoyable ici est votre soutient à ces minables qui agressent, détruisent, saccagent comme si c'etait banal ...
Je suppose que pour vous les pilotes du vol Air Caocaine sont innocents ...
Réponse de le 13/11/2015 à 21:22 :
Jul, minable, il faut être juge pour juger ça, et ils ne se prononceront qu'en décembre.

Ce qui est minable pour l'instant est que cette compagnie n'ai pas l'attitude décente d'attendre la décision du tribunal avant, si besoin, d'envisager des licenciements.

Ces salariés étaient déjà mis à pied sans maintien de salaire, ça ne suffisait pas comme mesure "conservatoire" ? Pourtant ça permettait d'attendre la décision du juge qui prime sur tout le reste.

Et si un ou plusieurs de ces salariés est innocenté ? Il sera innocent, avec ses yeux pour pleurer côté revenu. Risquer ça, c'est de trop. La DRH aurait des progrès à faire, car de plus pour apaiser le climat, c'est champion.
a écrit le 13/11/2015 à 9:53 :
Voilà le résultat de technocrates à la tête d'Air France, incompétents et incapables de diriger le bateau.
Incroyable, on apprend maintenant par de vrais informations que ce ne sont pas les syndicalistes qui ont arraché la chemise du DRH mais les gens qui l'ont emmené de l'autre côté de la barrière. Là je pense que la direction d'Air France est morte.
De toute façon, il faut la remplacer. Ils ne sont même pas jugés aux résultats qui sont catastrophiques, comme à Alsthom qui à peine intégré dans GE trouve des contrats ! AREVA en chute aussi ! Alcatel a été détruit également par des financiers sans projet industriel. Et bien d'autres échecs et ces dirigeants incapables non seulement continuent mais s'en prenne forcément au personnel.
Tout cela à cause de pseudos grandes écoles qui ont monté un système entre copains pour accéder aux postes de direction des grandes entreprises et du domaine public (voir Hollande). Super résultat ! Il est urgent de changer ! Suppression de l'ENA et de Polytechnique pour commencer, formations transférées avec les moyens remises aux universités pour ouvrir ces postes largement (comme en Allemagne, les résultats sont là).
Réponse de le 13/11/2015 à 13:23 :
Et suppression des études après le bac.
On peut même ajouter : postes de direction réservés aux titulaires d'un CAP.
Là on sera encore plus proche du peuple.
Le changement, c'est maintenant.
Réponse de le 13/11/2015 à 15:05 :
Vous avez parfaitement raison. Il faut virer de Juniac qui aura fait tout son possible face à des autistes et il retrouvera du boulot ailleurs. Puis il faut nommer un mec consensuel qui caressera les syndicats dans le sens du poil et AF sera mise en faillite dans 5 ans. D'ici là il faut que je me dépèche à consommer mes miles....
Réponse de le 13/11/2015 à 17:28 :
FAUX : sur les images, on voit clairement la chemise arrachée AVANT que les RH se retrouvent au pied des grilles !!!
a écrit le 13/11/2015 à 9:04 :
C'est la moindre des choses! Ces syndicalistes, comme certains politiques, se croient au dessus des lois.
Réponse de le 13/11/2015 à 11:13 :
Encore faut il prouver ce que vous dîtes...
Réponse de le 13/11/2015 à 15:31 :
La tentative de lynchage a été filmée et photographiée, les images ont même fait le tour du monde. Il est donc très facile d'identifier les salariés impliqués.

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