Willie Walsh, le directeur général d'International Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways notamment, va quitter le groupe d'ici au 30 juin. Il sera remplacé par Luis Gallego, le patron d'une autre filiale, Iberia. "La Tribune" retrace les faits marquants de sa carrière.Après l'annonce fin décembre du départ de Tim Clark de la présidence d'Emirates Airlines fin juin, un autre géant du transport aérien va lui aussi lâcher les manettes d'un grand groupe. Ce jeudi, Willie Walsh, le directeur général du groupe IAG constitué de British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling, Level et prochainement la compagnie espagnole Air Europa, a annoncé sa démission. Cet Irlandais de 58 ans ne siègera plus au conseil d'administration à partir du 26 mars prochain et quittera le groupe le 30 juin prochain pour, indique le groupe, partir à la retraite. Luis Gallego, le PDG d'Iberia, la deuxième plus grosse filiale du groupe, lui succèdera.
Forcément, même si le groupe explique qu'il partira à la retraite, la simultanéité de l'annonce de son départ avec celle de Tim Clark laisse libre cours à l'imagination de tous les scénarios, notamment celui du remplacement du second par le premier. La volonté de la compagnie de Dubai de recruter les meilleurs (une nécessité alors que la compagnie ouvre une nouvelle page de son histoire, plus incertaine), son côté très anglo-saxon depuis sa céation en 1985, et l'absence constante d'agressivité de Willie Walsh à l'égard des compagnies du Golfe, accusées par Air France-KLM et Lufthansa de leur faire une concurrence déloyale, peut en tout cas donner du grain à moudre à certains pronostics.
Un des meilleurs dirigeants, sinon le meilleur, du transport aérien
Willie Walsh est une figure extrêmement respectée du transport aérien comme il en existe peu dans le secteur. Comme Tim Clark, il est considéré par les spécialistes comme l'un des meilleurs dirigeants de compagnies aériennes, si ce n'est le meilleur. Homme à poigne, peu adepte de la langue de bois, "cost-killer", il a eu un parcours couronné de succès, d'abord à la tête d'Aer Lingus, qu'il sauva entre 2002 et 2005, puis aux commandes de British Airways, où il continua la transformation de la compagnie largement initiée par son prédécesseur, et enfin au pilotage d'IAG, ce groupe né en 2010 du rapprochement de British Airways et d'Iberia, aujourd'hui numéro deux en Europe derrière le groupe Lufthansa en taille, mais de loin le numéro un en rentabilité.