Titres-restaurant : quatre opérateurs dont Edenred et Sodexo soupçonnés de cartel par l'antitrust

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(Crédits : Yves Forestier)
Les quatre principaux opérateurs de titres-restaurant français (Edenred, Sodexo, Up et Natixis Intertitres) sont soupçonnés par le gendarme de la concurrence d'avoir échangé régulièrement - et ce, pendant 13 années - des informations sur leurs stratégies commerciales.

Edenred, Sodexo, Up et Natixis Intertitres risquent d'être sanctionnés par l'Autorité de la concurrence qui les soupçonne d'entente sur un marché estimé à 6 milliards d'euros, rapporte mercredi le Figaro, qui précise que l'antitrust pourrait leur infliger une amende,.

Échanges d'informations sur la stratégie commerciale

L'Autorité de la concurrence "leur reproche d'avoir mis en place un système leur permettant d'échanger régulièrement des informations sur leur stratégie commerciale", écrit le quotidien selon lequel ces spécialistes des titres-restaurants se sont entendus de 2002 à fin 2015.

Elle "leur reproche par ailleurs à ces quatre acteurs de s'être concertés pour contrôler l'entrée de nouveaux acteurs et pour ralentir la dématérialisation des titres-restaurant".

Un mot de commentaire sur cette citation : contrecarrer l'entrée de nouveaux acteurs, c'est bien en général comme cela que l'on comprend une entente anticoncurrentielle, mais "ralentir la dématérialisation", voilà un objectif plus opaque... On espère de prochains éclaircissement de la part du gendarme antitrust.

Toujours est-il que, contacté par Reuters, Edenred a dit n'avoir aucun commentaire à formuler. "C'est une affaire en cours depuis 2015", a dit un porte-parole.

Un nouvel entrant signale des entraves à la libre concurrence

De fait, c'est Resto Flash un nouvel opérateur (un "nouvel entrant") sur ce marché des titres-restaurant qui dépose en octobre 2015 "une saisine relative aux pratiques mises en œuvre par ces quatre sociétés", écrit "Le Monde" dans son article du 10 décembre 2015:

"L'Autorité de la concurrence est saisie d'une plainte à l'encontre des quatre émetteurs « historiques » qui contrôlent ce marché très rentable de 5,5 milliards d'euros [6 milliards en 2019, Ndlr]," écrit "Le Monde".

Les restaurateurs fustigent le triplement "simultané" des commissions

En 2016, Le Figaro rapporte que les leaders du marché des titres restaurants sont à nouveau accusés de cartel, et que cette fois, ce sont deux syndicats de restaurateurs et des hôteliers indépendants qui ont sonné l'alerte auprès du gendarme de la concurrence pour de potentielles pratiques anticoncurrentielles de la part des quatre opérateurs historiques.

"Selon nos informations, le SNRPO (Syndicat national de la restauration publique organisée), le SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale) et la CPIH (Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie) s'apprêtent à déposer une saisine à l'Autorité, pour entente, concurrence déloyale et abus de position dominante collective au détriment de la profession", écrit Le Figaro dans son édition du 28 septembre 2016.

Entre 2005 et 2013, expliquent les plaignants, les taux de commission demandés aux restaurant sont passés de 1% à plus de 3% "de manière simultanée et sans aucune justification économique", rapporte Le Figaro.

Ce même Figaro qui rappelle que, en 2001 déjà, l'Autorité de la concurrence avait condamné Accor Services (devenu Edenred), Chèque Déjeuner, Sodexo et la CRT.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 11/10/2019 à 12:32 :
Les intermédiaires ca coute trop cher.
a écrit le 10/10/2019 à 13:26 :
Le plus simple c'est de verser cet argent en direct sur la feuille de salaire des salariés (avec exonération de cotisations et fiscalité).
Réponse de le 11/10/2019 à 10:56 :
Oui, mais non. Cet argent n'est destiné à être utilisé que lors des déjeuners (voire dîners) des jours travaillés. Impossible de contrôler l'utilisation des fonds s'ils sont versés directement sur la fiche de paye.
Réponse de le 11/10/2019 à 15:52 :
@yolo, vous vous rendez compte de l'absurdité de ce que vous écrivez? Je n'ai pas pu trouver le second degré dans votre commentaire, désolé. Que ce soit un jour travaillé ou un autre, si cet argent est destiné à l'alimentation de l'employé, où serait le problème? Le vrai problème ce sont tous ces parasites qui vivent du travail d'autrui sous couvert de surveiller le bon emploi de l'argent versé aux travailleurs.
Réponse de le 11/10/2019 à 17:03 :
Et si les gens achètent un smartphone avec ces versements (nombreux, faut patienter....) ? :-)
Les titres-restaurants on imagine que ça fait des frais, gestion, fonctionnement, etc toujours bon à encaisser (beurre dans les épinards). Pourquoi vouloir leur ôter ces petits profits accumulés semaine après semaine ?

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