Cartel des embauches : Apple, Google, Intel, Adobe dédommagent les salariés

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(Crédits : reuters.com)
Accusés de s’être engagés mutuellement à ne pas recruter à la concurrence, les géants de la Silicon Valley ont accepté de dédommager les plaignants pour mettre un terme aux poursuites. Ils auraient versé 324 millions de dollars aux 64.000 employés.

C'était une sorte de clause de non-concurrence non écrite dans le contrat de travail, à l'insu des salariés : les plus grandes entreprises de la Silicon Valley s'étaient engagées mutuellement à ne pas débaucher les talents de leurs rivaux. Un pacte de non-agression qui confine à l'entente illégale et leur avait permis de s'assurer une relative modération salariale. Considérant que ce pacte avait nui à leur carrière, des milliers de salariés avaient déposé une plainte en nom collectif en 2011 contre Apple, Google, Intel et Adobe. Le procès devait s'ouvrir à la fin mai et les 64.000 salariés qui s'étaient joint à la plainte réclamaient 3 milliards de dollars en dommages et intérêts. Les quatre géants de la hightech ont préféré transiger : le tribunal du district nord de Californie a annoncé qu'ils avaient conclu un accord avec les plaignants, mettant un terme à toutes les poursuites.

Des emails accablants entre Steve Jobs et Eric Schmidt

Le montant n'a pas été dévoilé mais l'agence Reuters a révélé que les quatre entreprises avaient accepté de payer 324 millions de dollars. Des échanges d'emails accablants entre Steve Jobs, le défunt fondateur d'Apple, et Eric Schmidt, le président exécutif de Google, alors directeur général, puis avec le directeur des ressources humaines d'Apple ne laissaient planer aucune ambigüité et évoquaient l'élargissement de ce pacte à d'autres concurrents. Les quatre groupes avaient déjà conclu un arrangement amiable avec le ministère de la justice après une enquête sur le sujet, s'engageant à ne pas se livrer à de telles pratiques à l'avenir. En juillet 2013, Pixar, Lucasfilm et Intuit, également visés dans cette affaire, avaient accepté d'indemniser les salariés à hauteur de 20 millions de dollars.

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Commentaires
a écrit le 26/04/2014 à 17:07 :
Ce cartel secret existe partout y compris en France. Ainsi les emplois recherchés qui sont proclamés partout comme non-pourvus correspondent à des critères biens particuliers qui ne touchent pas uniquement le talent mais l'historique individuel, familial et de groupe (voire politique) des individus. l'emploi disponible n'est donc pas ouvert à tous. Pour des raisons "techniques" on n'embauche pas une personne qui a quitté son emploi à un niveau équivalent : il est jugé comme instable et pouvant espionner l'entreprise. Ni en raison de ses positions politiques par exemple ou sociales connues sur le mariage gay ou les mères porteuses. Ce phénomène intrusif est estimé par les DRH comme participant à la cohésion du groupe. Un monde nouveau s'ouvre à nous.
Réponse de le 27/04/2014 à 19:02 :
Ce monde n'est pas nouveau, mais il devient systématique. Par ailleurs, l'utilisation des réseaux sociaux, encouragée par ces mêmes entreprises, facilite l’évaluation de la "conformité" du futur recruté au "modèle" de l'entreprise.
a écrit le 26/04/2014 à 9:13 :
La concurrence est faussée aussi en France. Par exemple, on nous dit qu'il y a pénurie d'informaticiens alors que les salaires à l'embauche ont considérablement baissés. Lorsque j'ai quitté ma société pour divergence éthique, mon patron m'a clairement indiqué qu'il s'arrangerait pour que je ne retrouve plus de travail dans mon domaine d'expertise, et il a réussi... Il n'y a pas qu'aux USA que les salariés sont spoliés.
a écrit le 26/04/2014 à 1:30 :
De toutes façons, si les patrons ont modéré la masse salariale ça a fait augmente les actions et comme les employés de la silicon valley ont pleins de bonus payes en actions et stock options ils ne perdaient sans doute pas au change...
a écrit le 25/04/2014 à 16:07 :
324M$/64k salariés = 5062$ chacun => c'est rien quand on pense aux salaires dans la silicon vallée...1 mois de salaire, ce n'est pas cher payé pour porter plainte contre son employeur, en attendant le retour de baton...
a écrit le 25/04/2014 à 14:13 :
Il ne s'agit finalement que d'une affaire comptable : quel est le coût pour quel profit ? quelle est la marge nécessaire pour dominer le marché de con-sommateurs goulus de mes appâts, sans être enquiquiné par des juristes maléables ?

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