Hervé Morin : « Être là où l’Etat n’est pas ou pas assez »
Nathalie Jourdan
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Hervé Morin, président de la région Normandie.
Gonzalo Fuentes
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Hervé Morin, président de la région Normandie.
Gonzalo Fuentes
LA TRIBUNE - Il est à craindre que certains territoires mono-activité ne sortent essorés de la crise sanitaire. Quel regard portez-vous sur la situation en Normandie ?
HERVÉ MORIN - Il existe une grosse part de casse invisible qu'il est encore difficile de percevoir mais les indicateurs de la Banque de France montrent des perspectives encourageantes dans certains secteurs manufacturiers fortement représentés ici comme l'agroalimentaire, la chimie ou encore la pharmacie où 300 millions d'euros d'investissement sont annoncés. Contrairement à d'autres régions, je pense au bassin toulousain par exemple, on ne déplore pas de casse gigantesque dans une branche ou une autre parce que le tissu économique est plus diversifié. J'ai même de sérieux espoirs de reprise pour des entreprises industrielles qui étaient en difficulté avant la crise comme la Chapelle Darblay, Vallourec ou Manoir Industries. Nous avons aussi la chance de disposer d'un ressort de croissance avec les énergies renouvelables et, je l'espère, avec l'implantation d'un second EPR à Penly.
Après le « quoi qu'il en coûte » d'Emmanuel Macron, vous avez lancé, à l'automne dernier, un plan de relance de 515 millions d'euros. Quelle est sa philosophie ?
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Pour préparer la relance, encore fallait-il que les entreprises restent debout. C'est pourquoi nous avons cherché d'abord à préserver ce qui pouvait l'être. Nos dispositifs ont d'ailleurs été rebaptisés « Résistance » pour incarner cette volonté. J'ai ensuite demandé aux services et l'Agence de développement économique de concevoir des mécanismes innovants qui viennent en complément du plan de relance national, pour aller là où l'Etat n'est pas ou pas assez. C'est dans cette optique que nous avons repêché près de 30 entreprises qui n'avaient pas été retenues dans l'appel d'offres territoires d'industrie et que nous déployons, avec le réseau des experts-comptables, un fonds de prêts participatifs assimilables à des quasi fonds propres pour permettre à des PME de sortir par le haut du PGE en préservant leurs capacités d'investissement. C'est aussi pour cela que nous avons mis en place, avec les intercommunalités, un fonds de solidarité pour les TPE. Par ailleurs, nos anciens dispositifs restent mobilisés... et inspirants. Je note avec satisfaction que Laurent Wauquiez a lancé, il y a peu en AURA, ce qui est présenté comme le premier fonds souverain régional à 100 millions d'euros qui est en réalité le second après le nôtre dont la création remonte à 2016.
Nathalie Jourdan