À Dunkerque, ArcelorMittal veut produire de l'acier "vert"
Juliette Raynal à Dunkerque
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Juliette Raynal
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Juliette Raynal
Un site industriel qui s'étend sur 450 hectares, un labyrinthe de conduites de gaz, 115 kilomètres de voies ferrées, des montagnes de minerais de fer, des collines de ferraille. Ici et là, des fumées qui s'échappent sur un terrain venteux aux couleurs ocres qui borde la mer du Nord. Et chaque jour 200.000 tonnes d'aciers produits, soit l'équivalent de trois tours Eiffel. L'usine d'ArcelorMittal à Dunkerque (Nord) est un lieu hors normes. Ses volumes de production sont vertigineux. Ses émissions de carbone le sont tout autant. Chaque année, le plus gros site européen du numéro un mondial de l'acier rejette 11 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère. A elle seule, l'usine, née en 1962 sur les rives du troisième port de l'Hexagone, représente ainsi 3,6% du total des émissions annuelles de l'industrie française (environ 305 millions de tonnes de CO2).
Alors que l'Accord de Paris fêtera son cinquième anniversaire dans quelques semaines, et que toutes les parties prenantes sont invitées à revoir à la hausse leurs engagements, ArcelorMittal s'est lancé dans un projet ambitieux mais indispensable pour tenter d'endiguer le changement climatique: décarboner son activité afin de produire de l'acier "vert". Dans cette optique, il s'est fixé deux objectifs : diminuer ses émissions de CO2 de 30% à l'horizon 2030 en Europe, puis atteindre la neutralité carbone dans le monde à l'horizon 2050.
Le défi est colossal car l'industrie sidérurgique reste une très grande consommatrice de charbon. Ce combustible riche en carbone est utilisé, sous forme de coke, pour fabriquer de la fonte liquide par fusion du minerai de fer oxydé. Ce procédé industriel est mis en oeuvre dans les hauts fourneaux, dont deux sont en activité sur le site de Dunkerque (le troisième étant arrêté en raison de la pandémie du coronavirus qui a fait chuter la demande, notamment du secteur automobile).
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Dans le détail, le coke et le minerai de fer sont introduits par couches en haut du fourneau, qui prend la forme d'une tour de 90 mètres de haut et de 12 mètres de diamètre. L'air chaud (1200 degrés) pulvérisé en bas du fourneau réagit avec le coke et forme un gaz de réduction qui permet d'absorber l'oxygène du minerai de fer pour obtenir de la fonte liquide. C'est par ce phénomène chimique qu'est émis le CO2. Grâce à plusieurs siècles d'optimisation, ce procédé industriel est aujourd'hui extrêmement efficace, mais il est aussi très polluant.
Juliette Raynal à Dunkerque