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Aux États-Unis, la fièvre du pétrole de schiste est retombée

Jérôme Marin

Publié le 19 novembre 2019 à 06:45 - Mis à jour le 09 mars 2020 à 12:35

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La région située entre le Texas et le Nouveau-Mexique est désormais le premier bassin de production mondial.

La région située entre le Texas et le Nouveau-Mexique est désormais le premier bassin de production mondial.

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Après plusieurs années fastes, le secteur est de nouveau à la peine, rattrapé par son modèle économique bancal et par son endettement colossal.

Dans le bassin permien, une vaste région aride à cheval sur le Texas et le Nouveau-Mexique, les puits de pétrole tournent à plein régime. Depuis une dizaine d'années, la fièvre de l'or noir a reconquis cette zone grande comme un tiers du territoire français. Ses origines : la fracturation hydraulique, une méthode aussi controversée qu'efficace pour débloquer le potentiel jusqu'alors inexploité des roches de schiste. Ces gisements ont propulsé la région au rang de premier bassin de production mondial. Chaque jour, près de 5 millions de barils en sont extraits. C'est davantage qu'aux Émirats arabes unis et qu'au Koweït. Et presque autant qu'en Irak.

Grâce au développement du pétrole de schiste, la production américaine a doublé en sept ans, permettant aux États-Unis de redevenir, quarante-cinq ans plus tard, le premier producteur mondial, devant l'Arabie saoudite et la Russie. Fin 2018, le pays est même temporairement redevenu exportateur net.

Réalité contrastée

Derrière cette réussite se cache cependant une réalité bien plus contrastée : des dizaines de faillites, des dettes abyssales à rembourser, des investisseurs qui demandent des comptes et des doutes grandissant sur la pérennité de la filière.

Ces difficultés se traduisent dans l'évolution de la production de pétrole de schiste. Au cours des neuf premiers mois de l'année, celle-ci n'a progressé que de 9%, selon les données de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). En 2018, elle avait grimpé de 27%, et de 39% en 2017. Cette tendance devrait se poursuivre.

«Nous allons connaître une chute du taux de croissance,anticipait en août Scott Sheffield, directeur général de Pioneer Natural Resources, société texane spécialisée dans l'exploration.Probablement, une croissance nulle pour la plupart des acteurs. »

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La crise qui menace ne serait pas la première. À partir de 2014, le secteur a en effet dû affronter l'effondrement des cours. En moins de deux ans, le prix du baril est divisé par quatre. Car l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) inonde le marché de brut pour éliminer cette nouvelle concurrence. Le schiste américain vacille - la production chute de plus de 10% et une centaine d'entreprises d'exploration-production (E&P) font faillite. Mais il résiste. « Les sociétés ont obtenu de meilleurs prix de leurs fournisseurs et ont gagné en efficacité, notamment grâce à l'injection de sable, qui a permis d'améliorer les rendements », rappelle Rene Santos, de S&P Global Platts. Cette résistance paie: l'Opep change de cap, faisant remonter fortement les prix... et relançant les investissements dans le bassin permien.

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Jérôme Marin

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