Pour respecter l'accord de Paris, les géants du pétrole vont devoir réduire leur production

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(Crédits : Reuters)
Selon l'organisation britannique Carbon Tracker, Total et les grands groupes pétroliers et gaziers doivent significativement la voilure.

Quatre ans après l'accord de Paris sur le climat, les grands groupes pétroliers et gaziers mondiaux sont encore loin du compte, dénonce Carbon Tracker. Dans une étude publiée vendredi 1er novembre, le think tank britannique assure en effet que ces géants de l'énergie fossile, dont fait partie Total, vont devoir réduire leur production d'un tiers au cours des 20 prochaines années pour tenir les objectifs fixés en 2015.

"L'industrie tente d'avoir le beurre et l'argent du beurre: réassurer leurs actionnaires et se apparaître favorable à l'accord de Paris, tout en produisant davantage d'énergie fossiles", souligne Mike Coffin, analyste de Carbon Tracker.

L'accord - signé par des États et qui ne concerne pas directement des entreprises privées - s'engage sur un objectif de réchauffement de "nettement en dessous de deux degrés" par rapport à l'ère pré-industrielle, et si possible 1,5 degré.

Total dans la moyenne

Les émissions de CO2 contribuant au réchauffement climatique selon un modèle connu, il est possible de calculer un "budget carbone" planétaire pour différents scénarios. Au rythme mondial d'émissions actuel, le "budget" d'un scénario à 1,5 degré sera épuisé dans 13 ans, celui à 1,75 degré dans 24 ans, souligne Carbon Tracker.

Pour rester dans le "scénario" de l'accord de Paris, les sept "majors" du pétrole et du gaz (les américaines ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips, l'anglo-néerlandaise Shell, la française Total, la britannique BP, l'italienne Eni) vont ainsi devoir réduire leurs émissions totales de 40% et leur production de 35%, calcule l'ONG.

"Si les entreprises assurent soutenir l'accord de Paris, elles prévoient de produire toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon", souligne Andrew Grant, de Carbon Tracker. Plusieurs compagnies se sont en effet engagées à réduire l'intensité de leurs émissions en matière de production, tout en laissant la porte ouverte aux hausses de production globale, la demande mondiale en énergie ne cessant de croître.

Selon l'étude, c'est ConocoPhillips qui doit faire le plus de coupes, avec une réduction de sa production et de ses émissions de 85%, contre 10% seulement de la production (et 15% des émissions) pour Shell. Total se situe dans la moyenne: l'entreprise française doit abaisser sa production de 35% et ses émissions de 40%.

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Commentaires
a écrit le 05/11/2019 à 10:21 :
On ne comprend pas bien les objectis de ce think tank avec cette étude qui pose le problème à l'envers. Une pétrolière, produit du pétrole, c'est son essence (si on peut se permettre), sa raison d'être. Tant qu'elle a des clients, tant qu'elle peut produire en respectant les réglementations en vigueur, pourquoi se saborderait-elle? Si demain, toutes les pétrolières arrêtaient simultanément d'exploiter dans une subite prise de conscience de l'urgence climatique, les gouvernements s'empresseraient de les contraindre à une reprise immédiate d'activité pour ne pas paralyser les économies. Isoler l'enjeu climatique du reste des enjeux sociétaux, voire géostratégique, est de la douce utopie et d'une grande naïveté. La réduction de la production pétrolière ne sera pas le fruit d'un acte volontariste des pétrolières mais les conséquences des décisions coordonnées des gouvernements et une augmentation progressives des contraintes jusqu'à rendre l'exploisation du pétrole non rentable.
Enfin, il est troublant que ce rapport ne fait référence qu'aux entreprises occidentales. a croire que Russes, Chinois et autres vivent sur une autre planète.
Réponse de le 06/11/2019 à 3:57 :
Notre pays a déjà une très belle expérience sur la suppression de matière première. On peut faire le parallèle avec la santé. Pendant plusieurs décennies le nombre de médecins formés a diminuer drastiquement. Resultats : Depuis 20 ans on a recours à des médecins, chirurgiens étrangers pour faire tourner nos hôpitaux. Auquel s'ajoute le désert médical de généraliste en zones rurale et urbaine. Il serait intéressant de poser la question sous cet angle à nos "élites dirigeantes" et à la technostructure qui gère, de fait, le pays....
a écrit le 05/11/2019 à 4:10 :
Quelle gag, qui va respecter ces accords alors qu'aujourd'hui les Etats Unis viennent de confirmer qu'ils sortaient définitivement des accords de Paris en 2020.
Cette hypocrisie mondiale sur le réchauffement climatique qu'on attribue aux énergies fossiles par facilité alors que la seule cause en est la démographie mondiale que l'on ose pas maîtriser par idéologie !
a écrit le 04/11/2019 à 21:20 :
Comment voulez vous que des entreprises dont le fond de commerce depuis près d'un siècle est la production d'hydrocarbures, s'engagent à produire moins?

Si les majors réduisent leur production, ne serait que de 10%, les prix flamberont et on les accusera de manipuler les cours. Si elles produisent plus, on les accusera de tuer la planète.
Les politiciens sont incohérents et ils sont shootés aux taxes sur les carburants.

Pour autant, la plupart des majors et c'est particulièrement vrai pour Total, sont déjà engagées dans des procédures de mutation, avec la constitution de départements entiers de recherche dans les énergies renouvelables.

La décarbonation se fera naturellement au fur et à mesure de la désaffection des clients. Ceux ci vont acheter des véhicules moins gourmands, voire électriques, passer au chauffage bois et à la cuisinière vitroceramique.

En attendant les producteurs font ce que leurs clients attendent d'eux. A savoir leur fournir une certaine quantité d'énergie à un prix raisonnable.
a écrit le 04/11/2019 à 20:36 :
C'est quoi cet ostracisme envers tout mes commentaires !Il n'y en a pas un seul qui passe ,'''''ça plait pas au moderateur ou quoi ''''''Cette censure est innaceptable et nuit à l'image de marque de la Tribune !Que dire à ses connaissances ses amis ses voisins sa famille de ce journal qui bride la liberté d'expression si ce n'est du mal ...........!
a écrit le 04/11/2019 à 18:32 :
Comment pouvez-vous écrire à la fois que cet accord ne concerne pas directement les entreprises et qu'elles vont devoir réduire leur production pour l'appliquer ? Il faut choisir : ou l'accord ne les lie pas et elles feront comme le marché le décidera, ou elles doivent réduire leur production parce que l'accord les y contraint ; on en est loin et elles peuvent aussi espérer réduire leurs émissions autrement qu'en diminuant la production.... Ne nous affolons pas si vite !
a écrit le 04/11/2019 à 12:32 :
L'accord de Paris est une pantalonade .Il y a un excellent article sur lui à lire sur wikipedia .On y apprend que ces engagement d'états ne sont que verbaux ,qu'il n'y a aucun controle internationnal pour savoir si ils sont suivis ,et qu'il n'y a aucune contrainte pour ceux qui ne les respecteraient pas .Faire un accord comme ça c'est trés facile,c'est pour ça que beaucoup de pays les ont signés.Comme les promesses ,les accords de Paris n'engagent que ceux qui y croient la France elle meme sensée donner l'exemple ne les respecte pas c'est tout dire ............
Réponse de le 04/11/2019 à 15:55 :
S'ils y vont et retournent pour ne rien se dire....Je suis sûr que les chambres doivent être TRÈS confortables..., les repas exquis, et les frais de déplacements en rapports. Le tout sous aucun contrôle! Ils auraient tord de s'en priver. A leur place je ferai pareil!
Nos gouvernants sont la plus part du temps d'une crasse inefficacité , mais faut reconnaître en bouffe et consort ils sont d'une efficacité redoutable...
a écrit le 04/11/2019 à 11:15 :
Quand des objectifs sont stupides parce qu’irréalistes, il n’est pas interdit de les aménager !!! L’Histoire et la pratique quotidienne, notamment dans les entreprises, le montrent clairement .......
a écrit le 04/11/2019 à 11:10 :
Je me demande pourquoi on gaspille autant d'énergie pour régler un problème dont on sait d'avance qu'il n'y a pas de solution.
Trop d'intérêts privés(financiers) sont en jeu, et ils sont supérieurs à l'intérêt collectif. La pollution va inexorablement augmenter et la Terre cuire. C'est donc à chacun de se débrouiller avec ce problème et tenter individuellement de se protéger...et contrairement aux "politiques" avoir une vision à long terme.
a écrit le 04/11/2019 à 10:29 :
mais oui, evidemment!
ils vont baisser leur culotte, et pendant ce temps on ne va rien demander aux russes et aux chinois ( et aux saoudiens et aux iraniens, et.......)
et le citoyen lambda qui va aller a son boulot a 30 km de chez lui, il va y aller en velo, avec les gosses sur le porte bagage! mais c'est evident pour les fascistes verts!
ou alors ils acheteront quand meme de quoi se deplacer ' a des gens qui vont leur procurer', mais ca c'est impensable, pas vrai?
ca ba baisser tout seul car ca deviendra trop cher a sortir, le reste c'est du flan
a écrit le 04/11/2019 à 10:08 :
IL faut sauver le pétrole qui ne vaut plus rien en pleine crise économique mondiale et en pleine production américaine. Heureusement il y a l'accord de Paris ! On va encore souffrir nous autres productifs français dont les taxes anéantissent notre pouvoir d'achat...

Régulation piège à gonds.
Réponse de le 04/11/2019 à 14:45 :
Il faut voir le bon coté des choses : Pour sauver la planète, il faut réduire la consommation. Or les taxes réduisent votre pouvoir d'achat, dont font baisser la consommation, donc sauvent la planète. On ne peut pas sauver la planète et accroître le pouvoir d'achat, c'est juste impossible !

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