Climat : COP26, chronique d'un échec annoncé?
Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Marrakech, Bonn, Katowice, Madrid... et maintenant Glasgow. La vingt-sixième conférence climat des Nations-Unies, décalée d'un an du fait de la crise sanitaire, démarrera ce dimanche dans la métropole écossaise, et se tiendra jusqu'au 12 novembre. C'est peu dire qu'elle concentre les espoirs autour de la conclusion un nouvel accord global ambitieux. Et pour cause, son enjeu est existentiel : sauver le monde, ou « condamner l'humanité à un avenir infernal », a alerté il y a quelques jours le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Mais alors que ni Vladimir Poutine, ni Xi Jinping n'ont répondu présents, la partie semble loin d'être gagnée. D'autant que le contexte international, excité par la crise de l'énergie et les tensions sino-américaines, ne facilitera pas la tâche aux négociateurs. Jusqu'à nourrir de nombreuses craintes sur un échec probable - son hôte, le premier ministre britannique Boris Johnson s'étant lui-même déclaré « très inquiet » quant à l'issue des pourparlers.
Il faut dire que depuis le retentissant accord de Paris signé en 2015 lors de la COP21, ces rencontres en grande pompe sonnent plutôt comme une succession de promesses non tenues. Après l'échec du protocole de Kyoto de 1997, les cartes avaient pourtant été rebattues à Paris. Presque 200 pays s'étaient engagés à maintenir les températures en-dessous de 2°C, si possible de 1,5°C, d'ici à la fin du siècle par rapport à l'ère pré-industrielle, et à atteindre la neutralité carbone à mi-chemin. Une avancée diplomatique majeure, signe que les Etats pouvaient voir loin et agir de concert afin de répondre à l'urgence environnementale. Et six ans plus tard, force est de constater que le monde a bien infléchi ses émissions de gaz à effet de serre, avec une baisse de 7% de celles-ci en 2020.
À lire également
Mais la préservation du climat n'est pas entrée dans l'équation : après le plus dur de l'épidémie de Covid-19, la courbe est repartie à la hausse, pour atteindre en 2021 son niveau d'avant-crise. Aucun réel tournant n'a été opéré : en tout, les plans de relance n'ont fléché que 3% des investissements vers les énergies bas carbone, a fait savoir jeudi l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent », disait Albert Enstein. A Paris, le résultat souhaité était clair... les moyens beaucoup moins.
Marine Godelier