Fukushima : dix ans plus tard, la décontamination des sols reste un casse-tête
Juliette Raynal
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Photo d'illustration
Olivier Evrard
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ll y a dix ans jour pour jour, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située juste en face de l'océan, est heurtée par un mur d'eau de près de 15 mètres de haut. L'archipel vient d'être frappée par un terrible tsunami provoqué par un séisme sous-marin d'une amplitude inédite. La centrale est alors privée de courant, et ses groupes électrogènes de secours, noyés, ne fonctionnent plus. Ne pouvant plus être refroidis, les cœurs de trois de ses six réacteurs entrent en fusion et plusieurs explosions surviennent les jours suivants. C'est la plus grande catastrophe nucléaire après celle de Tchernobyl en 1986.
Ce triple événement a causé la mort et la disparition de plus de 18.000 personnes au Japon. Les explosions, qui ont rompu l'enceinte de confinement des réacteurs détruits, ont aussi eu des conséquences majeures pour l'environnement, avec le rejet de quantités importantes de substances radioactives dans l'atmosphère contaminant les terres aux alentours. Parmi ces substances, le césium 137, un des produits de fission de l'uranium.
Deux ans plus tard, les autorités japonaises entament alors un vaste programme de décontamination des sols sur une zone de 9.000 mètres carrés, soit l'équivalent, peu ou prou, de la Corse. Le chantier est colossal. Quelque 16.000 ouvriers sont mobilisés et la région est transformée par les balais incessants de camions.
Juliette Raynal