L’agriculture européenne peine à réduire ses émissions

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En France, le Haut Conseil pour le Climat, a relevé une diminution de 8 % des émissions du secteur agricole entre 1990 et 2018. Mais les émissions se sont stabilisées sur la période 2015-2018 à -0,1% par an.
En France, le Haut Conseil pour le Climat, a relevé une diminution de 8 % des émissions du secteur agricole entre 1990 et 2018. Mais les émissions se sont stabilisées sur la période 2015-2018 à -0,1% par an. (Crédits : DR)
Le secteur agricole européen n’est presque pas parvenu à réduire ses émissions depuis 2018, pointe un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement publié le 10 mars. Un article de notre partenaire Euractiv.

L'agriculture est un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre en Europe. Mais il peine à réduire ses émissions, a pointé un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement publié le 10 mars.

Dans ce rapport, l'agence s'est penchée sur les efforts fournis en matière de réduction des émissions par les secteurs de l'agriculture, du bâtiment, des transports et des petites et moyennes entreprises, qui ne sont pas couverts par le système d'échange de quotas d'émissions.

Rassemblés, ces secteurs pèsent environ 55% des émissions européennes, alors que les secteurs de l'énergie, des industries lourdes et de l'aviation, dont les émissions sont contrôlées dans le cadre du marché européen du carbone, représentent le reste (45%).

Pour permettre à l'Europe d'honorer ses promesses en matière de réductions des émissions, les secteurs couverts par le rapport doivent réduire collectivement de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Une réglementation européenne ventile entre les États membres les efforts à réaliser.

Cet objectif de 30% est une contribution non négligeable aux objectifs climatiques globaux de l'UE, qui tablent sur une baisse des émissions de 40% d'ici à 2030. Et d'autant plus nécessaire que l'UE est en passe de renforcer ses objectifs avec la nouvelle loi climat présenté par la Commission européenne le 4 mars dernier. Le texte prévoit de relever le niveau de baisse des émissions de 50% à 55% pour 2030.

Des émissions stables

Mais alors que l'Europe est à mi-chemin pour atteindre ses objectifs de 2030, l'Agence européenne estime que les pays de l'UE vont devoir doubler leurs efforts actuels. Faute de quoi les ambitions climatiques affichées par l'UE pourraient rester lettre morte.

Les secteurs de l'agriculture, du bâtiment, des transports et des petites et moyennes entreprises n'ont en effet baissé leurs émissions que de 11% sur la période 2005-2018 que couvre l'étude, soit à peine plus qu'un tiers des efforts attendus d'ici à 2030. Et l'agriculture fait particulièrement figure de mauvais élève puisque la baisse n'est que de... 1%. Autre mauvais élève, le secteur des transports n'est parvenu à réduire ses émissions que de 8%.

« Les secteurs du transport et de l'agriculture ont fourni des baisses d'émissions très limitées entre 2005 et 2018 », relève d'ailleurs le rapport.

Selon le rapport, un certain nombre de mesures pourraient être mises en œuvre pour accélérer la décarbonatation de l'agriculture, parmi lesquelles le soutien aux exploitations s'attelant à réduire les émissions de l'agriculture, à l'agriculture biologique et un renforcement des exigences en matière d'engrais.

Pour autant, l'AEE n'affiche pas un grand optimisme sur le potentiel du secteur agricole en matière de réduction des émissions. « Les États membres et le Royaume-Uni indiquent un potentiel limité de réduction des émissions pour ce secteur », signale l'Agence.

En France, le Haut Conseil pour le Climat, a relevé une diminution de 8 % des émissions du secteur agricole entre 1990 et 2018, dans son rapport annuel. Mais les émissions se sont stabilisées sur la période 2015-2018 à -0,1% par an. Une tendance qui met le secteur sur les rails de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) du pays, dont les objectifs pour le secteur agricole sont néanmoins modestes. En effet, la stratégie vise une réduction de 20 % des émissions de l'agriculture française entre 2015 et le quatrième budget carbone, prévu pour  2029-2033.

> Lire aussi : notre dossier spécial "L'agriculture face au défi de la transition alimentaire":

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Par Cécile Barbière, Euractiv.fr

(Article publié le jeudi 12 mars 2020 à 09h46, mis à jour le jeudi 12 mars 2020 à 12h16)

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a écrit le 13/03/2020 à 12:46 :
L' UE est avant tout malade d'un lobbying débridé qui représente plus de 2000 instances qui influencent directement le vote des députés européens et tt particulièrement le lobbying de l'agrochimie avec des firmes comme Bayer/Monsanto et Syngenta/Chemchina pour les plus importantes.
Pour un futur proche, cpte tenu de la sensibilité croissante des consommateurs sur les questions environnementales et la santé alimentaire ( avec notamment la diminution de la consommation de viande et de graisses animales ), on peut espérer un durcissement de la Commission et du Parlement sur les lois et normes relatives aux engrais chimiques et pesticides avec un encouragement à la généralisation des engrais organiques ou mieux "verts", à un développement des recherches sur les pesticides naturels, aux pratiques agricoles raisonnées ou mieux bio avec la diminution du poids de l'élevage intensif ( générateur de GES car très gourmand en alimentation végétale industrielle, en produits vétérinaires et producteur de méthane chez les ruminants, et de plus contraire au bien être animal ).
Ils se doivent du reste de réorienter progressivement les aides de la PAC dans ce sens.
Si l'UE s'engage fermement sur une telle orientation agricole vers plus de respect environnemental tt en améliorant la santé et en préservant l'autosuffisance alimentaire, elle peut servir de référence planétaire dans le domaine de l'agroalimentaire ou au moins d'exemple vertueux ds le monde occidental.
a écrit le 13/03/2020 à 11:58 :
Glysophate pesticides et retraites le nerf de la guerre pour attirer les votes des agriculteurs qui votent plutôt à droite LR ou RN . On n'en pas fini de ces deux fléaux .
a écrit le 13/03/2020 à 11:15 :
C'est vrai que cela est difficile de réduire ses émissions du jour au lendemain surtout quand on a des échéances a tenir! Et c'est bien a cause de cela que ce n'est pas fait! Ils n'ont pas le temps et les moyens de mettre d'autre procédure et connaissance en route!
a écrit le 13/03/2020 à 10:43 :
Et l'interdiction du glyphosate et les taxes sue les produits phytos ne feront qu'accentuer le phénomène puisqu'il faudra davantage de travail du sol pour compenser
a écrit le 13/03/2020 à 10:24 :
On remarque que la part du Bio augmente en France, mais que cela n'a donc pas d'impact sur les émissions de gaz à effet de serre.. les fausses solutions ne marchent pas évidemment..
Réponse de le 13/03/2020 à 16:23 :
En quoi le bio, à part moins polluer les sols (dans le principe qui est affiché) serait moins carboneur ? Hors transport de nourriture, mais bio ne veut pas dire ne mange que ce qui est à proximité, trop d'élevage nécessite plus qu'on ne peut leur donner en production nationale, il faut importer (= CO2).
Et si ça jouait à -0,2%, c'est déjà ça sauf que ça ne se voit pas trop. La pratique qui fait chuter de 50% le CO2 généré, ça sera de la magie. :-) On vise -40% d'ici 2030 je crois (2040 ? 50 ? :-) ).
Comme l'eau, 70% agriculture & élevage, 20% industrie, 10% les particuliers. Réduisons notre consommation de 50% ça fera 75, 20, 5, y a beaucoup besoin d'arroser (le maïs consomme autant que blé mais au mauvais moment).
a écrit le 13/03/2020 à 10:18 :
Vous avez raison, continuez de censurer la vérité c'est ça qui va faire avancer l'UE comme elle a toujours avancé depuis 1957...

L'UE est en mort cérébrale, vous êtes aveugles par seul intérêt pas nous du coup, débranchez le tuyau bon sang !
a écrit le 13/03/2020 à 8:36 :
Et c'est fatiguant d'avoir toujours raison dans ses prévisions je peux vous le garantir... -_-

Mais bon s'il y a vraiment un secteur oligarchique figé et totalement gangrené c'est bel et bien celui-là. Sans s'attaquer à l'oligarchie profondément obscurantiste de cette activité nous n'arriverons à rien or l'UE a été faite aussi par ces gens là.

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