Le monde agricole cherche la réponse à l'agribashing
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Pascal Rossignol
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« L'agriculture vous tend les bras. » Le thème choisi pour la 57e édition du Salon international de l'agriculture (SIA), qui se tiendra du 22 février au 1er mars à Paris, incarne un vœu: celui de recréer du lien entre le milieu agricole et un pan croissant de la société française, mécontent de ses pratiques. En 2019, cette tension semble s'être exacerbée. Sondages et études de marché confirment un constat désormais quotidien: chez les consommateurs, la demande d'aliments plus sains, plus respectueux de l'environnement et du bien-être animal, saisonniers et produits localement, croît.
Autant de revendications qui nourrissent un regard de plus en plus critique sur les méthodes agricoles, renforcé par un autre mouvement: celui des néoruraux, ces citadins qui fuient la ville et ses « bullshit jobs » pour s'installer dans une campagne idéalisée. Soutenue par certains maires qui essaient d'étendre les zones de non-traitement, l'opposition de consommateurs et de riverains à l'épandage de produits phytosanitaires se renforce, alors que les ONG multiplient les vidéos dénonçant les maltraitances animales.
Les agriculteurs vivent mal cette contestation, qu'ils qualifient eux-mêmes d'« agribashing », et dont l'expression peut prendre des formes particulièrement violentes. « Ils ont le sentiment de répondre à la mission de nourrir le pays, voire la planète, tout en se conformant à des contraintes réglementaires croissantes », explique Olivier Kopp, expert de l'agroalimentaire au sein du cabinet Auris Finance. « D'autant plus que le changement climatique et l'augmentation de la population mondiale sont autant de défis qu'ils essaient de relever. Et que toutes ces exigences multiformes sont parfois contradictoires », fait remarquer le président du SIA Jean-Luc Poulain.
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Habitués à représenter l'un des fleurons de la France, les agriculteurs sont donc désormais priés de se préoccuper de leur image. « Faire dialoguer agriculture et société » est ainsi l'un de trois axes du projet stratégique 2019-2025 des chambres d'agriculture. Des initiatives visant à mieux faire connaître les exploitations agricoles se développent, telles que les rencontres organisées par l'association Au cœur des paysans. Certains agriculteurs vont jusqu'à tenter de lancer sur les réseaux sociaux un mouvement d'« agriloving », note Olivier Kopp. Mais pour répondre à la demande des consommateurs, ainsi que pour réduire leur impact sur l'environnement et s'adapter au changement climatique, « les agriculteurs agissent également sur le réel, en transformant leur manière de fonctionner », rappelle l'expert. Une transition annoncée qui ne se fait pas sans douleur...