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La pollution de l'air, une "autoroute" pour le coronavirus

Photo de Giulietta Gamberini

Giulietta Gamberini

Publié le 19 mars 2020 à 16:36 - Mis à jour le 19 mars 2020 à 17:14

Dans le Nord de l'Italie ont été observées des "accélérations anormales" de l'expansion de l'infection, "coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques".

Dans le Nord de l'Italie ont été observées des "accélérations anormales" de l'expansion de l'infection, "coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques".

Reuters

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Les particules en suspension dans l'air pollué accéléreraient la diffusion de la maladie, selon des chercheurs italiens. Ils ont en effet constaté une corrélation entre les dépassements des limites réglementaires et la rapidité des contaminations.

La pollution atmosphérique pourrait non seulement fragiliser l'état de santé des populations confrontées à une épidémie de coronavirus, et donc peser sur le taux de mortalité, comme déjà pointé du doigt par les ONG. Elle accélérerait carrément la diffusion de la maladie.

C'est hypothèse soutenue par une douzaine de chercheurs et médecins de la Société italienne de médecine environnementale (Società italiana di medicina ambientale, Sima). Dans une récente étude révélée par le quotidien économique Il Sole 24 Ore, ils soulignent l'existence d'une relation entre les dépassements des limites réglementaires relatifs aux particules en suspension PM10 et PM2,5 et le nombre de personnes malades de coronavirus.

Des coïncidences particulièrement évidentes dans la vallée du Pô

Les chercheurs ont notamment analysé les données de la pollution de l'air enregistrées en Italie par les agences régionales de la protection environnementale entre le 10 et le 29 février, et les ont mises en relation avec les informations fournies par la protection civile italienne sur le nombre de contaminations, en tenant compte de la période d'incubation maximale estimée à 14 jours. Ils ont observé une correspondance entre les courbes, particulièrement évidente dans la zone du Nord de l'Italie qui a concentré la grande majorité des cas de coronavirus du pays.

Ici ont été observées des"accélérations anormales"de l'expansion de l'infection,"coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques",écritIl Sole 24 Ore.

Brescia figure ainsi parmi les villes tant les plus polluées que les plus frappées par l'épidémie. Au contraire Rome, où des cas de coronavirus ont été découverts en même temps que dans le Nord du pays, a connu une évolution de la maladie bien plus lente, note le quotidien.

La distance d'un mètre remise en cause

Les chercheurs en déduisent que les particules ont joué un rôle d'accélérateur de la diffusion du virus.

"Les fortes concentrations de poussières enregistrées dans la vallée du Pô en février ont provoqué une accélération de la propagation de Covid19. L'effet est particulièrement évident dans les provinces où il y a eu les premiers foyers" de l'épidémie, note l'un des auteurs de l'étude, Leonardo Setti de l'Université di Bologne.

Les particules transporteraient en effet physiquement le virus, en jouant ainsi le rôle d'"autoroutes" pour l'infection, résume un autre auteur de l'étude, Gianluigi de Gennaro, de l'Université de Bari.  Une idée qui, en elle même, n'est pas nouvelle, rappelle Il Sole 24 Ore, puisque l'hypothèse que la pollution joue un rôle dans la transmission d'autres infections figure déjà dans la littérature scientifique. Mais qui en l'espèce remet en cause l'efficacité des mesures de précaution préconisées par les pouvoirs publics:

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"La distance actuelle considérée comme sûre (1 mètre, NDLR) peut ne pas être suffisante", souligne le président de Sima, Alessandro Miani.
"Les émissions doivent être réduites au minimum",conclut donc Gianluigi de Gennaro.

Le confinement fait baisser la pollution

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Or, si jusqu'à présent les politiques publiques ne sont pas parvenues à réduire la pollution de l'air, de nouvelles données confirment que la pandémie est paradoxalement en train d'aider. Dans le Nord de l'Italie, où l'épidémie sévit depuis la fin février, et la plupart des activités ont été suspendues, le programme européen de surveillance atmosphérique Copernicus a récemment constaté "une tendance à la réduction progressive d'environ 10% par semaine au cours des quatre à cinq dernières semaines" d'un autre polluant, le dioxyde d'azote (NO2).

Une réduction du NO2 a également été constatée en Chine, par Copernicus comme par la Nasa.

Giulietta Gamberini

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