Réseau de bus : Rennes roule au gaz naturel et aussi au BioGNV

Rennes Métropole a inauguré le 15 octobre la première station biogaz carburant (BioGNV) pour les bus du réseau STAR, opéré par Keolis Rennes. La métropole, qui veut diviser de 50% les émissions de gaz à effet de serre sous 10 ans, travaille à l’élaboration d’une charte de bonne pratique pour la production de biogaz. Celui-ci est obtenu de la méthanisation de déchets organiques contrairement au gaz naturel qui provient d'énergies fossiles. En Bretagne, les dérives de la méthanisation font débat.

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Les 39 premiers bus au GNV circulent sur des lignes métropolitaines rennaises depuis septembre, en premières et deuxièmes couronnes. D’ici à 2023, 68 bus sont attendus dont 22 articulés. 30% du parc roulera au BioGNV en 2025.
Les 39 premiers bus au GNV circulent sur des lignes métropolitaines rennaises depuis septembre, en premières et deuxièmes couronnes. D’ici à 2023, 68 bus sont attendus dont 22 articulés. 30% du parc roulera au BioGNV en 2025. (Crédits : Rennes Métropole)

Depuis 2015, Rennes Métropole prépare le réseau de transports en commun STAR, opéré par Keolis, à la transition énergétique et n'acquiert plus de bus diesel. Outre le renouvellement de son parc de bus urbains et l'acquisition, auprès de Bluebus (Bolloré) et d'Evobus de 92 bus 100% électriques pour les lignes urbaines dès septembre 2022, la métropole a aussi décidé de la conversion du diesel vers le gaz naturel pour véhicules (GNV).

Après les bennes de collecte des déchets, c'est donc le réseau STAR qui passe au vert avec certains bus roulant au GNV. Les 39 premiers circulent sur des lignes métropolitaines depuis septembre, en premières et deuxièmes couronnes rennaises. D'ici à 2023, 68 bus sont attendus dont 22 articulés.

C'est dans ce cadre, que Rennes Métropole et Keolis Armor, sous-traitant de Keolis, ont inauguré la première station BioGNV à Chantepie, près de Rennes.

30% de BioGNV en 2025 ; deux nouveaux dépôts

« La mobilité est le premier levier d'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », insiste Matthieu Theurier, vice-président de Rennes Métropole à la mobilité et aux transports. « La motorisation au gaz, plus silencieuse que celle au diesel et générant moins de vibrations, présente aussi des avantages vis-à-vis du climat et de la pollution. Les bus que nous avons retenus sont alimentés actuellement par 15% de BioGNV et le seront à hauteur de 30% à partir de janvier 2025. »

S'appuyant sur des données de l'Ademe, Rennes Métropole précise que le GNV émet 6% de CO2 en moins le diesel contre 80% pour le BioGNV. Il s'agit en effet de deux processus de fabrication différents. Alors que le GNV provient principalement de sources fossiles, le BioGNV est obtenu de la méthanisation de déchets organiques.

La première installation inaugurée à Chantepie, qui comprend notamment un système de distribution du gaz, préalablement compressé, des stations de recharge classiques et des bornes de recharge accélérée, a été réalisée sous l'égide du Syndicat départemental d'Energie, SDE35.

Deux autres dépôts seront à terme concernés, Linevia à Chartres-de-Bretagne et RGO Mobilités à Montgermont, avec l'ambition de couvrir les besoins des transporteurs puis des particuliers.

Avec un palier de 50% en gaz et en électrique en 2025, Rennes Métropole mise sur un réseau de bus entièrement décarboné en 2030, le temps que les derniers bus diesel achetés aient atteint leur limite d'usage. Ce surcoût est évalué à 23 millions d'euros et sera financé par la collectivité.

Énergie locale et baisse des émissions de gaz à effet de serre sous 10 ans

« Nous allons vers un parc décarboné à 100%, avec le choix de l'électrique pour les lignes urbaines et du gaz naturel pour véhicules pour les lignes métropolitaines » rappelle Matthieu Theurier. « Ce choix s'inscrit pleinement dans la logique du Plan climat air énergie territorial adopté en avril 2019. »

Couvrant la période 2019-2024, ce plan affiche l'objectif de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire d'ici à 10 ans, grâce à la réduction du trafic routier de 10% et le passage aux déplacements en mode décarboné sur le réseau de transports collectifs.

La future flotte 100% propre devrait progressivement se fournir en énergie locale via des panneaux photovoltaïques sur les parcs relais pour l'électricité et une production locale de gaz.

Sur ce plan, il existe en Ille-et-Vilaine, une vingtaine d'unités de production de biogaz injectées directement par les producteurs dans le réseau de gaz naturel, selon l'évaluation de GRDF Bretagne. Ce biogaz provient essentiellement d'exploitations agricoles et de transformation de biodéchets comme à Liffré.

Charte de bonne conduite et étude d'impact en Bretagne

« Des réflexions sont en cours pour l'exploitation des boues des stations d'épuration. Nous travaillons par ailleurs à une charte de bonnes pratiques, à l'échelle du département pour éviter la production de biogaz à partir de cultures alimentaires », annonce Matthieu Theurier.

Plus globalement, le rôle que doit jouer la méthanisation dans le mix énergétique breton est au centre des préoccupations du territoire. « Certaines méthanisations sont acceptables, d'autres moins » a récemment pointé Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région.

Le Conseil régional a d'ailleurs lancé un appel d'offres pour la réalisation en 2022 d'une étude scientifique sur les enjeux de la méthanisation et sur ses impacts sur l'agriculture et l'environnement. Actuellement, 151 unités de méthanisation sont en activité en Bretagne et 131 autres sont envisagées.

Alors que la collectivité, qui a injecté 8 millions d'euros dans 110 projets (exploitation laitières et porcines), ne subventionne plus les installations depuis 2017, elle en rappelle certaines dérives : accidents sur des installations agricoles ou industrielles, pollutions de cours d'eau. Des militants de la Confédération paysanne et de l'association Eau et Rivières de Bretagne font partie des opposants à ce procédé.

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Commentaire 1
à écrit le 26/10/2021 à 12:52
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Le GNV ne sera jamais proposé aux voitures. Bus, camions, épicétou. Y a déjà eu des "lenteurs" pour le GPL, si on ajoute le GNV dans les stations, où va-t-on ? Au moins on pourrait faire la cuisine avec. :-) J'ai vu une offre de gaz bio français au t...

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