Transition énergétique : le programme extravagant et inquiétant de Marine Le Pen
Marine Godelier et Juliette Raynal
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Reuters
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Quels programmes énergétiques les deux finalistes à l'élection présidentielle proposent-ils ? Sont-ils réalisables ? Nucléaire, éolien, solaire, hydrogène, hydraulique... Sur quels piliers reposent-ils ? Conduisent-ils à une réduction majeure des émissions de gaz à effet de serre ? Si Emmanuel Macron et Marine Le Pen mettent tous les deux l'accent sur le développement de l'atome civil, leurs programmes respectifs présentent de grandes différences. La Tribune a examiné le programme de la candidate d'extrême droite et fera de même pour celui d'Emmanuel Macron dans les prochains jours.
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Neutralité carbone en 2050.La loi Énergie Climat, votée en 2019, engage la France à atteindre la neutralité carbone en 2050, soit une division par 6 des émissions de gaz à effet de serre sur son sol par rapport à 1990. Or, la production et la consommation de l'énergie sont les principaux contributeurs d'émissions de CO2, et notamment les hydrocarbures, qui fournissent plus de 60% de l'énergie finale. L'électricité représente pour sa part moins de 30% de l'énergie consommée en France.
Une électricité peu carbonée. La France dispose d'un atout de taille : son électricité est déjà très largement décarbonée grâce au nucléaire. L'atome répond à environ 65% des besoins électriques en moyenne. Si la loi impose également de réduire la part du nucléaire à 50% du mix énergétique d'ici à 2035, les deux candidats ont annoncé qu'ils reviendront sur cette obligation. L'enjeu pour les années à venir se situe à la fois dans le renouvellement du parc de production vieillissant, soit par la construction de nouveaux réacteurs atomiques, soit par l'installation de sources d'énergie renouvelable (éolien, solaire et hydraulique notamment), soit par les deux.
Rattraper le retard.Le cadre légal impose également de réduire les sources d'énergie carbonée (chauffages au fioul, carburants fossiles). La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) votée en 2020 exige une baisse de 35% en 2028 par rapport à 2012. Alors que la France accuse déjà un lourd retard en la matière, elle devra se doter d'une nouvelle PPE dès 2023, qui fixera un cadre pour le déploiement futur des énergies bas carbone.
Marine Godelier et Juliette Raynal