Transition énergétique : le vrai bilan d'Emmanuel Macron
Marine Godelier et Juliette Raynal
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En 2017, dans son programme de campagne, Emmanuel Macron affirmait vouloir faire de la transition énergétique et écologique un pilier de sa politique. Pourtant, en novembre dernier, l'Etat est condamné pour son inaction climatique. "La Tribune"...
Baisse de notre dépendance au nucléaire, développement massif des éoliennes et de l'énergie solaire, fermeture des dernières centrales à charbon françaises, hausse de la taxe carbone, fin des passoires énergétiques... En 2017, le candidat Emmanuel Macron affiche un programme ambitieux pour sortir la France des énergies fossiles et diversifier le mix électrique de l'Hexagone. Sur le terrain, cinq ans plus tard, les résultats ne sont pas tous au rendez-vous. Décryptage, point par point.
"Make the planet great again", déclare Emmanuel Macron le 2 juin 2017. La veille, Donald Trump, alors président des Etats-Unis, avait annoncé sa volonté de sortir de l'Accord de Paris pour le climat. Repris sur Twitter, le slogan devient très vite viral et propulse le nouveau chef de l'Etat français en leader international sur la question environnementale.
Dans son programme de campagne, déjà, Emmanuel Macron affirmait vouloir faire de la transition énergétique et écologique un pilier de sa politique. "Nous ferons de la réduction des émissions de gaz à effet de serre la priorité de la politique énergétique", promet-il avant son élection.
Pourtant, en novembre dernier, l'Etat est condamné pour son inaction climatique.
Alors, que s'est-il passé sur le terrain entre temps ? Sortie des énergies fossiles, déploiement à vitesse grand V des énergies renouvelables, fermeture des dernières centrales à charbon, hausse de la taxe carbone, rénovation énergétique... La Tribune examine, point par point, les promesses "énergétiques" du président, et dresse le bilan.
Énergies renouvelables, la France en retard
Les promesses : En 2017, Emmanuel Macron affirme vouloir booster le développement des énergies renouvelables (ENR) avec notamment pour objectif de doubler la capacité des éoliennes et du solaire photovoltaïque. Le candidat En Marche explique aussi vouloir atteindre, à l'horizon 2030, 32% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie.
La réalité : Ces deux grands objectifs n'ont pas été atteints ou ne sont pas sur la bonne trajectoire. Fin 2017, la capacité respective du parc solaire et du parc éolien est de 8.136 MW et de 13.688 MW. Doubler cette capacité signifie atteindre respectivement 16.272 MW et 27.376 MW à la fin 2022. Or, selon les derniers chiffres de l'Observatoire des énergies renouvelables électriques, à la fin 2021, les capacités installées étaient de 13.231 MW dans le solaire et de 18.544 MW pour l'éolien terrestre. Pour tenir les engagements faits en 2017, il faudrait donc ajouter 3.000 MW supplémentaires en un an dans le solaire et plus de 8.800 MW dans l'éolien terrestre. Un rythme jamais observé par le passé.
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