Si les négociations nationales ont été vigoureuses autour du projet d'accord national interprofessionnel (ANI) précisant le cadre de mise en place du télétravail dans les entreprises, c’est un consensus plutôt apaisé qui a prévalu au sein de l’Observatoire du dialogue social de l’Hérault sur cette même question. L’objectif : produire un document pour aider les TPE-PME dans cette réorganisation du travail. Entretien croisé avec Sylviane Rouvreau (CFTC) et Jean-Yves Deleuze (Medef).La Tribune - Qu'est-ce que l'observatoire du dialogue social et quelle est sa mission ?
Jean-Yves Deleuze (Medef), vice-président de l'Observatoire - Les observatoires du dialogue social ont été créés en 2017 et sont issus des ordonnances Macron pour favoriser et encourager le développement du dialogue social dans les entreprises de moins de 50 salariés et pour analyser les accords en entreprises, comme la mise ne place du CSE (comité social et économique, NDLR). La Direccte est le gardien du cadre de cette organisation paritaire : syndicats de salariés et organisations patronales. La première année, nous avons travaillé sur le désengagement des jeunes dans le dialogue social après avoir mené une étude pour comprendre les leviers à mobiliser pour favoriser cet engagement. Il y a souvent confusion entre communication et dialogue social... Nous ne sommes pas là pour vendre du CSE mais pour voir si ça se déploie et quelles sont les raisons de la carence, en l'occurrence essentiellement l'absence de candidats...
Sylviane Rouvreau (CFTC), présidente de l'Observatoire - Il n'est pas évident de savoir comment le dialogue social se déroule dans les TPE-PME, chez lesquelles il y a souvent une mauvaise interprétation du terme "dialogue social", le dirigeant d'entreprise considérant souvent que discuter autour d'un café suffit... Par ailleurs, le syndicalisme fait peur chez les salariés. Résultat : beaucoup de PME n'ont pas pu mettre le CSE en place faute de candidats ou parce que l'employeur n'a pas organisé les élections. Et nous avons reçu beaucoup de PV de carences.
Pourquoi s'emparer de la thématique du télétravail ?
SR - La Direccte a réalisé un état des lieux pour évaluer ce qui se passe sur le télétravail, en termes d'accords signés notamment. Dans les TPE-PME, il est difficile de mettre le télétravail en place. Nous avons donc voulu mettre en forme un document (avec l'appui de l'Aract Occitanie, NDLR) pour éviter les dérives et donner des conseils sur les bonnes pratiques et les écueils à éviter, tant pour les employeurs que pour les salariés... Nous avons mis en ligne sur le site de la Direccte une charte et un quizz sur la perception du télétravail.